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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 11:12

Sante--transfrontalie-re.JPGCe lundi après-midi, j’ai été invité à participer à un forum de la citoyenneté européenne à Mouscron, sur le thème : Quelle mobilité pour les patients ? organisé par des doctorants de Lille 2. Plusieurs tables rondes se sont tenues, dont une consacrée à la mobilité des patients et des soins par la coopération hospitalière, à laquelle (cf. photo) mon adjointe à la santé, Anne Duquesnois, a participé aux côtés de son homologue mouscronnoise et des directeurs des centres hospitaliers de Mouscron et de Tourcoing.

 

Après l’introduction d’Alfred Gadenne, mon collègue et ami député-bourgmestre de Mouscron, j’ai eu à intervenir à la tribune, et je l’ai fait en évoquant deux thèmes.

 

Le premier : que les maires de Mouscron et Wattrelos soient ensemble à un colloque transfrontalier sur la santé est une évidence. D’abord parce qu’ensemble, nous le sommes déjà sur pas mal de sujets qui n’ont pas de frontière : économie, emploi, sécurité (coordination policière), justice, environnement et sécurité civile. Ensuite, parce qu’il est tout aussi évident que la santé n’a pas de frontière non plus : les altérations de la santé dans nos villes ouvrières et industrielles sont les mêmes, les thérapies sont les mêmes. Voilà pourquoi il est légitime de penser notre politique de santé ensemble.

 

Le deuxième : qui ne peut voir que les défis à relever, en matière de santé, sont les mêmes, à Mouscron comme dans nos villes ? Il y en a trois.

 

D’abord le défi des équipements : c’est vrai pour les plateaux techniques. Tous ne peuvent avoir tous les matériels, et il y a de nécessaires complémentarités à établir (car ce qui importe, c’est l’existence du matériel dans l’offre de soins de proximité). C’est vrai aussi pour les hommes car avec la démographie médicale, on ne peut avoir des spécialistes sur tout et partout.

 

Autre défi, celui des politiques de prévention, économes pour les comptes sociaux, sur des thématiques telles que la prévention des cancers, des maladies cardio-vasculaires ou des problèmes de vision ; c’est par-delà les frontières qu’on peut porter des actions (pourquoi pas via un contrat local de santé transfrontalier ?).

 

Enfin, le lourd défi du vieillissement, pour lequel nos villes et établissements auront à imaginer et mettre en place des services et des accueils renforcés. Face à ces défis, les coopérations entre nos établissements deviennent des évidences nécessaires, à l’image de celle entre le CH de Wattrelos et celui de Mouscron, ou de celle, plus forte encore, qui lie ce dernier à Tourcoing.

 

Rappelons en effet qu’un patient peut se faire soigner dans les établissements hospitaliers de son choix, français ou belge, sans autorisation médicale préalable de son organisme de sécurité sociale, en utilisant le formulaire E112-MRTW (ou S2).

 

Ainsi pour être pris en charge au CH de Mouscron, il suffit au patient français d’être assuré social auprès d’un des organismes de Sécurité sociale de la zone concernée (CPAM, RSI ou MSA Nord), de présenter une pièce d’identité et sa carte vitale. Le CH établit le S2, facture les frais à charge de l’assurance maladie à un organisme assureur belge (mutualité, laquelle récupère via l’INAMI à l’organisme de liaison français le CLEISS) et au patient les frais à sa charge (ticket modérateur, forfaits et suppléments). Il n’y a pas de décaissement préalable (tiers payant) sauf pour les consultations.

 

A l’inverse, si c’est un patient belge pris en charge par le CH de Tourcoing, celui-ci établit le S2 sur la base de la vignette de mutuelle remise par le patient belge, et facture les frais à la CPAM.

 

Ainsi, ces échanges croisés concernent de l’ordre de 1 500 patients français par an au CH Mouscron, et 2 150 patients belges au CH Tourcoing. Les médecins sont déjà amenés à travailler sur plusieurs sites même si le statut des médecins diffère.

 

Pour autant, comme le souligne le directeur du CH Tourcoing, ces soins croisés sont globalement limités (0,6 % des hospitalisations, 0,2 % de l’ambulatoire), mais parfois très forts sur certaines spécialités (50 % des dialyses). Mais, comme le dit l’échevine de Mouscron : « On ne peut pas tous tout avoir, mais à tous, on a tout ! ».

