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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 20:41

C'est depuis Londres que le Président de la République a annoncé l'envoi de 1000 militaires français supplémentaires, alors que nous, députés français représentant la Nation, étions tenus dans l'ignorance !

Par cet affront fait au peuple français et à la représentation nationale, la décision présidentielle méconnaît la démocratie ! Par sa mise en scène, d'abord. Mais, plus grave encore, sur le fond !

Souvenons-nous : le Président alors candidat à l'élection présidentielle avait déclaré que « la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne semble pas décisive », s’engageant par là-même à poursuivre la politique de rapatriement de nos forces armées entamée par son prédécesseur. Et un an plus tard, le candidat devenu Président, seul, sans information du Parlement, et semble-t-il contre l’avis d’une partie de l’Etat major des Armées, bouleverse la nature de l’engagement français en Afghanistan et le consensus national qui l’entourait.


Cet engagement reposait sur le droit de légitime défense collective reconnu par la charte des Nations Unies. Au lendemain des attentats du 11 septembre, il était alors du devoir de la France d’être aux côtés des Américains. Elle ne s’est pas dérobée. Et elle a eu raison.  


Aujourd'hui, c'est l'enlisement dans le conflit militaire qui guette la coalition internationale.

Par notre refus d'engager de nouvelles troupes militaires françaises en Afghanistan, nous, députés socialistes, ne cherchons pas à abandonner l’Afghanistan. Nous voulons vaincre les Talibans et Al Qaïda. Mais cette victoire ne pourra être acquise sans la redéfinition d’une stratégie d’ensemble où l’effort militaire et l’effort de développement s’accompagnent mutuellement.


Nous nous opposons à la décision du Président Sarkozy parce qu’elle exposera inutilement la vie de nos soldats dans de vains combats tant que l’intervention alliée n’aura pas été repensée. Car cette décision

transformera les unités françaises en forces combattantes de première ligne, alors même que la France l’a toujours refusé et l’a fait acter dans l’accord de 2003 avec ses alliés.


De plus, cette décision a peu à voir avec l’Afghanistan, et beaucoup avec l’obsession atlantiste du Président Sarkozy. Vouloir améliorer la relation avec l’Amérique est une bonne chose s’il s’agit d’un partenariat entre égaux qui respecte les identités et l’indépendance de chacun. Mais ce qui est en train de s’écrire est bien différent. C'est le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN que le Président est en train d’opérer ; c'est-à-dire un « alignement stratégique global » dont nous récusons la pertinence et l’opportunité pour notre pays.


Il ne peut y avoir d’autonomie de décisions dans une OTAN qui continue de refuser tout directoire partagé, tout pilier européen autonome de défense, toute volonté de contrôle politique et militaire extérieure aux Etats-Unis. Quelle que soit la bonne volonté du futur président aux Etats-Unis, la logique de puissance finit toujours par l’emporter au sein de l’OTAN.


Voilà pourquoi la rupture qu’est en train d’opérer Nicolas Sarkozy est inacceptable. Elle brise le consensus national sans aucun débat devant le pays.


C'est cette conception de la démocratie, qui n'associe pas les Français aux grandes décisions, qui méconnaît la représentation nationale, qui opère seul un alignement stratégique global contredisant le consensus national, que les socialistes dénoncent. Il y va de la défense de la démocratie. Voilà pourquoi mon groupe a déposé une motion de censure, et pourquoi cet après-midi je l'ai votée...



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