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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 10:24
Le Gouvernement a enfin reculé, il a retiré le CPE. Après deux mois de manifestations face à une posture d’intransigeance, la solution de bon sens l’a emporté. Tant mieux. Mais ce qui s’est passé ne restera pas sans rancœur, amertume et incompréhension.
Cela conservera aussi des traces institutionnelles et économiques, je le crains. Car au moment-même où il est fondamental pour notre pays de relancer sa machine économique, de redynamiser sa croissance (en effet, à + 1,4 % en 2005, elle est trop faible pour créer des emplois ; pis, elle en détruit : - 2,5 % dans l’industrie en 2005 !), comment les investisseurs vont-ils réagir ?
Or, cela fait trois ans que l’investissement des entreprises est médiocre : il est urgent qu’il redémarre. Sans investissement, pas de compétitivité, pas de production, et donc pas d’emplois demain.
Et quelle confiance les milieux économiques pourront-ils dorénavant porter à une politique économique d’Etat qui pilote à vue, qui annule lundi ce qu’elle avait décidé de changer mercredi après avoir dit pendant deux mois qu’elle ne modifierait rien. De ce point de vue, l’intervention du président de la République est préoccupante.
Passons encore sur le fait que le Président, gardien des institutions, vienne à la télévision pour dire qu’il promulgue la loi… tout en demandant immédiatement qu’elle ne soit pas appliquée. Depuis la dissolution de 1997 et le « non » au référendum, la lecture « gaulliste » de la Constitution n’était pas l’apanage de J. Chirac.
Mais que, lors de cette même intervention, le Président prenne la peine d’énoncer les « correctifs » qu’il juge nécessaires au CPE (sur la durée et sur la motivation du licenciement), pour ensuite demander aux responsables du groupe majoritaire UMP des deux assemblées de faire des propositions de modifications de la loi… et finalement, cinq jours plus tard, que constations-nous ? La parole présidentielle n’aura servi à rien… puisqu’il n’y a plus de CPE…
Tout cela laisse pantois, et pour tout dire groggy sur le fonctionnement et la crédibilité de nos institutions.
Quelle crédibilité reste-t-il à ce pouvoir pour mobiliser notre économie ? C’est un problème majeur : l’action de l’Etat est malade de la manière dont le pouvoir d’Etat a été exercé dans cette affaire ! Pourvu que je me trompe et que, malgré cela, la croissance sache repartir, car nous avons besoin d’emplois, en France, et dans nos villes.
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