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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 10:32

« Il y a une divinité horrible, tragique, exécrable, païenne. Cette divinité s’appelait Moloch chez les Hébreux et Teutatès chez les Celtes ; elle s’appelle à présent la peine de mort » (Victor Hugo).

La chute d’un dictateur est toujours une bonne nouvelle pour les hommes libres, de paix et de bonne volonté, et je n’ai aucun regret d’avoir vu disparaître le pouvoir de Saddam Hussein en Irak. L’exécution d’un homme de 70 ans ne saurait cependant être une bonne nouvelle pour notre civilisation, pour l’Humanité.

L’annonce de cette exécution, forcément médiatique, m’a choquée. Elle est une erreur politique, une faute humaine. Moi qui suis de la génération Mitterrand, moi qui pense que notre société française a fait un grand pas en avant le jour où, le 9 octobre 1981, le Garde des Sceaux Robert Badinter a fait voter par l’Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France, je suis profondément meurtri quand j’entends parler de peine capitale.

Je me souviens de quelques phrases de l’intervention brillante – de l’aveu de tous – de Robert Badinter à l’Assemblée :

« La France est grande (…) par l’éclat des idées, des causes, de la générosité qui l’ont emporté aux moments privilégiés de son histoire.

 

La France est grande parce qu’elle a été la première en Europe à abolir la torture (…).

 

La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l’esclavage, ce crime qui déshonore encore l’humanité.

 

Il se trouve que la France aura été (…) l'un des derniers pays, presque le dernier - et je baisse la voix pour le dire - en Europe occidentale à abolir la peine de mort. (…)

 

La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l'Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires. »

C’est-à-dire ce même système totalitaire qu’on a prétendu mettre à bas en destituant le dictateur Saddam Hussein !
Je reprends le fil du discours de Robert Badinter :

« Dans la réalité judiciaire, qu'est-ce que la peine de mort? Ce sont douze hommes et femmes (…), dans une démocratie, qui ont le droit de dire : celui-là doit vivre, celui-là doit mourir ! (…)

 

Le choix qui s'offre à [nos] consciences est donc clair : ou notre société refuse une justice qui tue et accepte d'assumer (…) la vie de ceux qui font horreur, déments ou criminels ou les deux à la fois, et c'est le choix de l'abolition ; ou cette société croit, en dépit de l'expérience des siècles, faire disparaître le crime avec le criminel, et c'est l'élimination. Cette justice d'élimination, cette justice d'angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard, nous la refusons (…) parce qu'elle est pour nous l'anti-justice, parce qu'elle est la passion et la peur triomphant de la raison et de l'humanité. »

Certes, on pourrait discourir durant des heures de la peine de mort ; chacun a son opinion à ce sujet et je respecte la diversité de ces opinions.

Pour ma part, je reste persuadé qu’une Justice qui n’a pas d’autre réponse que la peine de mort à apporter à toutes celles et ceux qu’elle défend et protège est une Justice inaccomplie.

Saddam Hussein a été exécuté. Pendant ce temps, un autre dictateur tristement célèbre et protégé par la CIA celui-là, Augusto Pinochet, mourait dans son lit…

