Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
  • Contact

Recherche

Articles Récents

12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 11:34
Voeux à l'Hôpital : un établissement en consolidation

Lors des vœux au personnel du Centre Hospitalier de Wattrelos, je me suis exprimé après les interventions du Directeur, Eric Kryzkala (ph. ci-dessous), et du Président de la Commission Médicale, le Dr Alain Strekker. Nous ne nous sommes pas concertés, mais avons exprimé, chacun à notre manière, la même chose : notre confiance dans l’établissement et dans sa consolidation en cours.Ainsi, après avoir rendu hommage aux disparus de l’année, et en particulier à cette « figure » de l’hôpital que fut Gérard Maguerre, j’ai d’abord décrypté pour l’assistance les grandes lignes de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2018 car cette loi est évidemment la toile de fond des questions sociales et hospitalières pour l’année.

Voeux à l'Hôpital : un établissement en consolidation

Outre la disparition du RSI (Régime Social des Indépendants), pour 2018 sont prévus :

Ø la poursuite de l’amélioration du déficit de la Sécurité Sociale.  De - 5,2 Mds € (dont 4,1 Mds € pour l’assurance-maladie) en 2017, celui-ci passerait à - 2,2 Mds€ en 2018. Le retour à l’équilibre est prévu pour 2020 (rappelons qu’en 2010 le déficit était de - 25 Mds € !) ;

Ø grâce à la réduction des déficits, enfin la baisse de la dette sociale se confirme. L’endettement de la CADES, qui est de 140,9 Mds € fin 2017 (au lieu de 155,7 Mds €, fin 2016), pourrait disparaitre en 2024 ;

Ø un ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance-Maladie) fixé à + 2,3 %, supérieur à celui des 3 années précédentes, qui représente un effort de +4,4 Mds € pour la couverture des soins. Pour les établissements de santé, l’évolution des recettes envisagée est à + 2,2 %, soit un niveau très supérieur à l’inflation.

Par ailleurs, avec ce texte, est lancé le chantier de modification des conditions de tarification (entre rémunération à l’acte, et tarification à l’activité, T2A), ce qui  peut avoir des incidences favorables sur certaines activités de notre Hôpital à Wattrelos.

Précisément, quelle est la situation du Centre Hospitalier de Wattrelos dans un tel contexte ? Il a ses faiblesses bien sûr, mais il n’a, à mon sens, jamais eu autant d’atouts.

Ses faiblesses sont connues : un déficit 2017 de 2 Millions € (c’est clairement un établissement qui vit sous perfusion de l’ARS – et donc de l’Etat – qui par ses subventions permet à l’Hôpital de faire face à ses charges) ; des difficultés d’organisation (ordonnancement des locaux, remplacement parfois difficile des médecins, coût de remplacement des absences, « mercato » entre établissements de santé qui pousse à la hausse le prix du recours à des médecins extérieurs).

Mais l’Hôpital a surtout des atouts : des compétences reconnues (surveillance continue, pôle cardio-vasculaire, rééducation) ; une dimension humaine qui plait aux patients et aux praticiens. Du coup, dans le Groupement Hospitalier de Territoire qui prépare sur la métropole son projet médical, là où les offres de soins vont se renforcer, il y a des places à prendre pour Wattrelos : lors du Comité des Elus, j’ai clairement entendu les responsables médicaux du GHT valider la priorisation métropolitaine du CHW pour le renforcement de la filière soins de suite (SSR), lequel s’ajoute aux lits gériatriques à haute valeur ajoutée et aux lits d’hospitalisation précoce post-opératoire qu’en accord avec ses voisins l’Hôpital de Wattrelos travaille à mettre en place.

Tout cela va dans le bon sens, validé par l’ARS, et soutenu par le GHT. Pour 2018, l’Hôpital doit donc : chercher à améliorer ses recettes (d’où l’élargissement de son offre de soins, avec ces nouveaux lits) ; sinon réduire, au moins maîtriser ses dépenses ; se porter candidat sur des spécialités d’avenir et rémunératrices (car un tel niveau de déficit ne pourrait perdurer longtemps). C’est sur une telle perspective d’ensemble qu’en lien avec l’ARS, l’accueil des « soins non programmés » est reconfiguré. Cela a été demandé avec insistance par l’ARS, validé par les médecins, et à l’unanimité (moins 1 voix) par le Conseil de surveillance de l’Hôpital le mois dernier.