 

Ici, c’est clair, la cohérence et la qualité de l’offre de soins plaident pour que nos hôpitaux promeuvent les échanges médicaux et favorisent les complémentarités. A cet égard, à quelques semaines des élections européennes, gageons que notre expérience de santé transfrontière et de soins sans frontière pourrait pertinemment servir de référence européenne.

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 11:06

Echange scolaire Köthen 2014 2 01 Echange scolaire Köthen 2014 01

 

Ce cri du cœur se justifie ô combien puisque notre ville jumelle allemande est à l’honneur ce matin dans les salons de l’Hôtel de ville à la faveur d’un échange scolaire entre son Ludwigsgymnasium et notre cité scolaire Zola.

 

25 jeunes Allemands (13-16 ans), arrivés hier sous un magnifique soleil printanier, sont en effet hébergés dans les familles wattrelosiennes cette semaine : ils visiteront Lille, Paris, Bruxelles, Roubaix (manufacture des Flandres)… sans oublier Wattrelos bien sûr !

 

Je les accueille en compagnie de mon adjointe aux relations internationales, Juliette Keraudy, mais aussi de Samuel Valmalle, proviseur de Zola, et Madame Gessner, professeur de français à Köthen, pour leur dire tout d’abord « Guten Tag », mais aussi « welcome » ! Au moins, ça, tout le monde comprend !

 

J’en profite aussi pour passer, comme à mon habitude, trois messages.

 

Le premier : Ich liebe Köthen. Oui, j’aime cette ville avec laquelle Wattrelos entretient d’étroites relations, partage une histoire commune, un passé industriel et des relations très amicales, notamment entre les deux maires. Köthen se bat pour l’avenir de sa jeunesse, comme nous, et la musique y est très présente, ce que je trouve très sympathique.

 

Le deuxième message est une invitation, pour nos jeunes hôtes, à prendre plaisir à découvrir notre pays – qui n’est pas que le pays du fromage – et notre ville, sa chaleur humaine, son patrimoine, son histoire ouvrière.

 

Enfin, je souhaite que Wattrelosiens et Allemands partagent de bons moments durant toute la semaine : ils ne parlent pas la même langue, certes, mais ils sont tous lycéens, jeunes et européens. Je le leur dis : l’Europe, la vraie, c’est celle des citoyens et des jeunes, comme eux ! A deux mois de l’échéance européenne, cet échange est un puissant symbole d’amitié entre nos deux pays qui, s’ils furent antagonistes pendant tant de décennies, ont su dépasser leur rivalité pour vouloir offrir un meilleur avenir à leur jeunesse.

 

Bienvenue, amis allemands !

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 15:11

En effet 30 km à pied, c’est la pièce de Jean-Claude Martineau qu’interprète à la MEP notre si sympathique et entraînante troupe des Trois Cinq de Beaulieu de Manu Fauvarque. Malgré le sinistre (l’incendie de leur salle en février 2013), avec les encouragements de son public fidèle (et les miens !), la troupe a refusé de se laisser abattre et propose une nouvelle pièce (comme chaque année !). Et pour ceux qui auraient raté la première représentation de cet après-midi, allez-y le samedi ou dimanche des trois prochains week-ends, vous en reviendrez enchantés, et les zygomatiques fatigués !

 

Quelle est l’intrigue ? Deux copains, André (Dédé) et Jacques (Jacquot) vivent chacun avec leur fille, omniprésente dans leur vie (respectivement Paulette, reine des paupiettes, et Viviane) et un jour ont envie de prendre le large : sans prévenir, les voilà partis tous deux randonner dans le Quercy, là où on ne risque pas de les retrouver, et sans être joignables ! Mais n’est pas randonneur qui veut ! Les cloques aux pieds, alors que le jour se couche, Dédé n’en peut plus et les deux complices déplient leur tente… sur la place du village de Pyron-sur-Ajasse.


Trois-Cinq-2014-copie-1.JPG Trois-Cinq-2014_2.JPG Trois-Cinq-2014_3.JPG

 

Sauf que le lendemain, ce sont deux sœurs (Roseline et Rolande), tenancières du troquet (tripot selon certaine) juste en face, qui les réveillent, avec le garde-champêtre Fonfonsse (remarquable rôle de composition pour Bernard, comme d’habitude) et en présence du maire (Gabriel, Lange de son nom de famille !). Tout cela sous le regard de Madame Henriette Poussin, institutrice, veuve d’Isidore, ancien éboueur municipal, bigote du village… le décor est planté.