Je ressens un malaise, un mal-être…

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Publié par Dominique Baert - dans Divers
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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 09:26
Je suis particulièrement attaché aux cérémonies de commémoration marquant la fin des conflits de notre histoire contemporaine.
J’ai, en effet, un infini respect pour toutes celles et ceux qui se sont battus pour la paix et notre liberté d’aujourd’hui. Ce 11 novembre, j’ai donc déposé avec émotion des gerbes de fleurs, comme je le fais tous les ans, dans les deux cimetières de la ville, puis j’ai pris la parole pour rappeler l’ampleur du désastre provoqué entre 1914 et 1918 : 4 ans de combats, 9 millions de morts.
Cette première guerre mondiale reste fascinante d’horreur, consternante de folie et continue d’inspirer auteurs et réalisateurs, comme ce long-métrage sorti cette semaine sur les écrans de cinéma, « Les fragments d’Antonin », ou comme le film dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines, « Indigènes ».
Il est important que la production audiovisuelle puisse évoquer régulièrement ce drame humain car, si des paroles doivent être prononcées, chacun s’accorde à reconnaître que la force de l’image, dans notre société moderne, est incomparable.
S’ils sont lointains, les témoignages des combattants de la première guerre mondiale restent poignants : les tranchées, où furent versés des sangs de toutes les origines, sont funestement gravées dans notre mémoire collective comme un terrible symbole. La vie sous terre, au milieu des morts et des rats, avec cet incessant bruit d’obus qui crève les tympans, dans le froid et dans le noir, sans eau…
Une lettre d’un soldat que je lisais il y a peu évoquait ainsi les « épouvantables odeurs de putréfaction des cadavres », « la puanteur des grenades de soufre et de phosphore », « le feu des batteries » et les « états de désespoir » des soldats…
C’est ce que ces hommes surtout, ces femmes parfois, ont enduré.
Aujourd’hui, comme hier et comme demain, le devoir de mémoire doit s’exercer : nous devons nous souvenir et associer à ce souvenir tous les combattants qui ont défendu la paix et la liberté dans les autres conflits dans lesquels la France s’est engagée.
A cet égard, deux préoccupations sont à évoquer, deux maux d’actualité dans ce monde toujours dangereux, en équilibre toujours instable : le terrorisme et la menace nucléaire.
Le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, constitue assurément l’une des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité. Il tue des innocents et fragilise les Etats ; face à lui, il importe d’être déterminé.
On ne justifie pas le terrorisme. On ne transige pas avec le terrorisme. On le combat.  Car aucun prétexte ne peut légitimer le recours à l’attentat terroriste. Les revendications nationales, politiques, religieuses, sociales, avancées par les terroristes pour justifier leurs crimes ne sont justifiables auprès d’aucun tribunal de l’Histoire. Car rien n’autorise jamais à prendre pour cibles des populations civiles, à attaquer lâchement des innocents.
Certes, vaincre le terrorisme prendra du temps, demande un effort constant de toute la communauté internationale. Contre les forces de haine déployées à travers le monde, liées par des réseaux occultes qui tirent parti des technologies modernes, abritées par des pays complices ou impuissants, alliées aux trafiquants de drogue et aux mafias, il nous faut serrer les rangs.
Les terroristes s’imaginent toujours que les démocraties sont lâches et velléitaires. Oui, nos démocraties sont lentes à la colère, elles préfèrent la paix à la guerre, elles débattent avant d’agir. Mais l’histoire démontre que lorsqu’elles sont attaquées dans ce qu’elles ont de plus précieux, leur liberté et leur sécurité, elles savent être combatives et efficaces, car un peuple souverain se bat toujours mieux qu’un peuple soumis.
Quant à la menace nucléaire, on a longtemps pensé que la dissuasion suffisait à protéger nos contrées. Ce fut le cas durant 50 ans : elle nous a préservé – parfois de peu ! – des ravages d’une troisième guerre mondiale. Mais plus personne aujourd’hui ne peut penser qu’il s’agisse d’une protection suffisante : les récents essais nord-coréens ont mis en lumière cette évidence.
Chacun y pense : la dissémination nucléaire peut induire des comportements criminels qui, alliés au terrorisme, peuvent déséquilibrer le monde.
Et ce n’est pas négligeable ! Car quoique peu probable, le risque d'attentat nucléaire ne peut être écarté.
Bien sûr, il est difficilement envisageable qu'un réseau terroriste puisse se doter d'armes nucléaires sans le soutien d'un pays déjà doté. Mais la vigilance et la prudence restent de mise, plus que jamais. N’oublions jamais qu’il ne manque pas de forces cachées, ou d’intérêts en embuscade pour mettre à mal l’équilibre du monde, et tirer des situations de crise, de substantiels profits financiers.
Le risque géopolitique de la course à l’armement nucléaire a apparemment fortement chuté depuis 25 ans. L'Afrique du Sud, l'Argentine et le Brésil ont stoppé leurs programmes. Les trois républiques de l'ex-URSS, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan, ont restitué leur arsenal à la Russie, et certains pays comme la Libye ou l'Irak ont abandonné la partie sous la pression internationale. En revanche, les experts estiment crédible le détournement terroriste de matériaux radioactifs. Il ne s'agirait pas alors de bombes mais, on parle en ce cas d'armes « sales ».
Hélas, je crains que le combat pour la paix soit, hélas, toujours un combat d’avenir. Et à notre échelle, nous autres Français sommes engagés dans ce combat : nos soldats se trouvent en Afghanistan, au Kosovo et ailleurs dans les Balkans, en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique, au Liban… Ils méritent notre hommage et leur dire combien leur mission est importante, décisive. Combien ils sont utiles, combien ils portent l’image de notre pays, son drapeau et ses valeurs. Car si la paix est difficile à construire, bâtir un monde plus juste, plus solidaire, plus humain est une nécessité.
C’est pour ce monde–là que les soldats de la guerre 14-18 se sont battus ; c’est pour ce monde-là que nous nous battons aujourd’hui, à notre manière, afin que les discours intolérants, les tentations de repli sur soi et de désignation de boucs-émissaires cristallisant tous les maux de notre société ne trouvent plus d’écho, particulièrement lors des consultations électorales.
En Europe, cela existe ; pour l’Europe, c’est un défi ! Près de chez nous, en Flandre, cela existe, chez nous aussi. Et cela mine, cela gangrène… les quartiers, les villes, les campagnes aussi, nos démocraties surtout ! Et la démocratie, c’est chacun de nous, c’est nous tous ! La menace concerne tout le monde !
Car enfin, qui peut oublier que lutter contre la xénophobie, le racisme, c’est se souvenir que le rejet de l’étranger, parce que sa couleur de peau, sa culture, sa religion ou tout simplement sa nationalité étaient différentes, a fait des millions de morts au XXème siècle, et qu’il continue à tuer aujourd’hui ?
Comme le disait Albert EINSTEIN, je crains que « les amères leçons du passé doivent être réapprises sans cesse ».
Alors oui, commémorons, déposons des gerbes, témoignons, débattons, rappelons, rappelons les horreurs de la guerre, rappelons les longues listes de morts, ces jeunes trop vite disparus, fauchés trop tôt dans leur vie, rappelons les désastres et les traumatismes, rappelons les « gueules cassées » et rappelons les peurs, les souffrances des combattants car cette histoire est épouvantable, mais elle est vraie, terriblement vraie !
Il ne faut pas la cacher ; elle doit porter témoignage aux générations futures, à nos enfants.
Du plus profond de moi-même, je voudrais croire que l’épouvante de la guerre, de toutes les guerres, puisse nourrir à jamais l’amour de la paix. Je n’ai pas d’espérance plus grande, plus forte. Comme je n’ai pas de conviction plus grande, plus forte que celle qu’exprimait un auteur qui s’appelle Le Bailly et qui écrivait : « Le plus grand de tous les bienfaits, c’est la paix ».
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 08:48
Les cahiers de vacances sont rangés et je suis revenu à la table de travail, raison pour laquelle je n’ai pas pu alimenter mon blog comme je l’aurais souhaité.
Et je suis au boulot avec ténacité et énergie car il y a à faire, beaucoup à faire. D’autant que cet automne est important, très important et même décisif pour l’une de mes passions : ma ville
Car je compte bien continuer à faire « bouger » ma bonne ville de Wattrelos, c’est-à-dire continuer à préparer son avenir et celui de ses habitants : bon nombre de dossiers vont s’accélérer en cet automne. Et Wattrelos aura des rendez-vous décisifs ces prochains mois avec son avenir.
C’est pourquoi je suis à la fois attentif et combatif.
 
