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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 09:30

rencontre-hoteldeville.jpgCe midi, plusieurs dizaines de riverains des rues proches de l’ancienne gendarmerie, qui s’inquiètent d’un projet de sédentarisation de quelques familles (6 précisément) de la communauté wattrelosienne des gens du voyage dans cette ancienne gendarmerie, ont choisi de s’inviter en mairie pour venir me voir. J’ai une réunion du conseil d’administration du CCAS, consacrée aux orientations budgétaires ; la séance est importante et ne puis m’absenter de suite.

 

A vrai dire, j’ai proposé à tous les riverains une réunion publique d’information samedi prochain, mais le sujet est, pour certains, estimé sensible et ils n’ont pas voulu attendre… Peu importe.  Je le comprends. Ce n’est d’ailleurs pas plus mal : après une première discussion, chacun aura le temps de la réflexion car, dans ce dossier, seule une partie de l’information a été donnée par voie de presse, ce qui explique sans doute ce mouvement spontané.

 

En ce qui me concerne, je tiens à clarifier la situation et à remettre les enjeux en perspective.

 

J’explique tout d’abord qu’une commune de la taille de Wattrelos (plus de 5 000 habitants) a l’obligation légale (loi de 1990) de posséder une structure d’accueil pour les gens du voyage. Elle n’a pas le choix, c’est la loi. Sinon, elle ne dispose pas d’armes légales pour combattre les installations sauvages. Courageusement, elle s’est donc dotée d’une aire d’accueil il y a vingt ans, tandis que d’autres communes choisissaient de ne pas le faire et donc de se mettre en infraction, avec toutes les conséquences – notamment financières et pour la vie quotidienne – que cela peut avoir. C’est tout à l’honneur du Conseil municipal de 1991 d’avoir pris cette décision qui, à l’époque, avait suscité de très vives réactions dans la population. Force est de constater que ces craintes étaient infondées : cette aire d’accueil, longtemps localisée le long de l’Antenne Sud, en bordure du site Kuhlmann (et donc aussi en centre-ville), n’a en rien bouleversé la vie wattrelosienne, au contraire ! Elle nous a surtout protégés des intrusions sauvages ; les gens du voyage le savent, et les autorités de police aussi. D’ailleurs quand de telles intrusions (de communautés évangéliques) se sont produites – au parc de Beaulieu par deux fois ; au Winhoute l’été dernier – si Wattrelos n’avait pas été en conformité avec la loi, elle n’aurait pu faire entendre sa voix avec force auprès des services de l’Etat et les caravanes seraient restées plus longtemps. J’ajoute que j’ai été le premier maire de France à faire condamner l’Etat – et à obtenir des dommages et intérêts ! – qui avait failli à son devoir de protection en n’empêchant pas l’entrée de caravanes dans le parc de Beaulieu en 2005.

 

Vingt ans après la création de l’aire d’accueil wattrelosienne des gens du voyage, où en est-on ? Avec le temps, les familles accueillies se sont progressivement sédentarisées, devenant de vraies familles wattrelosiennes. Les enfants sont scolarisés à l’école Brossolette, à l’entrée de Beaulieu, leurs enseignants y sont attachés, leurs parents participent activement à la fête de l’école en collaboration avec les autres parents d’élèves…

 

Pendant ce temps, l’aire d’accueil, pour des raisons de sécurité, a due être transférée à titre provisoire, pour une durée d’un an, sur un terrain à la Martinoire appartenant à la Chambre de commerce et d’industrie. Une installation provisoire car une grande entreprise doit s’installer sur ce terrain dans les prochains mois.

 

Dès lors, deux façons de traiter le sujet s’offrent à la Ville : créer une nouvelle aire d’accueil ailleurs à Wattrelos (oui mais où ? et de surcroît, ce sera coûteux)… ou sédentariser des familles volontaires, sachant que si Wattrelos accueille neuf familles de gens du voyage sous quelque forme que ce soit sur son territoire, elle aura satisfait à son obligation légale.

 

De plus, ce serait l’aboutissement humain d’un parcours d’intégration progressive de ces familles française dans notre société. Après avoir vécu sur notre territoire, scolarisé leurs enfants, elles quittent caravanes et mobil-homes, pour s’installer dans des murs au cœur de la ville. C’est, par principe, un chemin réussi d’insertion, où vivre ensemble et mixité sociale reçoivent une illustration parfaite.

 

C’est la raison pour laquelle la Municipalité, mais aussi la Communauté urbaine et le Préfet (qui arrêtent ensemble le schéma départemental d’accueil des gens du voyage) ont pu voir cette solution comme étant pertinente : le bâtiment de l’ancienne gendarmerie appartient à un bailleur social public, Partenord Habitat, qui a vocation à accueillir ces familles (6 familles sont volontaires), ; il est de plus situé non loin de Beaulieu où les enfants vont à l’école. Un représentant d’une association gestionnaire et accompagnatrice des familles sera présent sur le site, dont il garantit la tenue.

 

Ce scénario ne manque pas d’intérêt administratif et humain. Administratif d’abord, parce que la Ville se libèrerait de son obligation d’aménager une nouvelle aire d’accueil, avec les problèmes d’implantation que tout cela comporte. Ensuite et surtout parce qu’humainement, cette sédentarisation offrirait à ces familles de bien meilleures conditions de vie et de meilleures chances d’intégration dans notre commune. Beaucoup parlent de mixité sociale dans leurs discours : là, on la symbolise, a fortiori lorsque l’on sait qu’un programme d’accession à la propriété s’édifiera dans le quartier également (dossier dont le promoteur, que j’ai reçu ce matin en mairie, m’assure qu’il est bien sûr maintenu, satisfait des explications que je lui ai données).

 

C’est ce que j’ai expliqué aux riverains en leur demandant d’intégrer ces éléments d’information à leur réflexion.

 

 

 

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