Trois-Cinq-2014_4.JPG Trois-Cinq-2014_5.JPG Trois-Cinq-2014_6.JPG 

 

Et voilà que nos randonneurs se mettent à jouer l’un le dépressif (mis à la rue par sa femme) et l’autre l’amnésique ; que le maire, lyrique, plaide que puisqu’une « bonne étoile » a veillé sur eux en les conduisant à Pyron-sur-Ajasse, le village doit les recueillir, ce qui sera un « exemple d’humanisme », qui fera parler de Pyron-sur-Ajasse ; que Claudine (Isabelle), la secrétaire du maire, secrètement amoureuse de celui-ci (« Soyez zen, M. le maire, ça va le faire ! ») est chargée de réaliser le reportage qui passera sur FR3, aidée par un Fonfonsse perchiste-son calamiteux ; que les dons affluent, surtout en livres, dont un kamasutra qui éveillera les sens de dame Henriette, ce qu’elle confortera en dégustant un diabolo-fraise ressemblant diablement à un rosé, si bien servi qu’elle prouvera qu’elle « connaît les bases du répertoire de la chanson paillarde » (dixit le maire).

 

Eh oui : avant, tout était paisible à Pyron-sur-Ajasse, là où « chaque jour qui se lève est un jour nouveau, et chaque jour qui s’achève est un jour ancien » (dixit le maire)…


Trois-Cinq-2014_7.JPG Trois-Cinq-2014_8.JPG 

 

Sauf que Roseline et Rolande qui vivent sans homme (et le regrettent bien) conserveraient bien chacune un de ces lascars ! Comment vont-ils s’en sortir ?

 

Sauf que deux jeunes journalistes d’Envoyé Spécial débarquent pour un reportage sur « les véritables mascottes municipales » Dédé (Michel D.) et Jacquot (Michel G.) ! Mais qui se cache derrière ces grosses lunettes et larges casquettes ?

 

Sauf que le village voisin de La Proutière kidnappe les deux randonneurs ! C’est la guerre, branle-bas le combat, où sont les casques et les fusils, on va se battre « contre les voleurs de SDF » ! Mais qui va l’emporter ?

 

Pour répondre à toutes ces questions, allez aux prochaines représentations. Cette pièce, mise en scène par Michel Destrebecq est vivifiante et sème la bonne humeur. A déguster sans modération…

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 17:02

A Wattrelos, on sait quand le printemps revient, pas simplement grâce aux hirondelles, mais aussi parce que le Salon des artistes se tient, comme chaque année, au centre socio-éducatif : 44e salon, 319 œuvres, plus de 170 exposants (dont plus d’un tiers sont wattrelosiens !). D’ailleurs, c’est tout un symbole : ce samedi après-midi, pour la visite inaugurale, le soleil est généreux et, plongeant sur les grandes baies vitrées de la galerie du CSE, réchauffe les corps après que les cœurs ont été enthousiasmés par la visite des travées de cette vraiment très belle exposition.


Comme je le dis dans mon intervention, juste avant la lecture du palmarès du jury, Pasteur écrivait que « si l’art n’a pas de patrie, les artistes en ont une » : eh bien, la patrie des artistes de notre agglomération, pour une semaine, c’est Wattrelos ! L’exposition est hétéroclite, contrastée, diversifiée, tant entre les techniques, les inspirations, les couleurs, avec une particularité par exemple, deux artistes (wattrelosiens) ont représenté New York, avec ses deux tours… mais cette diversité est un régal, une vraie satisfaction pour moi, pour le président de l’Atelier des arts Claude Sauvage, pour le jury Alain Delsalle, Marie-Noëlle Platel, Serge Grockowiak, et les élus qui m’accompagnent.

 

Dès l’entrée, on aperçoit parmi les premières œuvres, les deux tableaux de Chantal Malfait (médaille d’or) : la représentation bleutée d’une boutique ou la demeure de Georges Sand ! Côté sculpture (médaille d’argent), ce sera Brigitte Lamotte pour un poisson (cœlacanthe) remarquable, tandis que la médaille de bronze échoit à Marlène Tacnière pour un très interpellant cheval blessé, à côté de sa seconde œuvre, une sculpture très filiforme (Descente de croix). Et en cette journée des femmes, on le remarquera, ce sont trois femmes qui sont distinguées !

      Salon-des-artistes-2014.JPG

 

Comme l’exprimait Rodin : « L’art, c’est la plus sublime mission de l’homme, puisque c’est l’exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre ». C’est cela, la force de l’artiste, c’est son rôle aussi. Dans ce type d’expositions, des œuvres vous frappent plus ou moins, vous séduisent, vous attirent ou non, et c’est humain. Mais toutes ont en commun d’être l’expression d’un homme ou d’une femme qui a voulu nous dire ce qu’il ou elle voyait, ressentait, et c’est le mérite de tous ces artistes de l’avoir fait et de l’exposer !

