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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 06:57

Photo0889.jpgCe midi, je participe à un déjeuner avec Elie COHEN, économiste réputé, directeur de recherche au CNRS, avec qui nous échangeons sur le chemin de la croissance française, d'avant et d'après la crise. Comme le souligne Elie, dès avant la crise, nous souffrions d'une faible croissance ; qu'a changé le choc de la crise ?

  • La crise a fait que le rythme de croissance moyen s'est considérablement ralenti. Sur la décennie écoulée, elle a été de 1,2 % en moyenne annuelle, et de 1,8 % si on enlève les chiffres de la récession de 2009 (- 2,5 %). Le choc de la crise a fait descendre d'une "marche d'escalier" : avec la crise, on a perdu 6 points de PIB ! Peut-on les récupérer ? Non. L'étude historique longue en atteste : en cas de crise financière violente d'origine bancaire, il y a trop de destructions d'activités pour qu'on retrouve le niveau antérieur. Mais il n'y a pas de raison pour que la crise infléchisse durablement le taux de croissance potentiel : il devrait rester près de 1,6 / 1,8 %.

  • Qu'est-ce que la crise nous a appris ? Que deux éléments étaient sous estimés : d'une part, la contrainte extérieure (on a trop vite pensé qu'avec l'euro, la question de l'équilibre de la balance courante ne se posait plus), car d'évidence elle est de retour via la question des dettes souveraines et de la notation de ces dettes (les spread de taux sur les dettes d'Etat ont la même hiérarchie que celle des comptes extérieurs !) ; d'autre part la contrainte des finances publiques.

La situation présente est d'autant plus délicate qu'en Europe, la fracture est en train de grandir entre pays d'Europe du Nord et pays d'Europe du Sud (du double point de vue de la compétitivité et des finances publiques). Là où les déficits de balance courante se sont très aggravés sur la période, pour rééquilibrer, il faut une politique rigoureuse de réindustrialisation (car l'industrie, ce sont les 4/5es du commerce international !), ce qui n'est pas aisé alors qu'on est contraint budgétairement.

  • Pourquoi nous, en France, avons massivement décroché ? La France a perdu 25 % de ses parts de marché en 10 ans ! Est-ce dû à la faiblesse d'investissement des entreprises ? De toutes les entreprises, non. Des PME, oui : nos PME françaises investissent beaucoup moins que les PME allemandes, dans tous les secteurs industriels, d'où un processus de dévitalisation progressif cumulatif.

Elie Cohen prône en conséquence des mesures-choc : qui transfèrent des charges de ces PME sur une base plus large ; qui renforcent l'enseignement de base (très dégradé ces 10 dernières années) ; qui fassent de gros efforts sur la recherche & développement (on y consacre deux fois moins d'argent qu'au temps du Général de Gaulle). Et me confie redouter que si l'Allemagne ne se décide pas, en stimulant sa demande interne, à jouer le rôle de locomotive européenne, on ne voit se dessiner un scénario de déflation européenne.

 

 

 

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