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  • : Blog de dominique Baert
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 18:58

Certes, la situation n’est pas facile mais certaines données prêtent tout de même à l’optimisme. C’est ce que j’ai dit en substance lors de mon intervention, ce soir, au centre hospitalier de Wattrelos (dont je préside le conseil d’administration) à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de vœux, de remises de médailles du travail, et de mise à l'honneur des retraités.

 

l La situation n’est pas facile disais-je. En effet : quand on allume la radio, on entend « Hôpital en crise ! » ; quand on ouvre les magazines, on lit « L’hôpital va mal ! »… Un hebdomadaire satirique célèbre titrait même il y a quelques jours : « On achève bien les hostos – l’équipe Sarko exige des milliers de suppressions de postes »…

 

On peut comprendre, dès lors, qu’il y a un malaise dans l’institution, qu’il y a un mal-être du personnel soignant dans ce pays…

 

La série dramatique d’accidents et d’incidents à l’hôpital, ces derniers temps, ne peut manquer de nous interpeller : pourquoi cette succession de faits dramatiques ? Est-ce que la situation des hôpitaux publics en France, l’appauvrissement des moyens, les surcharges de travail imposées, les difficultés d’organisations y sont totalement étrangères ? Je ne le crois pas. Et mon trouble s’accroît lorsque je constate qu’indiscutablement, notre système de santé s’oriente vers une logique de privatisation croissante… à laquelle ces accidents risquent de profiter si on  n'y prend garde !

 

Au coeur du malaise, il y a bien sûr le déficit de la Sécurité sociale : 9,5 milliards de déficit en 2007, 10,5 annoncés en 2009 (ce sera en réalité 20 milliards)… sans pour cela que l’on ait accordé de moyens supplémentaires ! Cette somme s’ajoutera aux 100 milliards d’euros de déficit programmés de l’Etat, ce qui signifie qu’il faudra emprunter, et donc payer des charges d’intérêt… Un cercle vicieux qui conduira soit à une hausse des impôts, soit à une baisse des dépenses publiques et des dotations, et donc à davantage d’exclusion pour nos concitoyens !

 

Lorsque l’on sait que 60 % des hôpitaux publics de ce pays sont en déficit, tout comme la totalité des CHU, on aboutit au chiffre de 1,3 milliard de déficit cumulé des hôpitaux… alors que le bouclier fiscal continue généreusement de profiter aux plus fortunés, que les allègements d’impôts fleurissent et qu’on déplafonne le montant des travaux effectués dans les monuments historiques (on pourra désormais tout déduire de ses impôts : pratique pour ceux qui veulent rénover leur château !).

 

Oui, je le dis haut et fort : il y a un "état d’urgence" de l’hospitalisation publique dans ce pays ! Le décalage entre les recettes et les dépenses équivaut à la perte de 20 000 emplois dans les trois ans qui viennent, à la fermeture de services, d’établissements… alors que les cliniques privées dégagent toujours plus de super profits !

 

Troisième malaise : la nouvelle loi Hôpital, santé, patients et territoires. Cette loi va créer des agences régionales de santé : je n’ai rien contre cela. En revanche, ce qui me gêne davantage, c’est que par cette loi, le directeur pourra faire tout ce qu’il veut dans son hôpital sans tenir compte de l’avis du corps médical et du président du conseil d’administration (qui représente les intérêts de la population) comme c’est le cas actuellement ! C’est un mauvais coup porté à la gouvernance dans nos hôpitaux et je le dénonce !

 

l Heureusement, je le disais en préambule, il reste des raisons d’être optimiste car il y a aussi un contexte local. Et si j’étais réservé il y a deux ou trois ans, aujourd’hui, j’ai une vraie satisfaction de ne plus lire le nom de Wattrelos sur la liste des hôpitaux de France en danger. Nous sommes pratiquement à l’équilibre budgétaire ; en tout cas, nous sommes sortis de la zone de fragilité financière. Je le dis au personnel réuni devant moi : ils doivent être fiers comme je le suis que leurs efforts aient porté leurs fruits !

 

Comme ils doivent être fiers de leurs compétences, de leur dévouement, de leur savoir-faire : on ne fait pas profession de santé si on n’est pas passionné, et sans aucun doute, le personnel du centre hospitalier de Wattrelos l’est. D’ailleurs, je n’ai jamais rencontré un patient insatisfait du CH Wattrelos !

 

Cette situation assainie nous permet de considérer nos projets plus sereinement : modernisation de la surveillance continue ; affirmation de la qualité de la rééducation fonctionnelle (qu’on nous envie !) ; humanisation de la maison de retraite (avec la reconstruction de Saphir en ligne de mire) ; ouverture des 30 lits de soins de suite (pour laquelle j’interpellerai Roselyne Bachelot en séance à l’Assemblée car l’Etat doit nous aider) si structurants pour notre agglomération ; et groupement de coopération sanitaire à développer avec Mouscron afin de bâtir un triptyque Wattrelos-Roubaix-Mouscron…

 

Pour 2009, en présentant mes vœux à l’ensemble du personnel hospitalier, j’en ai également formé un pour la collectivité : qu’en 2009, il y  ait davantage d’argent en France pour l’hôpital public, que l’accès aux soins pour tous soit confirmé, avec la volonté d’aider chacun indépendamment de ses ressources … Si ce vœu se réalisait, alors 2009 aura été une année utile !

 

 

 

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