 

Au gré des tableaux, comment ne pas goûter au clin d’œil de Home sweet home de Bart (Simpson - ph. ci-dessous, à gauche), ou ne pas être en émoi, comme je le suis, par ce Cœur offert, à la fois symbole sentimental et emblématique (mais chut, je n’en dirai pas plus, élections obligent ! ph. ci-dessous, au centre).


Salon-des-artistes-2014_2.JPG  Salon-des-artistes-2014_3.JPG Salon des artistes 2014 4

 

Avec Claude Delattre (ph. ci-dessus, à droite), nous rions de ses sculptures d’un couple devant leur coupe d’absinthe (monsieur est plus affaibli que madame !). Et Odile me fait découvrir la déesse Selket (et son scorpion, mon signe zodiacal !). Mais je l’avoue, j’aurai pris un plaisir particulier devant deux chiens sculptés de Chantal (une Wattrelosienne !), Toby et Bogoss (le bien nommé ! ph. ci-dessous).


Salon-des-artistes-2014_5.JPG Salon-des-artistes-2014_6.JPG Salon-des-artistes-2014_7.JPG

 

Et tant d’autres superbes œuvres, à découvrir absolument, avec en point culminant, L’aube de mon ami et grand artiste Abel Leblanc qui, de ses 94 ans, nous déclame son poème : « Aube m’est apparue, comme une ingénue, qui serait venue, de la nue / Aube est arrivée, simplement parée de lumières d’été, de rosée / Aube si légère, messagère de lumières… ».

 

Et sous les lumières du CSE, il y a encore beaucoup de trésors à découvrir pour se faire plaisir jusqu’au 16 mars ! Allez-y…

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 08:54

On se souvient sans doute que, dans la presse locale (Nord Eclair du 19 février dernier), les syndicats du Centre hospitalier de Wattrelos s’étaient émus – à juste titre – de la position restrictive, et pour tout dire plutôt négative, de Mme Brigitte Mauroy, Conseillère régionale d’opposition, sur la délibération du Conseil régional visant à participer au financement de l’installation d’un mammographe numérique à Wattrelos.

 

On sait l’importance d’un tel équipement pour la prévention du cancer du sein : 6 000 femmes de 50 à 75 ans sont concernées à Wattrelos. Cela renforcerait significativement l’équipement technique d’imagerie médicale de notre Centre hospitalier et constituerait un instrument décisif pour les politiques de prévention sur notre territoire.

 

Au final (sincèrement, nous espérions davantage), le Conseil régional (Commission santé et Plan anti-cancer du 10 janvier) a accordé une subvention de 52 500 € (soit 30 % du coût de l’investissement), laquelle s’ajoutait à la subvention (réserve parlementaire) de 30 000 € que j’avais obtenue auprès de la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

 

Si, sur un investissement total de l’ordre de 175 000 €, cela représentait tout de même une subvention globale de 50 %, cela voulait dire que l’hôpital aurait dû autofinancer le solde ; et direction et syndicats évoquaient déjà l’idée de décaler l’investissement vers 2015, ce qui ne me satisfaisait pas.

 

J’ai donc, ces deux dernières semaines, repris mon bâton de député quêteur de subvention, et la bonne nouvelle m’a été donnée dans les couloirs de l’Assemblée la semaine dernière : à ma demande, le Ministère des Affaires sociales et de la Santé vient d’accorder au Centre hospitalier de Wattrelos une nouvelle subvention complémentaire de 50 000 € !

 

Je viens de remettre ce matin à Laurent Barret, Directeur de l’hôpital, l’arrêté de subvention (du rapporteur général de la Commission des finances, en date du 27 février) qui vient de me parvenir. J’ai cru comprendre qu’il en est ravi : il peut l’être, en effet !

 

Maintenant, c’est certain : avec  76 % de subventions (Etat + Région), l’hôpital de Wattrelos aura bel et bien son mammographe numérique. Et en plus, dès 2014 !

 

Pour lire la décision de subvention du Ministère de la Santé, cliquer ici.

