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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 22:02

L'Agence France Trésor vient de me transmettre, en tant que rapporteur spécial de la commission des finances, l'évolution trimestrielle des encours de la dette de l'Etat à fin mars.

 

Deux constats s'imposent :

 

Ø      la dette de l'Etat est passée de 1148 Mds € fin décembre 2009 à 1183,5 Mds € fin mars : la hausse est donc de 36,5 Mds € en trois mois (soit + 3,1 % !) ;

 

Ø      sur un an, la dette, qui était de 1063,8 Mds € fin mars 2009, a donc augmenté de 120 Mds € (soit + 11,2 % !).

 

La dette à moyen et long terme (OAT + BTAN), qui était de 899,7 Mds € fin mars 2009, est à 977,5 Mds € fin mars 2010. Elle dépassera les 1 000 milliards d'évidence dans les semaines qui viennent, avant juin !

 

Au demeurant, pour financer ses besoins (dont je rappelle que l'Etat finance la moitié de ses dépenses par le déficit, et donc par l'emprunt !), l'Etat vient de décider de lever une OAT 25 avril 2060... c'est-à-dire qu’il s'est s'endetté à 50 ans !

 

Quand on sait que l'essentiel des emprunts finance les dépenses de fonctionnement courant de l'Etat, on mesure l'aberration de la politique financière de ce gouvernement : il emprunte à 50 ans pour financer les dépenses qu'il fait en 2010 ! C'est un sacré chèque tiré sur les générations à venir. Et une énorme rigidité sur nos dépenses publiques pour les prochaines décennies.

 

 

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 16:56

Cet après-midi, l'Assemblée est sollicitée par le Gouvernement pour voter le projet de loi sur l'ouverture à la concurrence des jeux d'argent en ligne. D'évidence, ce texte suscite un malaise.

Malaise parce que la semaine dernière, les débats ont été émaillés d'incidents en tous genres : un collaborateur du Président de la République est même monté au « plateau », pour faire pression sur le vice-président qui présidait la séance ! Et cela en dépit de la séparation des pouvoirs ! Et en dépit de la nécessaire sérénité des débats parlementaires !

 

Malaise parce que des députés de l'actuelle majorité, que l'on voit généralement assez peu dans les débats, étaient curieusement présents et sont même intervenus pour soutenir un texte qui d'évidence (c'est de notoriété publique) concerne directement des sociétés gérées par des membres de leur famille.


Malaise parce que ce texte gouvernemental, qui vise à ouvrir à la concurrence les jeux d'argent en ligne, est le premier des textes que le Gouvernement et sa majorité ont mis en débat au lendemain des élections régionales... ne voulant pas entendre les Françaises et les Français qui, en s'abstenant ou en renouvelant leur confiance aux présidents socialistes de région, ont exprimé notamment leur désarroi devant un quotidien qui leur est toujours plus difficile ! La crise les tenaille et le Gouvernement leur répond : « Faites vos jeux ! ».


Malaise parce que, et toujours au lendemain du scrutin régional, la Majorité, se pliant à la volonté du chef de l'Etat, renonce à supprimer le bouclier fiscal ! Là-encore, l'actuelle majorité reste impassible devant l'impératif de justice fiscale et de solidarité nationale des plus riches à l'égard des plus modestes !


Malaise encore parce que ce texte gouvernemental propose finalement ni plus ni moins qu'une amnistie fiscale voire pénale aux sociétés de jeux en ligne établies en France qui, aujourd'hui, sont dans l'illégalité : certaines l'ont même « claironné » dans les médias ! Cette impunité est contraire aux valeurs républicaines et véhicule l'idée que tout est permis. Comment demander à chacun de respecter la loi quand le Gouvernement lui même offre ainsi l'impunité à ceux qui, aujourd'hui, violent la loi en ayant d'ores et déjà ouvert des sites de jeux d'argent en ligne à ceux qui, aujourd'hui, trichent ?


