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  • : Blog de dominique Baert
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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 20:48

Aux prises de position du ministre de l'Education nationale font écho des rapports et publications  qui paraissent ces temps-ci. Je viens ainsi de feuilleter le livre de Julien DAZAY (pseudonyme d'un inspecteur de l'Education nationale) qui annonce tout de suite la couleur : « Il faut fermer les écoles maternelles. Le plaidoyer d'un inspecteur de l'Education nationale ».  

 

Le ton de ces publications se veut volontiers pamphlétaire, comme pour mieux asséner leur propos : nous faire croire que l'école maternelle n'a aujourd'hui plus d'utilité ; que ses missions, hier pédagogiques, s'apparenteraient aujourd'hui à de la garderie!

 

En dépit de cette « vérité nouvelle », qui se présente comme moderne, l'école maternelle garde, j'en suis convaincu, toute sa place dans le système éducatif pour instruire les enfants d'aujourd'hui et préparer les adultes de demain.

 

La première mission de l'école maternelle est d'amorcer la démarche éducative, d'en être le premier maillon. L'entrée dès deux ans à l'école maternelle, comme nous la connaissons bien dans notre région, met ainsi l'enfant en situation de faire ses premiers apprentissages. Par là-même, l'entrée en maternelle est un facteur de sociabilisation, un facteur d'apprentissage des connaissances, notamment les « fondamentaux » comme le langage. L'école maternelle s'inscrit donc bien dans la chaîne de l'enseignement, et en cela elle porte en elle l'objectif et l'exigence de l'égalité des chances qui fondent la République. L'esprit de Jules Ferry est bien là !

 

Aux côtés des enfants, les enseignants y remplissent une fonction éducative, délivrant un véritable enseignement. Certains voudraient s'étonner que des enseignants bac + 5 encadrent nos « petits ». Or, c'est précisément parce qu'ils disposent d'une solide formation qu'ils sont à même de mettre en oeuvre des programmes, de mener une action pédagogique, garantissant ainsi la vocation de l'école maternelle.

 

L'école maternelle ne fait donc ni de la garderie ni de l'occupationnel ! Un tel discours vise surtout à donner une justification à la volonté - et à l'action ! - de désengagement de l'Etat, en matière d'éducation comme dans tant d'autres domaines. L'Etat ici n'a qu'une seule vision : une vision comptable et de court terme !

 

Car à vrai dire, cette attaque en règle sur les maternelles n'a qu'une seule vraie cause : faire des économies de postes sur les tous jeunes âges pour redéployer les effectifs ailleurs. Alors on habille de réflexions pédagogiques (d'où les fameux « rapports officiels ») ce qui n'est rien d'autre que la gestion d'une coupe, que dis-je, d'une pénurie budgétaire!

 

Et tous ces projets d'accès plus tardifs à l'école et de mise en cause des maternelles ont  surtout une conséquence cachée : si c'est une « garderie », ce n'est plus éducatif, et donc ce n'est plus du ressort de l'Etat, mais cela relève des collectivités locales, et d'abord et avant tout des communes ! Suivez mon regard, tous ces débats n'ont sans doute qu'un seul fondement : transférer vers les communes la charge de l'accueil et de la surveillance des enfants de deux ans et plus ! C'est donc un transfert programmé d'une charge supplémentaire vers les communes !

 

Une charge de plus pour les villes, mais sans ressources supplémentaires, soyons-en certains ! Comment vont-elles faire ? Et avec quel argent ?  

 

Dans notre région du Nord - Pas-de-Calais, dans nos villes, nous croyons en l'école maternelle, et dès l'âge de deux ans ! C'est chez nous une tradition. Pour ma part, je fais partie de ces enfants qui ont fait très tôt leurs premiers pas en maternelle. Pour moi comme pour tant d'autres, l'école au plus jeune âge fut une chance, une condition – certes non suffisante - mais nécessaire pour la réussite.

 

Sous prétexte de modernisation, ne laissons pas l'Etat démanteler l'école maternelle car elle est un maillon essentiel de l'école de la République !



 

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commentaires

J
Monsieur le Député Maire,J'approuve votre article à propos de l'école maternelle.
 
Comme vous je suis allé tôt à l'école maternelle et je m'en souviens même très bien. On aurait tort de sous estimer les capacités mémorielles des tous jeunes enfants et donc leur capacité à « apprendre » .
Nous avons tous fait des progrès de communication, de réflexion et d'apprentissage phénoménaux avec notre entrée à l'école maternelle. Je vois tous les jours de jeunes mamans qui me confortent dans l'idée que l'école maternelle est utile, très utile! Il n'est pas rare de s'entendre dire qu'un enfant qui ne parlait pas en août discute en décembre!
L'école n'est-elle pas - avec la maison - le lieu où l'enfant va se créer les premiers repères, apprendre à suivre des règles, se "sociabiliser"?
Fermer les écoles maternelles serait plus qu'une erreur, cela serait une catastrophe pour l'avenir des petits.
En général les enseignants sont formidables  et aiment leur métier, certains ont même encore « la vocation » même si elle se perd.
 
Bien qu'une enseignante ait brisé l'un de mes enfants en le méprisant et en le dévalorisant sans cesse dès son plus jeune âge, je veux dire mon admiration à la majorité de ces gens au service du savoir qui tous les jours participent à l'éveil de nos enfants.
 
L'école n'est pas une garderie et elle n'a pas vocation à le devenir. Tant les enseignants que les parents doivent se mobiliser pour défendre ce droit à l'instruction dès le plus jeune âge... Se mobiliser ne doit pas forcément dire « descendre dans les rues » mais principalement à inviter chacun à démontrer l'importance de l'école maternelle.
 
Je profite de l'occasion pour dire que notre ville, comme toutes les villes d'ailleurs, manque de places en crèche et en garderie. Reconnaissons que la création de telles structures coûte très cher et qu'il n'est donc pas facile de les mettre en place sans en faire subir le coût aux concitoyens. L'une des solutions permettant d'amoindrir la note serait sans doute le développement de crèches et de garderies au sein-même de groupements d'entreprises. Le financement serait alors, en grande partie, assuré par les entreprises. Les enfants seraient en sécurité, gardés par des professionnels, les parents seraient rassurés et les entreprises satisfaites de voir leurs salariés plus sereins au travail et le taux d'absentéisme diminuer - moins de problèmes de garde d'enfant - et donc plus «productifs» si j'ose dire...
 
C'est la concertation pouvoirs publics – entreprises, que ces dernières soient publiques ou privées, qui permettra de développer ces structures devenues indispensables... Appelons-en à celles et ceux qui détiennent le pouvoir d'engager les discussions et de participer ainsi à l'amélioration des conditions de vie des plus petits et de leurs parents.
 
Respectueusement,
 
Jean-François SOYEZ
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