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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 14:23

Cet après-midi dans l'hémicycle, le gouvernement de François Fillon demande la confiance des députés sur la réintégration  de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.

 

C'est un sujet très important qui ne passionne peut-être pas l'opinion  publique mais qui est essentiel pour l'avenir de notre pays et ses éventuels engagements militaires à venir. C'est un choix grave que veut imposer Nicolas Sarkozy. Voilà pourquoi le Groupe socialiste a décidé d'auditionner Lionel Jospin ce matin (qui n'y était pas venu depuis 2002 !).

 

Sur la réintégration dans l'OTAN, Lionel Jospin partage l'attitude d'opposition du Parti socialiste. La période entre 1997 et 2002, sur cette question, autorise des enseignements utiles.

 

Lionel Jospin a ainsi été frappé par la défensive du Président de la République : il ne se réclame en rien de la rupture et prétend se placer dans la continuité de ses prédécesseurs. Jacques Chirac a, c'est vrai, envisagé cette réintégration entre 1996 et 1997 mais il avait fixé des conditions, ce qui n'est pas le cas de Nicolas Sarkozy.

 

En 1997, Lionel Jospin avait indiqué clairement que son gouvernement ne le suivrait pas dans cette voie. La réintégration dans l'OTAN ne s'est pas faite.

 

François Mitterrand a consenti des rapprochements qui facilitaient l'interopérabilité de nos forces avec celles de nos alliés. Il n'a jamais remis en cause l'autonomie de décision dans l'engagement militaire ! Nicolas Sarkozy fait une rupture. Aucune des affirmations  qui ont cours dans la majorité n'est convaincante:

 

Ø      « Maintenir la posture actuelle de la France serait de l'anti-américanisme »: c'est absurde! On peut rester amis des Américains sans être subordonnés ;

 

Ø      « Nous affaiblissons par notre position la construction de la défense européenne ». C'est après avoir renoncé à la réintégration, à Saint-Malo en 1998 et à Cologne en 2001, que l'Europe de la Défense s'est renforcée à notre initiative !

 

Ø      « Après la réintégration, notre poids dans l'OTAN serait accru ». C'est erroné ! Certes, des généraux seront promus. Mais sans changement des règles de décision dans l'Alliance – que rien ne laisse supposer – nous ne pèserons pas davantage sur l'engagement des forces. Le Président nous propose de lâcher la proie pour l'ombre ;

 

Ø      « Le monde a changé, alors nous devons changer notre posture de défense ». Pourquoi renoncer à notre maîtrise alors que le monde est devenu plus complexe ? L'intention de Nicolas Sarkozy brise un consensus ancien et solide en matière de défense qui est toujours un atout pour un grand pays.

 

Comme le dit Lionel Jospin, « nous étions politiquement solidaires, militairement compatibles mais maîtres de nos décisions ». Cela ne sera plus le cas, si nous réintégrons le commandement de l'OTAN.

 

En outre, nous décevrons bien des pays sur la planète (cf. Brésil). La position du Président de la République est si éloignée des intérêts de la France que la représentation nationale ne l'aurait pas adoptée si on n'avait posé que cette seule question ! Il a été préféré de la noyer dans des questions de politique étrangère et dans un vote de confiance qui porte mal son nom !

 

C'est en ce sens que, ce soir, j'ai voté contre la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN et donc n'ai pas voté la confiance au gouvernement Fillon.

 

 

 

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commentaires

Augustin 19/03/2009 08:46

Je tiens à saluer la remarquable intervention que Laurent FABIUS a faite à ce sujet mardi, à l'Assemblée Nationale, au nom du Groupe Socialiste, Radical, et Citoyen.Incontestablement, l'ancien Premier Ministre de François MITTERAND a l'envergure d'un Président de la République et il a toute mon estime-que dis-je-mon admiration.J'espère qu'en 2012, il sera le candidat de TOUTE la Gauche à l'issue d'élections primaires qu'il sera indispensable d'organiser si on veut éviter la réélection du Prince-Président qui est au service exclusif des grandes forces d'argent.