Malaise aussi parce que, à vouloir servir des intérêts privés, le projet de loi ne se préoccupe guère de l'intérêt général. En effet, le Gouvernement aurait pu choisir de moderniser les missions de La Française des Jeux et du PMU, et ainsi contribuer à alimenter les caisses de l'Etat ! Au lieu de cela, il a préféré un dispositif bénéficiant avant tout à des opérateurs privés ! Un dispositif qui, également, fait fi des préoccupations de santé publique et de risque d'addiction aux jeux !

 

Et précisément me reviennent en mémoire les témoignages des trois éducateurs AILE lors de l'Assemblée générale des centres sociaux de vendredi dernier au centre social du Laboureur. Tous évoquaient leurs inquiétudes devant les dépendances croissantes des jeunes de nos quartiers aux jeux déjà existants et disponibles (loto, tiercé...) : si demain on peut jouer en ligne, ce sera facile et abordable (c'est le but de la loi !), mais aussi potentiellement très destructeur. Car qui peut nier les risques pour les jeunes déjà dépendants d'être demain plus dépendants encore à tous les jeux... plus endettés demain aussi, plus pauvres, plus coincés financièrement ? Franchement, je suis outré, consterné de voir que le Gouvernement considère comme prioritaire après les élections régionales de faire voter l'Assemblée nationale (ça a été à l'ordre du jour, jour et nuit, de toutes les séances la semaine dernière !), de faire voter un texte pour faciliter l'accès aux jeux en ligne. Tout cela pour l'argent ! Mais combien de jeunes resteront sur le carreau, combien de vies seront broyées par ce mythe du gain facile, réalisable demain de chez soi ?


Malaise enfin car la Majorité a bloqué le processus législatif : décidée à faire adopter rapidement ce texte, elle a reporté le débat sur le crédit à la consommation(bien davantage espéré par les familles modestes). Elle a aussi refusé l'adoption d'amendements lors de cette seconde lecture (pour un vote conforme et aller plus vite vers le texte définitif !), niant par là-même la vocation des représentants de la nation à discuter, à amender. Ce n'est pas digne de notre démocratie !


Voilà pourquoi cet après-midi j'ai voté contre ! Contre le texte bien sûr. J'ai aussi voté contre pour dire au Gouvernement que nos concitoyens attendent de lui une autre politique que des textes destinés à servir les intérêts particuliers des amis du Président !

 

Pour preuve, cette déclaration de Nicolas Dupont-Aignan, député ex-UMP dans Libération : "La loi sur les jeux en ligne est un texte abject [...]. La Majorité veut faire plaisir aux "amis du Fouquet's", [...] qui veulent une part toujours plus grosse du gâteau du tout-fric."

 

 

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 11:23

Cet après-midi, la Commission des finances va auditionner François BAROIN, le nouveau ministre du budget, notamment sur la question du bouclier fiscal que même certains élus de la majorité critiquent de plus en plus ouvertement. Faut dire qu’il y a de quoi !

 

La Commission des finances vient d’obtenir une première estimation des résultats de l’application sur l’année 2009 du bouclier fiscal.

 

Rappelons que le bouclier fiscal permet à un contribuable de se voir restituer le montant de ses impositions au titre de l’impôt sur le revenu, de la CSG-CRDS et des prélèvements sociaux, des taxes foncières et de l’impôt de solidarité sur la fortune qui dépasse 50 % de son revenu.

 

Quelques constats forts méritent d’être faits sur les informations – encore partielles – transmises :

 

Ø      Le bouclier fiscal, dont le coût est supérieur à 585 millions d’euros sur l’année 2009, conduit à restituer à 16 350 contribuables (soit moins de 0,05 % des contribuables français) un montant moyen de 35 814 euros (pour 2008, c’était 563 M€ pour 15 446 bénéficiaires).