-         Attentif aux conséquences et aux dégâts de la politique gouvernementale dans la population, attentif aux difficultés de nos concitoyens. Lors de mes permanences, je rencontre des habitants en situation de détresse sociale, des gens qui éprouvent des difficultés de paiement pour la cantine des enfants dès la rentrée…
Je constate que le nombre de RMIstes est en hausse (+ de 30 % en deux ans !), que les enfants accueillis dans nos centres aérés ont été plus nombreux cet été, ce qui signifie qu’ils ne sont pas partis en vacances.
J’observe aussi que la baisse du chômage annoncée ne doit pas faire illusion car la pauvreté progresse, que les financements des associations qui travaillent avec la population ont été revus à la baisse, avec des incertitudes majeures portant sur le remplacement du Contrat Ville, sur le Contrat Enfance / Jeunesse, sur le soutien de la Caf aux centres sociaux…
Dans ce contexte difficile, nous ne sommes guère aidés. J’en veux pour preuve l’appauvrissement inacceptable des services publics d’Etat sur notre territoire : fermeture de notre centre d’information et d’orientation transféré sur Roubaix, et suppression des permanences de la CAF (il y a six mois, c’étaient celles des impôts…).
En matière de ressources, de graves injustices perdurent : pas de zone franche, et une réforme de la dotation de solidarité urbaine handicapante pour la ville qui se retrouve au taquet minimal. Le compte n’y est pas : Wattrelos est maltraitée par la politique gouvernementale.
 
-         Mais je ne me résigne pas et suis plus combatif que jamais. Cette énergie est nécessaire car en cet automne, Wattrelos va connaître des semaines et des mois décisifs, à la fois pour le redéveloppement économique, pour le renouvellement urbain et pour le cadre de vie.
 
o       le redéveloppement économique : avec quelque 600 emplois perdus ces cinq ou six dernières années sur notre territoire (Filatures Saint-Liévin, Brant Galva, Saint-Maclou, Terken…), j’ai tout fait pour accueillir de nouvelles entreprises, de préférence industrielles. Je suis fier d’annoncer que de grandes enseignes sont en train de préparer leur implantation à Wattrelos : quatre d’entre elles finalisent leur projet. Après Avez Ferblanterie et Transpole au Beck et à la Carluyère, nous accueillons Spie Batignolle au Beck, mais aussi une grande enseigne qui occupera les deux tiers du parc du Winhoute, sans oublier un gros projet actuellement en cours de montage sur l’énorme site de La Lainière. Au total, j’espère la localisation supplémentaire sur la ville de 1600 à 1700 emplois à l’horizon 2009 : nous effacerions ainsi… 15 ans de suppressions d’emplois ! Attention : je ne suis pas en train d’affirmer qu’il n’y aura que des créations d’emplois (il y en aura, évidemment), mais le taux de rotation du personnel profitera assurément directement aux Wattrelosiens. Quant à toutes les entreprises évoquées, dont l’agglomération est le berceau, c’est un bon moyen de consolider leur activité. Ma mission première de l’automne est de faire aboutir ces projets. Avec 19 % de demandeurs d’emploi à Wattrelos, l’emploi est ma priorité absolue !
 
o       Le renouvellement urbain : j’ai rencontré longuement Jean-Louis Borloo récemment et je peux dire que tous les obstacles sont maintenant levés pour que l’Etat vienne enfin signer la convention financière permettant la poursuite de la rénovation de Beaulieu (dossier ANRU : 154 millions d’euros au total, un tiers de réalisations déjà effectué). La signature devrait intervenir mi-novembre ; si une date plus proche est possible, je suis preneur ! Mais le renouvellement urbain, ce n’est pas seulement Beaulieu, cela concerne également d’autres quartiers, comme le Crétinier par exemple. Ainsi, le site du Peignage Amédée va pouvoir commencer à être aménagé, la Cité des Sports est en cours de construction, un lotissement de Lille Métropole Habitat va voir le jour sur les anciens parkings de La Lainière. Je ne suis pas Martin Luther King mais « j’ai fait un rêve » : qu’en 2009, le quartier du Crétinier soit redessiné.
 