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 11:06

Jules-Clauwaert.jpgQuand, dans une ville comme Wattrelos, un journal comme Nord Eclair a l’importance historique qu’il a, on connaît Jules Clauwaert (ph. Nord Eclair ci-contre). Gamin, étudiant, citoyen, j’ai souvent lu avec intérêt ses éditoriaux, billets d’humeur, papiers d’opinion. Sa photo était conforme à ce qu’était l’homme, élégant, posé, tout en retenue, distingué dans son allure comme dans ses phrases, au regard fin comme ses analyses.

 

J’en ai vraiment fait la connaissance en 1997, lorsque je devins candidat, puis député de la 8e circonscription. S’il était plus en retrait qu’au contact quasi quotidien comme le sont les journalistes, il n’en était pas moins très présent. Et de la même manière qu’avec André Diligent mes relations ont toujours été parfaites, je dois dire qu’elles le furent tout autant avec ce grand Monsieur de la presse que fut Jules Clauwaert, qui s’en est allé à 90 ans. Son départ m’attriste, à titre personnel, pour sa famille mais aussi pour Roubaix.

 

Jules Clauwaert était d’abord et avant tout un grand journaliste. Arrivé des mines peu après la Libération (lui-même fut mineur), il avait intégré la rédaction de ce tout nouveau journal, Nord Eclair, en compagnie d’autres jeunes journalistes qui l’avaient rapidement, et très naturellement, porté à leur tête. Car Jules Clauwaert était un meneur d’hommes, un capitaine au charisme évident, un chef dans l’âme qui avait su rester proche de ses collaborateurs. La porte de son bureau, me dit-on – dont le siège à l’époque se situait Grand’rue – était toujours ouverte : il exerçait sa responsabilité au milieu de ses équipes, toujours disponible et premier avocat de ses journalistes qu’il défendait avec conviction lorsque survenait un litige. C’était également un farouche garant de la liberté d’expression, du respect de la ligne éditoriale : il avait milité, et su obtenir du groupe Hersant que Nord Eclair avait dû rejoindre à la fin des années 70, le maintien de l’indépendance du titre.

 

C’était aussi un très gros travailleur. Sa santé l’avait certes précisément contraint à réduire (un peu) le volume de son activité dans les années 80 ; André Farine devint son adjoint, puis prit sa succession. Mais Jules Clauwaert continua d’être très présent au journal, et rédigea encore longtemps l’éditorial quotidien de Nord Eclair où s’exprimait une hauteur de vue rare, un avis éclairé sur l’actualité de notre monde dans un style toujours brillant, jamais convenu, avec toujours Roubaix pour intérêt premier.

 

Car l’autre vraie passion de Jules Clauwaert était, bien sûr, Roubaix et son agglomération, si durement touchées par le déclin de l’industrie textile. Dans l’hommage que  lui rend ce mardi son journal, il est décrit comme « l’ambassadeur de notre territoire ». C’est tellement vrai ! En ce sens, souvent nos points de vue convergeaient et nous nous portions un respect réciproque et sincère. Il savait toutes les qualités de cœur de nos populations ouvrières, généreuses, solidaires, chaleureuses. Il avait compris ce besoin de proximité et, en visionnaire, avait eu l’idée novatrice de développer les pages locales dans Nord Eclair, tournées vers les associations et la vie de nos quartiers ! Wattrelos avait alors bénéficié d’une page entière pour que son actualité puisse y être développée, et un bureau (avec un secrétariat et des journalistes !) s’était ouvert rue Carnot. Pragmatique et fin connaisseur des intérêts de son lectorat, Jules Clauwaert animait d’ailleurs lui-même les réunions de rédaction lorsque se profilait la fameuse fête commerciale de Wattrelos afin de déterminer quelle en serait la couverture journalistique.

 

Avec sa disparition, le journalisme perd une grande plume et un observateur éclairé de notre monde. Notre agglomération roubaisienne perd un homme qui l’a profondément aimée et soutenue, qui a vécu sa vie comme il a vécu ses passions : avec talent !

 

A Anne-Marie, à Françoise, à Dominique, à ses enfants, petits et arrière-petits-enfants, j’adresse, à titre personnel, mais aussi comme maire d’une ville dont il aura beaucoup suivi les habitants, mes condoléances attristées et sincères.


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 21:22

Georges-Ducrocq_6.jpgUn officier de l’ordre national du Mérite, cela n’arrive pas tous les jours à Wattrelos. Cela fait plus de dix ans que cela n’était pas survenu !