 

Ø      Les bénéfices réels du bouclier fiscal sont concentrés sur les ménages les plus aisés. Ainsi les 1 000 ménages les plus riches concentrent près de deux tiers (63 % exactement) du coût du bouclier fiscal. 979 bénéficiaires ont reçu un chèque moyen de 376 000 euros ! Cela a coûté 368 millions d’euros à l’Etat. Ces personnes disposent pourtant des revenus les plus élevés (supérieurs à 43 761 euros par an) et des patrimoines les plus importants (plus de 16,35 millions €).

 

Ø      C’est même surtout concentré sur ceux qui ont les revenus les plus élevés : 5 362 Français (qui ont tous des revenus fiscaux supérieures à 43 761 euros) ont globalement reçu 537 millions d’euros (soit 91,7 % des remboursements !).

 

Au-delà de la scandaleuse injustice de ce bouclier fiscal, extrêmement ciblé au bénéfice des plus aisés, des cas choquants existent parallèlement :

 

Ø      14 contribuables, dont le revenu déclaré est inférieur à 3 428 €, alors que leur patrimoine est supérieur à 16 millions €, ont reçu des chèques moyens de plus de 162 000 € !

 

 

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:10

logo anLe 9 juin de l’année dernière, j’interpellais par écrit la ministre du logement sur le versement des aides personnalisées au logement par les caisses d'allocations familiales.

 

En effet, le montant de ces aides est fixé en fonction des ressources perçues par l'allocataire au cours de l'année précédente. Ainsi, si une personne, tout en n'étant pas éligible à cette aide au cours d'une année déterminée, perd son emploi ou se trouve confrontée à une baisse conséquente de ses revenus au cours de l'année suivante, elle ne pourra être immédiatement assistée malgré la précarisation de sa situation.

   

Dans le contexte actuel de crise, cette problématique concerne de nombreux demandeurs d'emploi qui vivent de manière inédite une période de chômage. Aussi demandais-je si des dispositions ne pourraient être recherchées pour faciliter une meilleure adaptation des critères d'attribution des aides au logement à la situation personnelle réelle du demandeur et donc à ses besoins, ce qui passe notamment par une prise en compte de la perte d'emploi.

 

 

Le Journal Officiel m’apporte aujourd’hui la réponse de la ministre :

 

« En règle générale, les aides personnelles au logement versées aux ménages bénéficiaires sont calculées à partir des revenus imposables perçus au cours de l'année civile de référence (n-2).

 

Il en résulte un décalage temporel entre les revenus pris en compte pour le calcul des aides personnelles au logement et les ressources perçues par les allocataires pendant la période de versement ou au moment de l'ouverture des droits. Certains évènements, notamment la perte d'emploi, le passage à la retraite ou l'admission en invalidité, réduisent les moyens financiers des personnes de telle sorte qu'un ménage qui n'était pas éligible à l'aide puisse désormais [...]"

 

Pour lire la suite cliquez ici 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 11:18

 jubi12-2010.jpg

jubi7-2010.jpg

 

Ce matin, c’est le Jour J… comme Jubilaires. C’est la plus belle des cérémonies wattrelosiennes : jubi6-2010.jpgla réception à l’Hôtel de ville des ménages qui ont 50 ans de mariage (35 couples aujourd’hui), 60 ans (8 couples) et 65 ans de mariage (2 couples). Ces amoureux des noces d’or, de diamant et de saphir totalisent tous ensemble 2 360 années de mariage, plus de deux millénaires d’amour ! Comme je leur ai dit, si on remonte toutes ces années, ni Jules César, ni Vercingétorix n’étaient nés. 

 

Alors, je les accueille sur le perron de l’Hôtel de ville jubi5-2010.jpgavec mon adjointe au Nouvel Age et tous les élus écharpés, et je leur remets un bouquet de fleurs avant qu’ils ne s’installent dans les salons de l’Hôtel de ville. Là, Sylvie les accueille en leur chantant du Piaf : La vie en rose, puis l’extraordinaire Hymne à l’amour.