o       Le cadre de vie : le site Kuhlmann va connaître une requalification prioritaire. C’est une épée de Damoclès pour la santé publique et pour les finances communales qui disparaît. Cet automne va également se mettre en place le tri sélectif (j’en parle par ailleurs sur ce blog). Enfin, en matière de sécurité, cette rentrée est préoccupante. Je continue de réclamer des policiers, encore et toujours : les effectifs à Wattrelos et Leers sont toujours inférieurs à ce qu’ils étaient en avril 2002 ! La suppression brutale de la police de proximité est une erreur dramatique ! Et la demande d’un poste de police à Beaulieu reste toujours sans écho auprès de l’Etat. Bref, trop peu de présence sur le terrain, trop peu de moyens : dans ce domaine-là non plus, Wattrelos n’a pas son dû. Mais la sécurité, c’est aussi la justice et le droit. C’est la raison pour laquelle je suis particulièrement ravi que s’ouvre, ces prochaines semaines, le Point d’Accès au Droit en centre-ville, où se tiendront des permanences de professionnels (un deuxième délégué du Procureur de la République arrive) afin que chaque citoyen puisse trouver l’information gratuite sur ses droits et ses devoirs. C’est un nouveau service public de proximité très utile.
 
On le voit, il y a du pain sur la planche. Mais quand je regarde en arrière et que je feuillette notre Grand Projet de Territoire, élaboré en 1999, devenu Grand Projet de Ville par la suite, je me rends compte que tout ce que mon prédécesseur Alain Faugaret et moi-même avions annoncé lorsqu’ensemble nous préparions ce GPT, nous l’avons fait ! Diversification dans la qualité de l’habitat, désenclavement routier, redéveloppement économique (aménagement de parcs d’activités en cours, reconquête des friches industrielles très prochainement), réduction des écarts sociaux pour une ville plus humaine… Tout cela était dans nos plans : nous avons respecté la feuille de route méthodiquement, progressivement. J’ai pris ma part de responsabilité dans le respect de ces engagements, et si c’est une satisfaction, une fierté, ce n’est certainement pas un aboutissement. Continuons !
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 08:46
C’est une séance de conseil municipal peu ordinaire que j’ai conduite hier soir.
En première partie s’est en effet tenue lieu une session d’information sur la mise en place du tri sélectif des ordures ménagères, information présentée par mon sympathique collègue de LMCU, Paul Deffontaine, Vice-Président chargé de la collecte des résidus urbains, accompagné d’une spécialiste de la Direction Communautaire des Résidus Urbains.
J’ai tenu à rappeler dans un propos liminaire que c’est en 1992 que Lille Métropole Communauté Urbaine a défini ses orientations, en matière de gestion des résidus urbains, par le triptyque : jeter moins, trier plus, traiter mieux.
Cela s’est concrétisé par l’adoption à l’unanimité, en juin 1992, du Schéma Global de collecte et traitement des Résidus Urbains destiné à sauvegarder l’environnement et à protéger les ressources. La mise en place de la collecte sélective sur l’ensemble de la communauté, décidée depuis cette date, a depuis fait l’objet d’une mise en place progressive et prudente.
Ainsi, de 1992 à 2001, celle-ci a concerné les communes rurales et moyennes (soit 5 tranches, 600 000 habitants, 50% de la population). Mais, rapidement, il est apparu que le principe des containers compartimentés était difficilement applicable aux milieux urbains plus denses.
Ainsi, en 1999 la ville de Wattrelos a fait part de ses inquiétudes et demandé à surseoir à la mise en place sur son territoire et à étudier un dispositif plus adapté à sa typologie. Sursis accepté.
Durant ce temps, Lille Métropole Communauté Urbaine, de 2001 à 2004, en a profité pour expérimenter d’autres méthodes en hyper centre (à Lille notamment, et Roubaix).
De sorte qu’en 2005, avec des moyens plus adaptés (mini-bacs et sacs plastiques quand cela est nécessaire), la mise en place a pu reprendre par une 6ème tranche urbaine de 50 000 habitants.
En 2006, en fin de parcours, c’est maintenant le tour de Wattrelos. Ainsi, les 16 142 foyers qui composent notre ville pourront bénéficier de l’expérience des autres collectivités. Toutefois, ce n’est pas sans appréhension que le maire que je suis et les élus wattrelosiens envisagent la mutation des collectes de résidus urbains. Car nous avons un habitat typé, marqué ô combien par le passé industriel, et nous savons que des difficultés pratiques surgiront.
Alors, le mandat est simple : résoudre les problèmes pratiques au maximum, et pour cela écouter, comprendre, expliquer.
J’y tiens énormément.
Car, bien sûr, cette réforme est nécessaire, indispensable (il n’y a pas de plus grand défi pour une métropole d’un million d’habitants comme la nôtre que de traiter ses déchets en respectant l’environnement, c’est-à-dire le cadre de vie que nous laisserons à nos enfants).
Mais si elle est faite pour les habitants, cette réforme ne peut se réussir qu’avec les habitants.
Je souhaite que tout soit fait pour qu’on y parvienne. L’enjeu est d’importance.
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 15:36
Comme j’ai l’habitude de le faire, j’ai reçu dimanche à l’Hôtel de ville les enseignants qui ont fait valoir leur droit à la retraite ou qui nous quittent pour d’autres communes.