 

C’est l’un des bénévoles les plus connus, les plus émérites de la ville qui vient pourtant de le devenir : après avoir été nommé chevalier de l’ONM en 2000, Georges Ducrocq a en effet été élevé au rang d’officier lors de la dernière promotion, sur décision du Premier ministre. Et c’est le préfet de région, Dominique Bur lui-même, qui aura procédé ce samedi midi à la remise officielle des insignes au récipiendaire. C’est un honneur pour lui, pour notre ville aussi.

 

Georges-Ducrocq_1.jpgEn début de cérémonie, dans les salons de l’Hôtel de ville, c’est la chorale des enseignants du GIWE qui aura interprété deux chansons, d’abord la superbe Quête de Jacques Brel, puis La corrida ! Georges, il est vrai, a porté sa vie durant un engagement profond pour les écoles.

 

Je le rappelle d’ailleurs en présentant le comité d’honneur où, à mes côtés, figurent quatre personnalités dont les engagements portent chacun un mot fort qui, à eux quatre, forment le carré magique de la vie de Georges. Patrick Kanner, président du Conseil général, Bruno Sivery, cardiologue, Jean-Pierre Mollière, inspecteur de l’Education nationale, Bernard Lemettre, président de l’association Pour la vie, suscitent respectivement les mots de : social, cœur, éducation et humanisme qui, à eux quatre, résument bien Georges Ducrocq.

 

Georges-Ducrocq_3.jpgEt précisément, celui que la République met ce jour à l’honneur est un homme sincère, généreux, militant au sens le plus noble du terme, un homme qui porte des valeurs. Il est difficile d’être sincère : cela demande du cran, parfois une bonne dose d’inconscience. Mais la sincérité est une preuve d’amour et un acte de courage ! Georges aime et il est courageux. Quand on balaie du regard les missions de sa vie (Coop, Croix-Rouge, soins infirmiers, bourse alimentaire, actions humanitaires,…) tout est sincérité, cœur, humanité.

 

Mais c’est aussi un homme d’actions. Je cite Le Bon (« La place de l’homme dans la vie est marquée non par ce qu’il sait, mais par ce qu’il veut et ce qu’il peut ») et Ch. de Gaulle pour qui l’homme doit « imposer à l’action sa marque ». Impossible en effet de faire renoncer Georges à son idée, à son envie de faire : tenace, opiniâtre, volontaire, quand il pense que la cause est juste, il fera tout pour parvenir à ses fins.

 

Enfin, c’est un homme terriblement attachant. Si, dans ses Pensées, Pascal écrivait que « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant », Georges Ducrocq est un roseau agissant ! Malgré les vicissitudes de l’âge, il est là, toujours sur son fidèle vélo !

 

Alors, en ces temps difficiles, ces temps de dissidences, d’égos, de polémiques et d’ambitions dissimulées, ça fait du bien de revenir, avec quelqu’un comme Georges, à l’essentiel car, comme l’écrivait Ch. de Gaulle : « La seule querelle qui vaille est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer ».

 

Avec Georges Ducrocq, nous honorons l’essentiel : l’homme, l’humanisme, le service aux autres, le beau, le grand bénévolat, celui de ceux qui n’ont pas peut-être le bleu de la noblesse du sang, mais le bleu que la République octroie pour la noblesse de leur âme !


Georges-Ducrocq_4.jpg Georges-Ducrocq_5.jpg 

 

Toutes mes, toutes nos félicitations ami Georges ! Ta ville, tes élus, ton maire, tous nous sommes fiers de toi !

Georges-Ducrocq_7.jpg

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 18:46

Me-daille-s-Ville-2014.JPG Me-daille-s-Ville-2014_2.JPG

 

La médaille du travail dans la fonction publique diffère de celle du secteur marchand, dans sa nature, dans les autorités qui la décernent et dans son calendrier. Alors que je remets les secondes le 1er mai, les premières, qui concernent les agents des services municipaux wattrelosiens, font l’objet d’une cérémonie spécifique qui trouve sa place en janvier (après les cérémonies de vœux).

 

Me-daille-s-Ville-2014_3.JPGCe vendredi soir, ils sont donc 32 agents municipaux, leur famille et leurs amis à être mis à l’honneur, 9 pour la médaille d’argent (20 ans), 12 de vermeil (30 ans) et 11 d’or (35 ans). Pour certains, qui ont fait ou vont faire valoir leurs droits à la retraite, cette médaille est la dernière. Mais pour tous, comme je le dis dans ma courte intervention, cette médaille est leur vie.

 

Elle rappelle tous les réveils, toutes les journées de travail, les bons comme les mauvais moments, elle rappelle surtout tous les services rendus à la population wattrelosienne. Comme je le dis à tous : « Elle est aussi votre énergie à faire changer la ville, à faire changer la vie ».