  

Je n’ai qu’admiration et respect pour tous ces ménages : j’en connais la plupart, et bien des souvenirs personnels, d’enfance même, me reviennent devant ces femmes et ces hommes qui sont de la génération de mes parents. jubi4-2010.jpgComme je leur dis dans mon discours, leur existence même « est une des richesses de notre ville ». Leur union a duré, leur amour fut grand, malgré les vicissitudes de la vie, comme en parle François Mauriac.

 

Oh, bien sûr, leur vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Mais leur vie, comme je l’écris, ce sont « de ces petites tensions qui cachent de grandes, si grandes attentions ». 

 

Pour eux, nous traversons l’Histoire pour évoquer les évènements majeurs de 1945, 1950 et 1960 et rappeler ce que furent les refrains des grandes chansons de cette époque.  Séquence émotions, humour aussi… applaudissements pour chaque série de jubilés.

 

Et pour conclure, je les félicite et les enjoins à rester ce qu’ils sont : une femme, un homme qui connaissent le bonheur à deux.

   jubi2-2010.jpg

Le bonheur à deux, c’est l’inattendu dans la banalité. C’est l’éclat de rire, qu’une fois rentré de votre journée de travail, votre conjoint s’ingénie à provoquer en vous. C’est la tendresse d’un regard, d’une main qui se tend, quand on n’a pas le cœur léger.

 

Le bonheur à deux, c’est le confort d’une épaule qui s’offre le soir, quand la lumière s’éteint après une journée difficile. Ce sont tous ces moments de folie ou d’insouciance que vous fait vivre votre complice de conjoint. C’est la tendresse au quotidien, c’est la complicité, c’est tout simplement être deux.

  

Alors longue vie, chers jubilaires, à votre bonheur à deux !

 

Pour lire mon discours, cliquez ici.

 

 

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 11:28

Jubidomi2010_1.jpgFêter les couples qui ont 50, 60 et 65 ans de mariage, à Wattrelos cela se fait en deux temps : à domicile, le samedi du week-end de Pâques, pour les ménages qui ne peuvent se rendre le lundi à l'Hôtel de ville ; le lundi matin de Pâques, pour le  plus grand nombre.

 

Alors aujourd'hui, je commence les visites. Avec mon premier adjoint, Christophe, et mon adjointe au Nouvel Age, Marie Jo, nous visitons cinq couples ce matin eJubidomi2010_3.jpgt – après une courte interruption à la baraque à frites de quarante minutes – trois couples cet après-midi (juste avant, clin d'œil sympathique, que je procède au mariage à 15 h 20 d'un... tout jeune couple).

  

J'aime ces visites à domicile où me rejoignent mes élus du quartier car on peut échanger avec les jubilaires eux-mêmes. Parler du jour des noces, de leur rencontre, du mariage, des enfants, de ce que fut leur vie depuis. On évoque les difficultés qu'ils ont connues, les bonheurs aussi bien sûr. Jubidomi2010_4.jpgEt tous me disent la-même chose : si c'était à refaire, ils le referaient. Ce serait oui, comme ce jour-là ! 

 

Plusieurs, bien sûr, sont convalescents et c'est pour cela que je me rends à leur domicile. Mais tous ont le plaisir d'être ensemble et ils s'en confient aisément. Qu'ils aient 65 ans, 60 ou 50 ans, c'est le même plaisir qu'ils décrivent ! Et ce qui est extraordinaire – c'est ça Wattrelos ! – c'est  que souvent, les deux futurs conjoints se sont rencontrés à Jubidomi2010_5.jpgquelques rues l'un de l'autre et... résident encore aujourd'hui très près de là où ils vivaient enfants (un couple vit même dans la maison des parents de Madame). Le quartier d'hier est encore le quartier d'aujourd'hui. Et un formidable attachement à leur ville. Ah, ça fait plaisir.

  

Après leur avoir relu leur acte de mariage (qu'ils n'ont sans doute pas écouté ce jour-là !), remis médaille et cadeau, je leur remémore l'actualité de l'année Jubidomi2010_6.jpgde leur mariage.