Il y avait de la décontraction dans l’air en cette fin d’année scolaire : comme une petite musique faisant entendre – avec un peu d’anticipation quand même – non pas les notes de la fameuse chanson de Sheila L’école est finie (que j’avais en tête pour l’avoir entendue la veille à la fête de l’école Jean-Zay) mais les chants de la chorale des instits, qui se produit chaque année en l’honneur des collègues.
Je leur ai dit ma reconnaissance, à tous ces enseignants, celle du Conseil municipal. Un merci qui s’adresse à toute la communauté éducative, laquelle accomplit un travail fondamental, décisif, dans chacun de nos établissements scolaires.
Cette communauté fait vivre à Wattrelos un projet militant de toute première importance : préparer l’avenir de nos enfants.
S’il faut communiquer, et approfondir, les « fondamentaux » de l’enseignement, il est nécessaire d’intéresser les enfants avec ce qui donne un sens à leur vie, ce supplément non exprimé dans les manuels, qui fait réfléchir, qui fait ressentir, qui formera des êtres de cœur et pas simplement des machines à réciter des matières techniques.
Il ne peut pas, à mon sens, y avoir d’autre priorité plus fondamentale dans notre société que la réduction des écarts sociaux. Et à celle-ci concourt directement la réduction des inégalités d’accès à l’éducation et au savoir, au coeur des préoccupations municipales.
LA première des priorités de la Municipalité que je conduis.
Malheureusement, nous sommes contraints de conduire notre barque entre les tromperies et les renoncements de l’Etat.
Ces tromperies, j’en vois au moins de trois sortes :
-                     la tromperie « erreur de calcul » : celle qui a installé dans nos écoles des assistants d’éducation bien moins nombreux que les aide-éducateurs d’hier. Le compte n’y est pas ! On a perdu de l’encadrement dans nos écoles.
-                     la tromperie « rideau de fumée » : celle qui, pour certains collèges en France, évoque leur classement en « Ambition Réussite », et qui fait prélever sur des collèges en ZEP (comme c’est le cas sur Nadaud et Neruda) les équivalents en postes pour servir ces collèges. Ici, à Wattrelos, on ne veut pas nous donner « d’ambitions », on ne nous offre que des déceptions. Incompréhensible !
-                     la tromperie « marché de dupe » : celle qui nous promet un Projet de Réussite Educative pour nos écoles, projet que nous concertons, discutons avec les représentants à la Caisse des Ecoles et tous les acteurs éducatifs de la ville… un projet qui, lorsqu’il arrive devant les instances de l’Etat, se voit imposer un retard sur sa mise en œuvre, et pis que tout, le refus de 50 % des actions proposées ! Finies bon nombre d’actions du contrat ville-lecture, du contrat éducatif local, du contrat ville…
Je suis amer de constater, par exemple, qu’on nous refuse les interventions de notre école municipale des sports, la si utile semaine du petit déjeuner, ou les activités scientifiques pourtant si réclamées par tous.
Tromperies disais-je ? Sachons qu’elles se renforcent d’autant de renoncements ! Ces renoncements, au nombre de deux, me préoccupent pour la rentrée à venir :
-                     d’abord la décision de Mme la Rectrice de fermer notre Centre d’Information et d’Orientation. Unanime, le Conseil municipal avait voté son souhait de le maintenir ! Malgré l’avis des élus sur le terrain, on ferme ! c’est un appauvrissement inacceptable pour l’égalité réelle des chances !
-                     ensuite, second renoncement, indolore aujourd’hui car ce n’est qu’une annonce, mais dont je redoute la dureté quand cela s’appliquera : la préparation du Budget 2007 de l’Etat, avec les 15 000 suppressions de postes de fonctionnaires en 2007, et en particulier celle des 8 500 postes prévus dans l’Education Nationale. On a déjà vu dans notre Académie ce que donne cette année une réduction trois fois moindre ! Gare à l’avenir !
Parce qu’elle est la société, parce qu’elle est dans la société, l’école vit comme la société.
Et quand certains veulent changer la société, ils touchent bien sûr à l’école. Quand ils veulent réduire la part des services publics, ils appauvrissent celle qui revient à l’école.
Mais à l’inverse, d’autres savent que quand la société souffre, l’école souffre aussi, car elle est le creuset des habitants, des familles, de leurs difficultés, de leurs souffrances. Elle est la digue de la cohésion sociale républicaine.
Voilà pourquoi, justement, il est primordial que non seulement l’appui à la cause, à la communauté éducative se maintienne, mais se renforce. C’est notre fonction, ici à Wattrelos. Enfant, j’aimais l’école. Devenu maire, j’aime encore l’école et je respecte les enseignants, car leur mission est noble est essentielle.
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 14:30
Dimanche, je recevais à l’Hôtel de ville huit mamans wattrelosiennes à l’occasion de la Fête des Mères. Huit mamans de familles nombreuses à qui j’ai décerné la médaille de la Famille Française… tout en ayant une pensée pour ma maman à moi, bien sûr.
A titre personnel, je n’ai mesuré que bien tard ce qu’était la vie de ma mère qui, ouvrière textile près de la gare de Roubaix, alors qu’elle n’avait qu’une heure et demie de pause pour le déjeuner, revenait chaque jour à vélo, par tous temps, pour préparer le repas de ses deux gamins – dont j’étais – avant de repartir dare-dare sur sa machine. Un souvenir pour moi parmi tant d’autres. Une image comme tant d’autres anciens enfants en ont !
A Wattrelos, on met les mamans à l’honneur depuis très longtemps, et à juste titre : cette tradition, au même titre que mes prédécesseurs, j’y suis tout attaché.
