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  • : Blog de dominique Baert
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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 09:29

Placé de fait au cœur de la présidence française, le non des Irlandais au traité simplifié de Lisbonne sonne le glas d'une ratification rapide dont, d'évidence, la Présidence française n'aura pas l'honneur. Sur le fond, ce non peut paraître paradoxal, compte tenu des bénéfices incontestables tirés de l’Union européenne, par l’Irlande, à travers les fonds structurels et une fiscalité avantageuse. L’Irlande a dit non pour la deuxième fois à un référendum traitant de l’Union européenne.

 

Un tel vote s’explique sans doute par une mauvaise campagne du oui, une faible mobilisation de ses tenants et naturellement une campagne efficace du non. Pour autant, la tonalité de cette campagne contre le traité de Lisbonne ne peut être assimilée à celle que nous avons connue lors du non français du 29 mai 2005. En Irlande, il s’agissait d’une campagne à dominante conservatrice qui a séduit un électorat plutôt conservateur et catholique. En France, nous avions plutôt affaire à un non social et sociologique.

 

Il faut éviter, face à cette décision du peuple irlandais, trois solutions, tout aussi négatives :

 

-         il n’est pas question de demander un nouveau vote, contrairement à ce qu’a préconisé un peu rapidement le Président de la commission européenne ;

 

-         la perspective d’une nouvelle renégociation ne semble pas non plus envisageable : l’Union européenne est fatiguée de cet exercice ;

 

-         enfin, il ne peut être question de continuer sans les Irlandais ; il s’agit donc de tenir pleinement compte de l’avis exprimé par une majorité de ce peuple.

 

Pour autant, je suis plutôt enclin à penser qu'il faut poursuivre le processus de ratification, tout en évitant toute tentation de passage en force.

 

Cette nouvelle déconvenue démocratique intervenue en Irlande traduit cependant un divorce évident entre les peuples et la logique communautaire, entre les peuples et les leaders européens. J'en suis convaincu.

 

Il importe donc de relancer au plus vite, au-delà des questions institutionnelles, un grand débat sur l’idéal européen. Et ainsi de surmonter le rejet systématique des peuples – que l'on observe  depuis quelques années –  vis-à-vis d’une Union européenne en grande difficulté. Celle-ci est en effet de plus en plus vécue comme une menace, comme une contrainte, voire comme un risque pour les acquis populaires. Il est donc urgent de refaire de la politique en Europe et pour l’Europe, et de s’évader des questions purement institutionnelles.

 

On voit bien aujourd'hui que la construction politique de l’Union européenne suppose un contenu économique, social et financier largement différent. Au vu des priorités que Nicolas Sarkozy a conféré à  la Présidence française (environnement, immigration, sécurité) je ne suis pas certain que celle-ci va modifier considérablement les choses ! Le contenu de l'agenda de la Présidence française ne répond ni aux attentes majeures des peuples ni aux besoins fondamentaux de l'Europe. Rien qui satisfasse les agriculteurs qui n'y arrivent plus, les pêcheurs étranglés financièrement, les salariés victimes de délocalisations, les citoyens écœurés des injustices fiscales, les entreprises qui voudraient bien s'appuyer sur des politiques de recherche et d'innovation puissantes, les économies qui ont besoin de gros investissements dans les infrastructures de transport... Rien donc de majeur ne peut être attendu qui puisse faire progresser l'Europe sociale, l'Europe de la recherche, l'Europe des citoyens.

 

Il devient urgent de redéfinir clairement le projet européen et de proposer davantage que la paix du continent. Si c'est un objectif nécessaire, il est loin d'être suffisant. L'Union européenne doit disposer d'un budget à la mesure de ses ambitions de cohésion interne et de solidarité internationale. Elle a besoin d'un projet fraternel, humaniste et solidaire. C'est pour ma part ce que j'attends de l'Union européenne.

 

 

 

 

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commentaires

Patrick Rose 06/07/2008 12:46

Bonjour,Ce n'est pas l'Irlande qui a dit "non", mais les Irlandais tout comme mon "non" n'était pas celui de la France mais celui d'un Citoyen Français qui avait, alors, encore toute sa liberté d'expression.Entendu sur les pavés lillois entre la Porte de Paris et la Péfecture le 17 juin  dernier :"Un sale traitéSur le sol IrlandaisOn ne le verra jamais !"Je serai très curieux de voir, à l'heure actuelle, le résultat d'un  même référendum démocratique en France.Salutations !.