 

Me-daille-s-Ville-2014_6.JPGEt, avant de les épingler chacune et chacun, je rappelle la maxime d’Alexandre Dumas fils : « Faire ce qu’on peut, c’est faire ce qu’on doit »… Tous peuvent être fiers de leur médaille et je les félicite chaleureusement, en échangeant quelques compliments ou anecdotes à chaque fois avec ces serviteurs du service public à la wattrelosienne.

 

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 08:35

Manif-Redoute-28-janv-2014.jpgC’est ce que je dis ce matin aux journalistes qui m’interrogent alors que je viens de rejoindre les salariés de La Redoute devant la gare Lille-Flandres, lesquels manifestent pour défendre leurs droits. Les organisations syndicales mènent des discussions intenses pour préciser, avec les repreneurs, les mesures sociales et économiques d’accompagnement de la reprise, sachant bien évidemment que le groupe Kering (Pinault) est concerné par les conditions du financement de celles-ci.

 

Comme je l’ai dit lors des vœux aux forces économiques de la ville la semaine dernière en mairie, nul ne l’ignore, Wattrelos et La Redoute ont une relation étroite, intime. Depuis les années 70, La Redoute est installée, en grand, à la Martinoire. Elle est la première entreprise de la ville, le premier employeur, en emplois durables comme en volants d’intérimaires, elle est le premier contribuable économique aussi. La vie même de centaines de Wattrelosiens est rythmée par elle, plusieurs générations de salariés lui ont donné le meilleur d’eux-mêmes. La Redoute c’est leur vie, leur fierté aussi.

 

C’est dire la plaie qu’a ouverte en chacun le groupe Pinault en annonçant en 2009 sa volonté de céder l’enseigne, dédaignant, délaissant les savoir-faire, les compétences de cette formidable entreprise de vente à distance connue internationalement, pour privilégier le luxe. Cette plaie s’est avivée lorsqu’a été évoquée la vente à l’encan, par appel d’offres à des financiers, quasiment à l’euro symbolique. Aussi, sur cette plaie déjà vive, c’est une blessure profonde que ces salariés, leurs familles, mais aussi chaque Wattrelosien, ont ressenti à l’annonce des près de 1 200 suppressions d’emplois.

 

C’est un cataclysme économique et social. Face à la mono-industrie textile, mes prédécesseurs n’avaient opposé que la VAD, avec La Redoute ; le textile est tombé, restait La Redoute ! Avec la contraction de La Redoute, c’est tout notre modèle économique local qui est mis à mal. Encore heureux que des parcs d’activités ont pu être aménagés et que de nouvelles entreprises moyennes soient arrivées durant la dernière décennie.

 

La Redoute est aujourd’hui ma préoccupation majeure, celle de tous les Wattrelosiens. Les chiffres annoncés sont, à eux seuls, l’addition des suppressions d’emplois à la fois de la Lainière, du Peignage Amédée et de la filature Saint-Liévin entre 2000 et 2004 ! Sauf que là, c’est pour une seule entreprise !

 

Ces réalités, sont maintenant autant de défis. Comment les affronter ? En défendant les atouts de l’entreprise et en s’efforçant de porter des idées simples mais fortes. Quelles sont-elles ?

  • Dans l’enjeu de la reprise, il était essentiel que soient évités des repreneurs purement financiers qui n’avaient pas ou peu de projet industriel. Ce type de reprise aurait été un leurre et une catastrophe sociale totale. Cette exigence, comme élu du territoire, avec d’autres, aux côtés, légitimement, de la présidente de LMCU, j’ai voulu la porter auprès de François-Henri Pinault. Dans l’affirmation que La Redoute doit continuer à vivre et qu’il lui faut un projet industriel, il ne peut y avoir aucune dissonance entre les élus ! C’est une nécessité de salut public.
  • Maintenant, l’actionnaire a tranché, il y a reprise et repreneur. Et il n’y a qu’une seule offre : il est donc impératif qu’elle réussisse ! Le temps syndical de la négociation est engagé et le temps de la construction économique se conduit en parallèle. En étant aux côtés des salariés ce matin, avec d’autres élus de Wattrelos, je m’inscris clairement à leurs côtés dans le rapport de force qu’ils veulent conduire avec cette manifestation, et je réaffirme ma position de maire et celle des élus de Wattrelos qui m’accompagnent :
    • tout faire pour qu’il y ait, au final, moins que les 1 178 suppressions d’emplois envisagées, ce qui peut supposer corriger les contours du projet économique des repreneurs ;
    • tout faire, et mobiliser tout ce qui peut l’être, au niveau social, et avec l’appui de l’actionnaire sortant, pour que les suppressions d’emplois ne soient pas autant de licenciements ; c’est possible, les syndicats en sont convaincus, moi aussi ;
    • tout faire pour que le pôle logistique reste à Wattrelos. C’est possible aussi, j’en suis convaincu. Entre des options plus longues à réaliser, des localisations éloignées, et des locaux proches, ma préférence est claire : les colis de La Redoute doivent pouvoir continuer à partir de Wattrelos !
    • enfin, tout faire pour obtenir, là aussi de l’actionnaire sortant, une réindustrialisation rapide des locaux délaissés. Je connais trop la lente agonie des friches, pour ne pas vouloir que très vite la réutilisation de ces hectares de bâtiments s’engage.