De quoi s’agit-il ? D’une situation qui n’a rien de commun avec celle de 2013, car à l’époque c’est le maintien même de l’accueil d’urgence qui était en cause. Trois problématiques se posent aujourd’hui :

l budgétaire : en 2013, l’hôpital avait un déficit de 700 k€, en 2017 il est de 2 M€ ! La situation financière a changé ; l’établissement est sous perfusion de l’ARS, et c’est elle qui a la main. Si nous ne trouvons pas un accord global de redressement des comptes (avec notamment de nouvelles offres de soins qui amélioreront nos recettes), rien ne dit que ces subventions perdureront, et alors oui, l’hôpital serait confronté à des problèmes douloureux. Ce n’est pas ce que je veux, et ce n’est pas le cas aujourd’hui, heureusement, et ce ne le sera pas si on sait prendre les bonnes décisions !

l la sécurité la meilleure des patients : un accueil d’urgence suppose d’avoir la capacité technique, en analyse médicale et en appareils d’examens, pour établir le meilleur diagnostic. Cette posture technique est évidemment plus faible et moins réactive au milieu de la nuit par nature car nous ne conservons pas, par exemple, de radiologue sur place. Ma responsabilité de Maire, et de Président du Conseil de surveillance, c’est, en accord avec les médecins, de garantir la sécurité sinon absolue, la plus grande possible aux patients.

l enfin, la situation de 2013 n’est en rien comparable à celle d’aujourd’hui. Il faut se rappeler les faits. A l’époque nous avions un service « d’urgences » qui  n’avait aucune autorisation administrative, qui n’était un « appendice » du Service de Roubaix  qui ne pouvait (voulait ?) plus le faire fonctionner ! Alors nous étions confrontés à deux « oukases » : soit la fermeture complète, et donc la disparition pure et simple, de l’accueil d’urgences ; soit au moins la fermeture de nuit (mais de 18h à 6h du matin !). Ces deux scénarii étaient inacceptables, car Wattrelos voulait (et doit) conserver ses urgences (avec 14 000 passages par an, c’est indispensable !) ; d’autre part, une analyse des horaires prouve qu’en soirée c’est entre 17h et 22 heures que les passages sont les plus nombreux (retour à la maison, accidents domestiques…), et qu’il est impératif que cet accueil de proximité soit maintenu.

Alors, après bien des discussions avec le Cabinet de la Ministre, et le Directeur Général de l’ARS, Jean-Yves Grall, il avait été acté qu’était validé un « accueil de soins non programmés » à Wattrelos, ce qui autorisait des appels à des médecins extérieurs (et pas seulement urgentistes), avec une revalorisation tarifaire améliorée pour Wattrelos (dans l’accord avec le CH de Roubaix).

Aujourd’hui, nous ne sommes pas en 2013 : il n’est pas question de remettre en cause cet accueil de soins non programmés (si fondamental pour les besoins de la population, mais aussi pour l’apport de patients en médecine à l’hôpital !), non plus que de fermer à 18heures. L’accueil serait en revanche assuré jusqu’à minuit, soit pour la quasi-totalité des patients qui viennent aux urgences. Après minuit, les statistiques établissent les passages à 1,7 patient en moyenne par nuit (lesquels à ces heures-là viennent rarement « en voisin », mais davantage via le Samu, donc plus facilement susceptibles d’être accueillis dans un autre pôle d’urgences).

Telle est la réalité ! Il faut savoir le dire. Non je n’ai pas changé, je suis toujours le plus farouche défenseur de « mon » Hôpital de Wattrelos. Mais il faut savoir regarder la réalité en face, et ne pas jouer ni avec les peurs, ni avec l’avenir. Que faut-il faire ? Faut-il se battre pour garder un accueil de nuit entre 0 et 6h30 et risquer de tout perdre (le soutien de l’ARS et ses subventions, ses nouvelles autorisations d’offres de soins supplémentaires ?), ou rechercher les conditions d’un accord « gagnant/gagnant » pour l’Hôpital ? Avec la Direction et les médecins, j’ai choisi la seconde solution.

Les combats de trop, les combats pour rien, ou pire les combats pour faire couler le bateau ne m’intéressent pas !

Moi, ce que je vois, c’est que :

- il y a un payeur, l’ARS, qui permet à l’Hôpital de fonctionner pour l’instant, mais nous lui devons légitimement de travailler à l’amélioration de la situation financière de l’établissement (car la perfusion n’est pas certaine d’être pérenne) ;

- il y a pour le CHW des opportunités nouvelles qui s’ouvrent : au sein du GHT, le discours à l’égard de Wattrelos est clairement ouvert et positif : jouons nos cartes, et faisons avancer nos projets !

- il y a une volonté de conforter les urgences de Wattrelos dans un partenariat clair (enfin !) à 3, Roubaix, Tourcoing et Wattrelos : un tel accord, validé par l’ARS, est la meilleure chance pour Wattrelos de ne plus avoir de risque de disparition de ses urgences !

Voilà pourquoi, moi qui depuis 17 ans, préside le Centre Hospitalier de Wattrelos je suis en ce début 2018 le plus optimiste que jamais sur son avenir ! Un auteur, Gustave Le Bon, écrivait que « les bâtisseurs de croyances mènent l’histoire » : moi, l’Hôpital de Wattrelos, j’y crois !

Félicitations aux médaillés et retraités de l’année, et Bonne année à tous les personnels de l’Hôpital.

Voeux à l'Hôpital : un établissement en consolidation
Voeux à l'Hôpital : un établissement en consolidation

Partager cet article

Repost0

commentaires