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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 23:32

Le 3 septembre 1939, la Grande-Bretagne, puis la France déclaraient la guerre à l’Allemagne, après que cette dernière eût envahi la Pologne deux jours auparavant, sans déclaration de guerre. Dix mois après la signature des accords de Munich, la Seconde Guerre mondiale commençait. La cause officielle invoquée par l’Allemagne pour envahir la Pologne était le rattachement de Dantzig à l’Allemagne.

 

Depuis 1918 et le traité de Versailles, la ville de Dantzig (Gdansk en polonais) avait un statut particulier. Cette zone constituait un corridor permettant à la Pologne d’accéder à la mer, mais coupant la Prusse orientale du reste de l’Allemagne. La population du corridor parlait un dialecte polonais ; en revanche, le port et la ville de Dantzig, dans la basse vallée de la Vistule, étaient presque entièrement allemands. La conférence de la Paix avait décidé que Dantzig et la région voisine constituaient une ville libre contrôlée par la Société des Nations. Les Polonais bénéficiaient du libre accès au port (il s’agissait du seul débouché de ce pays vers la mer), tandis que la ville de Dantzig était administrée par une assemblée du peuple et un sénat, à la fois chambre haute et exécutif.

 

En octobre 1938, RIBBENTROP, ministre allemand des affaires étrangères, avait proposé à la Pologne un accord complétant celui de 1934 : cet accord aurait permis le rattachement de Dantzig à l’Allemagne. La Pologne opposa une fin de non-recevoir : le 5 janvier, le colonel BECK, ministre des affaires étrangères polonais, fut reçu à Berchtesgaden par HITLER, qui lui renouvela ses promesses d’amitié. Parallèlement, la Pologne avait conclu un accord avec l’URSS le 26 novembre 1938, réaffirmant le pacte de non-agression de 1932.

 

Pourtant, pour certains en Europe, la guerre parut inévitable : après la remilitarisation de la Rhénanie, l’Anschluss et la prise des Sudètes, la Pologne et le corridor de Dantzig apparaissaient comme les prochaines proies de l’Allemagne nazie.

 

Le cheminement fut ensuite implacable. Une crise importante éclate en mars 1939, où, invoquant une crise entre Tchèques et Slovaques, HITLER fait entrer le 15 mars les troupes allemandes à Prague, tandis que la Slovaquie proclame son indépendance.

 

Le 26 mars, l’Allemagne somme la Pologne de rejoindre le bloc antisoviétique et réclame fortement le rattachement de Dantzig. Le colonel BECK évoque alors explicitement le risque de guerre. Le 28 mars, Madrid tombe dans les mains de Franco. Le 7 avril, Mussolini envahit l’Albanie, là aussi sans déclaration de guerre.

 

Toute l’intense activité diplomatique que la France et la Grande-Bretagne déploient dans les mois qui suivront ne contrarieront pas les exigences allemandes.

 

Des années funestes pour le monde, pour l’Europe, et pour tant et tant d’habitants de nos villes, ici dans le Nord, se sont engagées ce 3 septembre-là.

 

C’était il y a 70 ans aujourd’hui. Ne l’oublions pas…

 

 

 

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commentaires

coulomb thierry 05/09/2009 11:47

Dominique, cet article est très interessant même si  certains éléments de la fin de ton  propos notamment "sur Toute l’intense activité diplomatique de la France et de la Grande-Bretagne " ne doivent pas faire oublier le renoncement de 1938 à Munich que tu n'évoques pas ou peu (les sudètes) ..La France de Daladier y abandonne la Tchécoslovaquie avec laquelle elle avait passé un traité d'alliance afin de garantir ses frontières.Cette lacheté politique au nom du pragmatisme n'évitera cependant pas la guerre et renforcera encore Hitler. La plupart des formations politiques françaises seront munichoises, hormis les communistes. La SFIO suivra même si Blum se dira partagé entre « un lâche soulagement et la honte ». Cette division contribuera à la fin du front populaire.Je pense que Munich est aussi une leçon sur le renoncement politique aux valeurs, aux idéaux au nom des principes de réalisme..A méditer et à débattre notamment au sein de la sfio, je voulais dire au sein du PS, pour que le réalisme social démocrate puisse aussi etre empreint d'un idéal de coeur et de progrés face à l'idéal sarkosien.