Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
  • Contact

Recherche

Articles Récents

24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 14:43

Sakineh.jpgOui, j'ai signé la pétition « Il faut empêcher la lapidation de Sakineh », lancée notamment par l’auteure et réalisatrice de Persépolis Marjane Astrapi, par les philosophes Elisabeth Badinter, Sylviane Agacinski ou Bernard-Henri Lévy, les responsables politiques Martine Aubry et Lionel Jospin, les défenseurs des droits humains Taslima Nasrin et Elie Wiesel, et nombres d’artistes ; elle est publiée par Libération ce 24 août et relayée par le site La Règle du jeu.

 

Pourquoi ? Parce que je souhaite apporter tout mon soutien à cette Iranienne de 43 ans, emprisonnée depuis 5 ans pour adultère... pendant veuvage, qui, après avoir reçu 99 coups de fouet sous les yeux de son fils, vient d'être condamnée à mort par lapidation !

 

En signant cette pétition, j’ai souhaité prendre part à la mobilisation internationale d’espoir et de solidarité, à la chaîne tout simplement humaine, qui s'organise pour dire : non à la lapidation de Sakineh Mahammadi Ashtiani ! Non à sa mise à mort ! Non à cette mascarade de justice ! Et plus largement non à la lapidation !

 

Car comment un système judiciaire, comment un Etat peuvent-ils aujourd’hui encore concevoir de mettre à mort des êtres humains à coups de jets de pierres ?

 

A cela s'ajoute, selon les associations et l'avocat de Sakineh, une parodie de justice : aveux mis en scène à la télévision pour un crime dont la justice iranienne l'avait pourtant blanchie en 2006 ; au cours du procès, absence des droits élémentaires de la défense : procédure judiciaire dans une langue qu’elle comprend à peine (d’origine azérie, elle ne maîtrise pas le persan, langue du procès !), possible torture de Sakineh, etc. Même son avocat a été menacé d’emprisonnement pour avoir alerté la communauté internationale. S’il a réussi à fuir l'Iran, sa femme est quant à elle retenue en otage et emprisonnée en Iran.

 

Qui peut accepter une justice rendue dans de telles conditions ? Qui peut accepter une justice soumise de la sorte à des principes arbitraires religieux ou politiques ? Qui peut accepter la lapidation ?

 

Amnesty International indique qu’actuellement huit femmes et trois hommes sont menacés de lapidation. Et selon la Fidh (la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme), chaque année entre 350 et 400 condamnations à mort par pendaison sont prononcées, quelques uns pour opposition politique (vraie ou supposée !) et la plupart pour crimes de droit commun.

 

Et pourtant, le régime des Mollahs a décrété un moratoire en 2002 : malgré cela depuis cette date, selon les associations, il a exécuté par lapidation au moins six personnes, dont cinq femmes. L’ONU se doit de rappeler à l’Iran ses promesses de moratoire faites en 2002 et réitérées en 2008. L'ONU doit rappeler la nécessaire protection des droits humains par cet Etat qui siège depuis avril dernier à la commission onusienne sur le statut de la femme (commission on the statute of women - CSW)

 

Ni la situation politique intérieure de l’Iran, faite de contestations des autorités en place suite aux fraudes électorales de 2009 (souvenons-nous de la situation difficile qu’a connue Clothilde Reiss !), ni le développement du nucléaire contre la volonté même de l’ONU, ne peuvent autoriser de traiter si mal des êtres humains.

 

Il faut que Sakineh puisse vivre et retrouver les siens !

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires