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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 23:08

Ce midi, dès la fin de l’assemblée générale, direction Dunkerque. Mon ami et complice, son maire Michel Delebarre, m’a invité au Carnaval pour lancer du balcon de l’Hôtel de ville les célèbres « kippers »… pendant que lui lancera également – privilège du maire – des homards (selon la célèbre apostrophe de la population dunkerquoise : « Delebarre, des homards ! »).

Qu’on se rassure : si les harengs saurs – dits kippers – sont sous film plastique (mais l’odeur est bien là, j’en atteste !), les homards eux sont en plastique : 6 seront lancés, et ceux qui les attrapent peuvent les échanger dans une poissonnerie de la ville (en pratique, ils ne le font jamais, trop fiers de leur trophée !).

D’ici là, me voilà déguisé : sitôt arrivé sur le parking, me voilà en « carnavaleux ». Dominante bleue, chapeau et masque… pour faire discret (cf. photo). Soyons franc : tout cela est très raisonnable, et cela le restera jusqu’au moment où tous les invités du maire se trouveront affublés… d’un « boa » (d’un mauve superbe !) que ni Régine ni Zizi Jeanmaire n’auraient dédaigné. On rit, Michel est épuisé mais en forme (le miracle du maire en fête dans sa ville !), mais je ne me vois pas encore trop exubérant.

La foule s’agglutine sous le balcon. C’est superbe de couleurs, de parapluies, de jaune, de rouge, de bleu, de vert, de tout cela mélangé et de bonne humeur. C’est qu’elle peut en contenir du monde, cette place ! Et elle est noire de monde.

Enfin, ça y est : on ouvre les fenêtres, on grimpe sur le balcon, une clameur monte. Au premier kipper, c’est un cri général qui s’élève. Au premier homard, c’est l’émeute. Extraordinaires mouvements de foule. Impressionnant ! Caméras, télés, photographes immortalisent la scène.

Que c’est beau le Nord en fête. Que c’est bon quand on peut tout oublier. Tous ici, en haut et en bas, déguisés, nous sommes pareils : on est là pour cela, pour dire notre plaisir de rire, de sourire, de passer un moment de joie.

Déjà vingt minutes et il n’y a plus de harengs. Des tonnes sont devenues des poissons volants. Les fenêtres se referment… Dommage. La fête est finie ? Non. Bien sûr, partout dans la ville, elle continue.

Je n’y tiens plus. Je rejoins la foule, une bande se forme. Au coin de l’autre place là-bas, une marée humaine s’avance. Des rythmes secouent tout le public alentour. Je plonge dans la masse. Plonger dans la "Vischerssbende" parmi les "masqueloures" et les "berguenaeres" relève de l'exploit sportif. On y retrouve Rosalie, Marguerite, Rose, Charlotte, Marie et Raymonde évoquant "tet'ches", "wiches" et "picheloures" en toute liberté. Il est vrai "qu'on n'est pas là pour faire des manières..." Quelle chaleur, quel moment ! Voilà que résonne, porté par mille, par dix mille, par cinquante mille voix, « l’hymne à Jean Bart ».

Une communion entre une population et une chanson. Une identification. J’en ai plein les yeux, plein les oreilles. Et un moment d’orgueil : je me souviens que l’écrivain Jacques Duquesne, qui a écrit une biographie de notre célèbre Corsaire du Roi, m’a confié qu’à l’époque Jean Bart s’écrivait Jean Baert !

Le soir tombe, il faut rentrer. J’ai encore du travail ce soir, mais je suis heureux. Ah, le Nord est une superbe région. Et qu’est-ce que je l’aime…

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