  

Et cela devient souvent très émouvant, et même très drôle, quand, autour d'un verre, l'un des deux conjoints évoque les premières manœuvres d'approche... l'herbe pour les lapins qu'on allait chercher (ils avaient bon dos, les lapins !), ou le bal à patates de chez Duhamel où l'un de nos jubilaires arrive avec une amie et... repart avec sa sœur, qu'il épouse (hein, Freddy ?) Jubidomi2010_7.jpg!

  

Mais chut, tout cela est couvert par le secret, non pas défense mais amour. Et celui-là, pas question de le lever et que je raconte tout ce qu'on m'a dit.

 

Emotion donc ce matin, pour des tranches de vie de ménages que je suis heureux d'être allé visiter.

 

Bonne continuation...

  

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 10:16

Si seulement ce n’était qu’un poisson d’avril de mauvais goût… il n’en est rien : les prix du gaz naturel pour les particuliers (tarifs réglementés) ont bien augmenté de 9,7% en moyenne (hors TVA) au 1er avril, comme l’a annoncé la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

 

« Injustifiée » pour certains, « scandaleuse » pour d’autres, il est clair que cette hausse arrive à un moment peu opportun et s’accommode mal des profits conséquents du groupe GDF Suez réalisés en mars 2010… et des résultats de l’étude de l’INSEE publiée aujourd’hui sur les inégalités de revenus en France (8 millions de pauvres sur notre territoire et des inégalités de revenus qui explosent, faisant écho à nouveau à la désastreuse politique du bouclier fiscal).

 

Les pouvoirs publics ne voulant plus porter la responsabilité directe de ce genre de décision délicate, c’est désormais l'autorité de régulation qui, en donnant son aval (un avis contraignant) à une demande soumise par le groupe GDF Suez (anciennement Gaz de France), a donné le coup d’envoi de la hausse.

 

Dans un entretien au quotidien Le Monde daté d’hier, le régulateur s’explique sur les raisons de cette hausse, laquelle doit être divisée en deux augmentations distinctes auxquelles il convient de s’intéresser :

 

-         5,9 % concerne les infrastructures, c'est-à-dire l'acheminement, les transports, la distribution, le stockage et les coûts de commercialisation. Comme le rappelle le régulateur, cette hausse a été décidée et prise par un arrêté du gouvernement en décembre 2009 : le Gouvernement a donc beau jeu de se défausser de ses responsabilités aujourd’hui. Pour mémoire, l’an dernier, à la même époque (le 1er avril 2009), Monsieur Alain Marleix se targuait de la décision du Gouvernement de diminuer les tarifs réglementés du gaz naturel. Certes mais si c’est pour, un an après, les ré-augmenter…

 

-         le reste, 3,8%, ce serait l'augmentation du prix du coût des approvisionnements de GDF-Suez sur la période du 1er avril 2009 au 1er avril 2010. Mais là aussi le bât blesse puisque le prix du gaz sur les marchés à court terme (marchés spot) est à un niveau historiquement bas, du fait d’une baisse de la consommation (due en large partie à la crise) et d'une augmentation de la disponibilité du gaz (les Américains s’étant détournés du gaz naturel liquéfié).

 

Curieuse manière qu’ont des entreprises en parfaite santé financière de faire payer aux usagers historiques, ceux des tarifs réglementés, la volatilité des prix qu’ils pratiquent au plus offrant sur les marchés spot.

 

Par conséquent, s’il est injuste de critiquer la CRE, laquelle n’est pas responsable de cet état de fait (elle applique le cadre que lui ont fixé le décret du 18 décembre et l'arrêté du 21 décembre 2009), je m’interroge sur le sens de la dernière phrase d'un récent entretien de son responsable: « Nous faisons des audits – et nous allons en refaire un dans les mois qui viennent – pour vérifier que la formule en question reflète bien les coûts d'approvisionnement de GDF Suez. »

 

La décision aurait donc été prise avant que sa validité n’ait été vérifiée ? Curieuse façon de concevoir l’expertise et l’audit…A moins qu'il n'y ait eu urgence, par cette annonce tarifaire, à doper les cours de bourse et la profitabilité de l'entreprise, histoire de permettre au conseil d'administration de voter, fort opportunément, l'augmentation de rémunération du n°2 de Suez-GDF, J-F Cirelli (dont le revenu annuel vient de tripler !).