Car les mamans sont, au sens premier du terme, exemplaires : choyer, entourer, par delà les grands et les petits soucis de la vie quotidienne, c’est un sacré défi et on ne le dira jamais assez.
Et fonder une famille, mettre des enfants au monde et les élever ne constitue pas une entreprise de tout repos. Dans un contexte d’incertitude économique comme celui que nous connaissons un peu plus particulièrement à Wattrelos, c’est un acte de foi.
Tout cela, je l’ai dit à « mes » mamans dimanche matin à l’Hôtel de ville, ainsi qu’à celles qui sont actuellement hospitalisées au centre hospitalier de la ville et à qui je suis allé rendre visite.
Mais je veux élargir ici mon propos en évoquant les droits des femmes, acquis par de lentes avancées successives, elles-même menées par de longs combats pour que la femme puisse avoir dans notre société la place, toute la place qu’elle mérite. A ce sujet, je suis inquiet. Pour plusieurs raisons. Je m’explique.
L’enfant, la mère, la famille : tout cela, c’est le socle de notre société. Mais depuis quelques temps j’entends, ça et là, sur nos chaînes nationales, qu’avant même leurs 3 ans, des enfants sont des délinquants en puissance. On nous pointe les parents des enfants, des « jeunes » comme l’on dit, qui fautent, non plus seulement comme des responsables mais comme des coupables. Mais alors, comment comprendre les décisions qui sont prises, comment comprendre certaines propositions ? Comment comprendre par exemple qu’une loi, la loi Fillon sur l’école, reporte de 2 à 3 ans l’inscription à l’école des jeunes enfants ? Comment croire que c’est en menaçant d’aggraver les difficultés matérielles de parents déjà durement frappés par les accidents de la vie, parfois accablés par les problèmes du chômage, que la collectivité les amènera à prendre en charge leur mission éducative et à assumer leur indispensable fonction d’autorité auprès des jeunes ?
Je ne crois pas que ce soit seulement en tapant sur la tête de parents, souvent déjà en difficulté, qu’on facilitera l’éducation à la vie, et à la vie en société, de nos jeunes !
Bien sûr, les parents ont un rôle primordial pour initier leurs enfants aux règles de cette vie sociale, pour leur enseigner la civilité, bref pour leur dire ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, et faire d’eux des citoyens à part entière. Personne d’autre ne peut le faire à la place des parents, ni l’école, ni la commune, ni la police…
C’est précisément pourquoi je suis convaincu que la première, peut-être la plus fondamentale, des responsabilités des autorités publiques, c’est de tout faire pour aider les parents à pouvoir exercer convenablement leur rôle de parents.
C’est ce que nous faisons à Wattrelos, par le biais de notre Maison des Parents par exemple. Des parents qui sont également au cœur du projet d’établissement de nos crèches existantes et à venir, et qui devront surtout être le noyau dur de notre prochain Contrat Enfance avec la Caisse d’Allocations Familiales.
Ce sont des choix politiques. J’espère qu’ils retrouveront, dans un avenir qui n’est plus si éloigné, un écho au niveau national…
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 16:24
Le 1er Mai n’est pas n’importe quel jour. C’est un jour important, pour le monde du travail, ici dans notre agglomération, dans notre pays mais aussi sur toute la planète. Partout il est le souvenir de luttes, de manifestations pour la défense des droits des travailleurs, partout il est le symbole du droit du travail et des règles sociales qui préservent, qui protègent, qui soutiennent celles et ceux qui n’ont que leurs bras, leur créativité, leur labeur pour seule force de travail.
Alors, bien sûr, pour moi ce n’est pas un jour comme les autres. D’abord, parce que j’ai eu le plaisir de présider la cérémonie de remise des médailles du travail au CSE ; ensuite parce que ce 1er mai 2006 est sans doute particulièrement important.
En effet, en cette année 2006, dans le contexte social et politique qui est le sien, après les décisions prises de régression sociale, après les tensions urbaines, après plus de 2 mois de volumineuses manifestations de rues, et alors même que la pauvreté n’a jamais autant progressé dans notre pays que depuis 2003, cette année 2006 ne peut pas ne pas nous rappeler notre passé.
Je n’ai pas le culte des dates anniversaires. Mais, regarder derrière nous, regarder d’où nous venons, aide souvent à comprendre où nous en sommes.
En 1906, il y a un siècle, le 10 mars se produisit à Courrières, dans le Pas-de-Calais, aux petites heures du matin, l’une des catastrophes les plus meurtrières de toute l’histoire mondiale des mines : 1 100 morts ! Cent ans plus tard, nous devons nous souvenir de toutes ces victimes, de leurs familles et de leur douleur. Aujourd’hui encore, nous les avons en mémoire, ces mineurs qui ont perdu leur vie pour le travail.
Mais, 1906, c’est aussi pour la 1ère fois depuis la République, l’institution par Georges Clémenceau, par un décret du 25 Avril, d’un Ministère du Travail et de la prévoyance sociale. Il aura fort à faire, un siècle durant.
Date-clé dans l’histoire des avancées sociales de ce pays, 1936 !
Il y a tout juste 70 ans, par les élections législatives des 26 avril et 3 mai, le Front Populaire de Léon Blum arrive au pouvoir. Un vent d’espérance, de liberté traverse le monde ouvrier, en grève pour conforter ses droits, qui demande à être simplement respecté, reconnu, et qu’à travers une certaine presse, une part de la bourgeoisie qualifie pourtant de « salopards en casquette ». Oui, la tension sociale est vive, la lutte des classes est forte, mais la vie du peuple va changer ! Ici aussi, ici surtout…