La Redoute est une enseigne nationale mais ici, c’est notre patrimoine. Comme politique, je serai solidaire de tout ce qui la préserve, de tout ce qui saura accompagner dignement les salariés. Comme maire, je défendrai plus que tout l’intérêt de Wattrelos car nous, ici, La Redoute on y tient, c’est chez nous ! Nous voulons qu’elle y reste !

 

C’est ce que je dirai à nouveau au Gouvernement dans la question orale que je poserai dans l'hémicycle jeudi 30 janvier matin au ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

 

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 11:49

Re-ception-naturalise-s-2013-copie-1.jpegAu début des années 2000, j’avais décidé de créer cette réception officielle dans les salons de l’Hôtel de ville pour mettre à l’honneur celles et ceux de nos concitoyens qui ont obtenu la nationalité française dans l’année écoulée.

 

Changer de nationalité n’est pas anodin. On naît avec une nationalité, soit par liens familiaux, soit par le lieu de naissance et donc, cela fait partie au sens figuré, de notre carte d’identité, de ce que chacun de nous est. Aussi, décider à 40, 50, parfois 60 ans et plus de changer de nationalité, c’est une mutation importante. Et devenir Français, c’est important car c’est accéder à des droits mais aussi à des devoirs.

 

Re-ception-naturalise-s-2013_2-copie-1.jpegVoilà pourquoi j’avais mis en place en son temps cette réception ; voilà pourquoi aussi, sans doute, nous avons été copiés, puisque l’Etat a décidé d’officialiser ce type de réception, devenue obligatoire, dans toutes les mairies de France et de Navarre !

 

Ce matin, avec les élus qui m’entourent, j’accueille donc dans « la maison de tous les citoyens de notre République, dans la salle des mariages », celles et ceux - je ne peux résister à l’image - qui se marient avec la France ! Plusieurs d’entre eux sont Wattrelosiens depuis longtemps, ils sont venus en France et en particulier à Wattrelos pour le travail ou par amour, parfois par hasard, et ils y ont trouvé l’amour d’une ville et d’un pays.

 

Ils et elles viennent du Portugal, d’Algérie (tel ce Monsieur qui habite Wattrelos depuis 44 ans !), du Maroc, d’Angleterre, de Russie (Irkoutsk, en Sibérie) ou… de Belgique (n’est-ce pas Michèle !), et tous ont « la même envie de vivre ici, la même volonté commune de faire société ».

 

Re-ception-naturalise-s-2013_3-copie-1.jpeg Re-ception-naturalise-s-2013_4-copie-1.jpeg Re-ception-naturalise-s-2013_5-copie-1.jpeg

 

Re-ception-naturalise-s-2013_6-copie-1.jpgComme je leur dis : « Vous avez choisi de devenir des Françaises et des Français pace que votre cœur vous le demandait ; vous avez bien fait de l’écouter » !

 

C’est en particulier le cas de l’une de mes conseillères municipales bien connues. présidente de l’association des cinq quartiers, née en Belgique, et qui vit (avec son Jean-Pierre !) à Wattrelos depuis si longtemps qu’elle est française par évidence. Si la cérémonie est courte, je vois cependant l’émotion dans ses yeux comme dans ceux de son mari au moment où je lui remets son livret de citoyenneté… Et sa poupée Berlouffe ! Car si on est Français, on reste surtout Wattrelosien… Et si une Berlouffe, c’est du vieux français, cette poupée leur rappellera à chacun à jamais qu’ils sont « jeunes Français » !

 

Pour lire mon allocution,  cliquer ici.


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