 

L'augmentation des tarifs du gaz n'est pas une perte de pouvoir d'achat pour tout le monde…

 

 

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 16:42

L’école fleure bon la nouveauté : l’inauguration officielle n’a même pas encore eu  lieu (ça ne saurait tarder…). Mais son nom est le symbole même de l’école républicaine : Jules Ferry, c’est cette école que j’ai choisie pour participer cette année au Parlement des Enfants (16e édition).

 

Ce matin, c’est la réunion-discussion avec toute la classe : je suis au tableau avec une craie pour expliquer, détailler ce qu’est un député, le vote de la loi ou le fonctionnement de l’Assemblée ; ça va durer presque deux heures... que je n’ai pas vues passer !

 

Après avoir fait connaissance avec ma députée junior (Yasmine) et sa suppléante (Flora), j’ai donc essayé d’expliquer ce qu’était la politique (étymologiquement : la gestion de la vie de la cité), à quoi sert un parti politique ou encore pourquoi « la Gauche est à gauche » dans l’hémicycle, quel est le parcours de la loi, et surtout quelles sont les fonctions (législateur, contrôleur du gouvernement, représentant des habitants) d’un député aujourd’hui. Cela a permis de préparer l’intervention à plusieurs voix – très bien construite – des enfants pour qu’ils m’exposent leur proposition de loi (cf. article ci-dessous), sur laquelle nous engageons un débat sur la vie quotidienne des personnes handicapées. J’aime la sensibilité et la prise de conscience de ces enfants par rapport à ces sujets : vraiment, bravo à eux !

 

Puis nous sommes passés à la séance de questions/réponses, un moment que j'adore… mais qu’en même temps, vous n’allez pas me croire, je redoute un peu !

 

Les doigts se lèvent et la première question tombe : « Etes-vous mécontent si d’autres députés ne partagent pas le même avis que vous ? ». Je leur réponds que le désaccord est constructif, que cela fait partie de la démocratie et qu’il ne faut pas s’en offusquer, bien au contraire… mais qu’il est vrai que j’ai été, à plusieurs occasions, suite au vote ou au rejet de certaines dispositions de lois, bien désabusé, et déçu que certains idéaux de justice sociale refusent d’être incarnés. J’ai été ainsi très, très mécontenté par le refus de la Majorité et du Gouvernement de renoncer à soumettre à l’impôt les indemnités des accidentés du travail… C’était pourtant à la fin de l’année 2009 ! Je n’ai toujours pas décoléré, tellement leur décision m’a paru choquante.

 

blog - député et classePuis on  m’interroge sur mon parcours scolaire, mon entrée en politique, sur la gestion de mon emploi du temps de député-maire… ou encore si j’aimerais être élu dans d’autres fonctions (pour avoir la réponse, il fallait y être !)

 