Aux Accords Matignon du 7 juin succèdent l’établissement de contrats collectifs de travail, l’instauration de délégués du personnel, les lois sur les 40 heures et les deux semaines de congés payés !
A ces premiers congés payés qui voient, de toute notre agglomération, partir des trains entiers pour convoyer des familles wattrelosiennes, roubaisiennes, vers la mer !
N’oublions pas ces moments-là, si chèrement acquis par nos anciens. Voilà pourquoi, pour qu’on s’en souvienne, lors de la cérémonie des médailles du travail ce 1er mai, j’ai demandé que, par des panneaux disposés dans la galerie à l’entrée de la salle du CSE, des coupures de presse d’il y a 70 ans rappellent ce que fut cette période.
Autre date importante, celle de nouvelles avancées pour les ouvriers : 1946. Une nouvelle Constitution, avec un préambule qui reconnaît le droit au travail ; c’est surtout la naissance de la Sécurité Sociale, sa généralisation à toute la population, l’extension des allocations familiales, la mise en place des branches accident du travail, mais aussi maladie et vieillesse. La France était épuisée, déchirée par 5 années de guerre, mais pour redémarrer, elle se dotait d’une législation sociale forte, protectrice pour ses salariés et sa population, au cœur de ce qu’on appellera bien plus tard, « notre » modèle social français.
Et ce n’est pas fini avec les millésimes en « 6 », puisque dix ans plus tard, le 27 mars 1956, le gouvernement de Front Républicain de Guy Mollet ajoute une semaine supplémentaire de vacances aux salariés : trois semaines de congés pays, c’était il y a 50 ans, à peine !
C’était une mesure économique, c’était une mesure sociale.
25 ans plus tard, à mi-chemin entre 1956 et maintenant, on est en 1981. D’autres mesures sociales restent dans les mémoires, celles décidées par le gouvernement de Pierre Mauroy, nommé par François Mitterrand : la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, les 39 heures ou les lois Auroux sur les relations sociales dans l’entreprise et les droits des salariés.
Et oui, ce n’est pas si vieux que cela qu’on a codifié, par la loi, l’obligation d’informer le comité d’entreprise de la gestion de l’entreprise, ou qu’a été donné aux salariés le droit de s’exprimer sur leurs conditions de travail…
Alors, pourquoi est-ce que j’insiste sur ces dates, sur le cheminement de ces conquêtes sociales ? Pour 3 raisons :
. d’abord pour expliquer que précisément le droit social s’est construit progressivement, par couches successives ; et que les avancées sociales, qui se sont additionnées lentement les unes aux autres au cours du siècle écoulé, l’ont été bien sûr par des combats politiques, mais aussi par des revendications sociales que nos aînés, nos parents, grands-parents et arrière-grands-parents ont porté de leur force et de leurs espérances.
Ce sont eux qui nous ont légué ce « modèle social » que j’évoquais ci-dessus.
. 2ème raison de rappeler l’histoire : c’est que justement, ce modèle fait d’acquis sociaux, ce droit social qui s’est construit année après année est un acquis fragile.
. or, et c’est la 3ème raison, cet acquis est aujourd’hui plus que jamais menacé. Au cœur des réformes libérales que le pouvoir politique cherche, ou a cherché, à imposer ces derniers temps, avec la précarisation accrue des salariés que l’on développe, avec l’allègement toujours plus grand des motivations et des procédures du licenciement que, çà et là, on veut promouvoir, eh bien, c’est un démantèlement méthodique, et profond, de notre droit social, cet acquis fragile que je décrivais, qui est en train de se réaliser !
Car, quand on crée, avec le Contrat Nouvelle Embauche, le CNE, ou avec feu–le Contrat Première Embauche, le CPE, des contrats de travail de courte durée, que l’employeur peut interrompre à tout moment, qu’est-ce donc sinon la fragilisation du contrat de travail ? Qu’est-ce donc sinon la fin du Contrat à Durée Indéterminée ? La règle, cela deviendra très vite le contrat précaire, ce ne sera plus l’emploi durable ! Très vite, cela en sera fini avec le contrat stable dans l’entreprise.
Et si les salariés deviennent plus précaires, s’ils restent moins longtemps dans l’entreprise, s’ils peuvent en être exclus à tout moment, que deviendront les relations sociales ? Que deviendront les institutions représentatives du personnel, les délégués du personnel, les Comités d’établissement ou d’entreprise ? Quel salarié s’engagera alors pour défendre ses collègues ?
Et nous revoilà dans l’actualité de 2006 ! Car ce qui se passe, c’est que nos décideurs gouvernementaux sont en train de tirer sur le fil d’une pelote… dont on connaît ce qu’il adviendra : il ne restera, au final, plus rien des règles sociales d’hier !
Disons-le tout net, et je le crois sincèrement : les tentations gouvernementales de mises en place d’une précarisation généralisée des contrats de travail comportent en effet en germes pour demain les risques inexorables :
-         de dégradation du fonctionnement des institutions de défense des salariés dans l’entreprise, jusqu’à sans doute leur disparition ;
-         et donc, d’un profond « déséquilibrage » des relations entre le capital et le travail dans le rapport de production ;