Le coordinateur des classes citoyennes de l’Education nationale, Hervé Beugniez, m’interroge ensuite sur les questions que pose l’abstention aux scrutin : je suis le premier à la regretter, et c’est une des raisons d’ailleurs pour laquelle je suis très enclin à participer à ce type de rencontres citoyennes avec les enfants, dans les écoles, notamment pour expliquer le vie démocratique et la décision publique, parce qu’il ne faut pas hésiter à l’expliquer, pour qu’elles soient comprises, et que les citoyens – à commencer par les jeunes –  comprennent l’utilité d’aller voter … Mais il faut malheureusement reconnaître qu’il y a aujourd’hui en France, et au sein de la classe politique, des « cancres » qui n’aident pas à enrayer la désaffection croissante des Français face à la chose politique : il y a des comportements d’élus qui ne sont pas exemplaires, ni acceptables, des hommes politiques qui confondent leur intérêt personnel et l’intérêt public, se servent de leur fonction plutôt qu’ils ne servent les autres, qui cèdent à l’argent facile et à certaines amitiés : ils contribuent à susciter le dégoût de la population, et provoquent nécessairement une absence d’envie d’aller aux urnes !  Et la crise, les souffrances sociales qu’elle provoque, accentuent encore ce rejet ! Alors que faire ? Dénoncer ce qui doit être l’être, et ceux qui doivent l’être ! Et surtout convaincre la population qu’il y a des élus dont l’éthique est irréprochable et qui, par leur action, travaillent ardemment à améliorer ou à veiller à leur vie quotidienne.  D’ailleurs quand les habitants perçoivent cela – les scrutins régionaux le soulignent à nouveau (cf. Beaulieu) – les votes extrêmes reculent et la participation électorale se porte mieux. 

 

Les enfants le comprennent bien ; l’un de mes élèves d’un jour me questionne : alors, la politique c’est « changer la vie » ? Quand bien même, ils ne retiendraient que cela de mon passage, ce serait tant mieux !

 

Cédric Meurisse, l’inspecteur, a judicieusement clos cette rencontre en évoquant les notions de bien public et d’intérêt général, au cœur des missions du député ; ce à quoi j’ajoute qu’en effet, le député doit savoir concilier le travail qu’il fait – en réponse aux nombreuses, très nombreuses, sollicitations individuelles qu’il reçoit – pour aider les démarches personnelles de ses administrés, avec l’intérêt collectif., qu’il a pour mission de porter dans sa fonction nationale de législateur.

 

Deux heures donc de bon travail ensemble – ponctuées de rires et de sourires, car je ne conçois pas ça autrement que dans la bonne humeur - à la fin desquelles nous avons tous posé devant l’objectif pour immortaliser notre rencontre. Merci à vous tous, j’ai passé un très bon moment en votre compagnie... 

 blog - classe et equipe 1 avril 2010

 

  … et rendez-vous le 28 mai au Palais Bourbon !

 

 

 

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 14:13

logo parlement des enfantsCe matin, je suis venu rencontrer la classe de CM2 de Madame Descamps de l’école Jules Ferry à Roubaix (dirigée par M. Tranet) qui a été choisie pour participer à la 16ème édition du Parlement des Enfants.

 

Cédric Meurisse, l’inspecteur, est également présent. Et je peux leur annoncer une super nouvelle : c’est leur proposition de loi, qu’ils devaient rendre à la mi-mars, qui a été retenue au nom de toute l’académie de Lille pour participer à la sélection inter-académie qui aboutira aux 3 propositions qui seront  débattues par les enfants lors du 16ème Parlement des Enfants ! Je les ai donc félicités pour la qualité de leur travail et la maturité exemplaire dont ils ont fait preuve en menant leur réflexion sur les discriminations dont les personnes handicapées font l’objet.

Alimentée par des intervenants extérieurs (de l’UNICEF, de la mairie de Roubaix), une correspondance soutenue entre les enfants , l’enseignante, l’inspection et moi-même, renforcée de judicieuses rencontres avec une médaillée paralympique en tennis de table par équipe, Claire Mairie, et  un responsable associatif  roubaisien de handisport, leur proposition est en effet bien construite. Elle a fait entrer ces enfants dans la peau d’un député, et ils ont « légiféré » en rendant une proposition de loi composée – comme « en vrai » - d’un exposé des motifs et de plusieurs articles.

 

Le contenu précis de leur proposition de loi ?

L’obligation pour les chaînes de télévision du service public de diffuser davantage de compétitions de handisport et de consacrer une plage horaire spécifique aux handisports en amateur, afin de remédier au manque criant d’information dans ce domaine – manque qu’ils ont remarqué, étayé d’arguments précis et surtout relié au regard que nous portons sur le handicap et sur la faible insertion des personnes handicapées dans la « société des valides ». Si l’on veut favoriser l’intégration des enfants handicapés dans la société, quoi de mieux en effet que de l’envisager par ce moyen de dépassement de soi qu’est le sport ?

Si l’on veut faire changer le regard de la société française sur le handicap, peut-on rêver mieux qu’une vraie mobilisation des chaînes de télévision du service public ?

Bravo donc aux enfants, à leur enseignante et à toute l’équipe de l’inspection qui auront permis cette victoire!

 

La suite de l’aventure ?

Elle aura lieu en deux étapes, puisque nous nous reverrons le vendredi 28 mai, avec toute la classe pour visiter l’Assemblée Nationale, où je me proposerai de faire le guide le temps d’une matinée, avant d’aller déjeuner ensemble non loin du Palais Bourbon – frites au menu, je les ai déjà prévenus ! blog - députée et suppléante

Et puis peu de temps après, le samedi 5 juin prochain, la députée junior élue par sa classe, la pétulante et dynamique Yasmine (à droite, avec, à gauche, sa suppléante, la calme et souriante Flora), siègera à ma place dans l'hémicycle, présidé par le président de l'Assemblée nationale, avec d’autres députés juniors venus de toute la France. Elle viendra à l’Assemblée Nationale avec un membre de sa famille et accompagnée de son enseignante. Il lui faudra voter une proposition de loi qu'elle aura préalablement débattue le matin en commission, comme le font les vrais députés…

Et si parmi les 3 propositions finales, il y avait celle de l’Ecole Jules Ferry ? Yasmine en rêve déjà, et elle semble prête à se battre le 5 juin !

Pour lire leur proposition, cliquez ici

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 16:35

Noel-Turpin.jpgWattrelos est orpheline d’un de ses grands élus et de ses grands militants.

 

Noël Turpin, qui fut durant trois mandats élu au conseil municipal de Wattrelos, vient de nous quitter dans sa 90e année : adjoint au maire chargé des bâtiments communaux, des commissions de sécurité, des espaces verts, des jardins ouvriers, de la voirie rurale et de l’agriculture de 1977 à 1989, puis aux travaux de 1983 à 1989, et enfin conseiller délégué aux adjudications et réceptions de travaux (1989-1995).

 

Il était un homme de convictions, au caractère bien trempé qui l’avait naturellement conduit à prendre de nombreux engagements. Il ne concevait pas sa vie sans militer : socialiste, il l’aura été ardemment, fidèlement, présent dans tous les combats, actif contre toutes les injustices. Syndicaliste, à la CFDT, il était aux côtés des ouvriers, dont il symbolisait si bien les dures luttes sociales. Il assuma aussi des fonctions au sein du comité d’entreprise des établissements Vanoutryve de 1968 à 1981.

 

J’ai eu la chance d’être jeune conseiller municipal à ses côtés en 1983. Il sut, avec amitié et son extrême gentillesse m’apporter sa culture politique, technique, ses conseils, son solide bon sens. Noël, on le respectait, on l’aimait naturellement. Toujours disponible, déterminé et d’une convivialité sans pareille, il est et reste pour moi un ami, un homme profondément humain, une référence. C’était un vrai Wattrelosien !

 

Le 4 juin 1990, la République l’avait nommé chevalier dans l’Ordre national du Mérite : c’était justice, tant il avait donné de son temps et de lui-même aux autres durant de nombreuses années. Il aura été un grand serviteur de notre commune. Nombreux sont les Wattrelosiens qui perdent un ami et qui s’inclinent avec respect devant cet homme de cœur.

 

A Raymonde, son épouse, à sa famille et à ses nombreux amis, au nom du Conseil municipal et de tous les Wattrelosiens qu’il a si gentiment servis, je présente mes plus sincères condoléances.

 

 

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