-         et donc, et j’ose le mot, marxiste s’il en est, mais c’est le seul mot qui s’impose, derrière ce que le pouvoir politique de ce pays veut mettre en place, c’est un renforcement de l’exploitation de ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, les salariés !
Plus exploités, travaillant davantage, moins stables, moins payés, et bientôt plus pauvres ! Voilà ce que l’on nous prépare…
C’est l’analyse que je fais de ces réformes que parfois sur un ton innocent, badin, sous couvert de « flexibilité » ou de stimulation de la création d’emplois, MM. Raffarin puis de Villepin nous présentent et cherchent à imposer, projet de loi après projet de loi.
C’est l’analyse qu’avec gravité, en ce 1er Mai 2006, je veux exprimer par ces quelques propos.
Oui, je le crois, précariser le contrat de travail, à coup de CNE, de CPE, sans chercher à sécuriser les parcours professionnels, c’est désagréger à terme le Code du Travail.
C’est 1936, et ses réformes qu’on balaie, c’est Léon Blum qu’on assassine, ce sont nos aînés que l’on bafoue !
Voilà pourquoi l’histoire est importante. Elle nous rappelle d’où notre mode de vie provient, comment il s’est construit. Elle nous aide à lire, à comprendre ce qui se passe autour de nous. Elle nous remémore que les luttes sont encore fraîches, et qu’en économie de marché – car il n’en existe aucune autre – le travail ne doit pas baisser sa garde, sinon c’est le capital qui en profite !… au détriment des salariés.
Soyons donc vigilants, combatifs, sachons-donc nous mobiliser quand c’est nécessaire, soyons fermes sur nos valeurs, sachons prolonger le mouvement, le progrès social que les travailleurs du XXème siècle ont mis en marche, évitons-lui de reculer.
Sachons aussi, ô combien, rappeler les droits imprescriptibles du travailleur : l’emploi, la formation, la sécurisation des parcours, la juste rémunération.
En soi, c’est un choix de société ! C’est le mien. Un choix de fidélité, un choix de combativité.
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 10:51
La crise du CPE, au-delà des incompréhensions politiques qu’elle portait (notamment par l’absence de dialogue social qui a caractérisé cette mesure et le passage en force du texte à coup de 49-3 à l’Assemblée) a néanmoins fait éclater au grand jour l’angoisse de notre jeunesse devant son avenir.
Et on la comprend. Il n’est pas faux de dire que, quand l’emploi devient difficile, plus rare, ou qu’il se détruit, l’insertion professionnelle des jeunes devient elle aussi plus difficile.
Et les petits boulots s’alignent, et la peur du lendemain s’installe. Et surtout l’impossibilité de construire un projet de vie mine le moral.
Le rejet du CPE doit contraindre chacun à se sentir interpellé par l’impérieuse nécessité de donner un cap prioritaire à l’action publique : l’emploi des jeunes !
1)      Il faut d'abord créer des emplois. La clé, c'est la croissance économique. Plus il y aura de croissance économique, plus il y aura d’emplois créés, davantage il y en aura pour les jeunes ! Pendant la période où le Gouvernement Jospin a créé deux millions d’emplois, il est clair que le chômage des jeunes a diminué, d’autant plus que les emplois-jeunes avaient accentué la tendance. Alors l’objectif numéro 1 pour demain, c’est de mener une politique économique qui stimule davantage notre croissance économique. Et dans cette croissance, il faudra y « flécher » des emplois pour les jeunes : on pourrait ainsi, par exemple, moduler le taux d'impôt sur les sociétés en fonction de l’objectif du nombre de jeunes embauchés. Une telle modulation aboutirait à un bonus/malus de 50% sur l'impôt sur les sociétés en fonction du pourcentage de jeunes présents en entreprise.
2)      Il faut ensuite des jeunes formés. La clé, c'est l'université : elle est aujourd’hui appauvrie ; elle doit se renforcer. Mais il y aussi ceux qui ont quitté l'école tôt. Pour eux, il est indispensable d'investir massivement dans la formation en alternance en entreprise : elle a prouvé sa capacité à assurer la qualification professionnelle des jeunes. Or elle est en baisse aujourd'hui !
3)      Il faut enfin assurer la transition de la formation vers le premier emploi. La clé, c'est la sécurité professionnelle. Commençons par la concevoir pour les jeunes, avant de l'étendre à l'ensemble de la population active. Parmi d’autres pistes, j’ai lu avec intérêt l’idée de Dominique Strauss-Kahn d’un "contrat de transition vers l'emploi". Ce contrat, signé entre le jeune en recherche d'emploi et le service public de l'emploi, comprendrait quatre volets : 1. un suivi actif personnalisé du demandeur d'emploi ; 2. un crédit-formation inversement proportionnel à la durée de formation initiale : pour un droit à formation de vingt ans pour tous ; 3. une procédure spécifique de validation des acquis professionnels pour les jeunes ayant travaillé dans des emplois précaires ; 4. Une allocation de recherche d'emploi. L'objectif est simple : ne laisser aucun jeune seul sur le bord de la route.
Rien ne serait pire, maintenant, de laisser croire à notre jeunesse que son cri n’a pas été entendu. Le message prioritaire pour demain doit être clair : cap sur la jeunesse !
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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 10:24
Le Gouvernement a enfin reculé, il a retiré le CPE. Après deux mois de manifestations face à une posture d’intransigeance, la solution de bon sens l’a emporté. Tant mieux. Mais ce qui s’est passé ne restera pas sans rancœur, amertume et incompréhension.
Cela conservera aussi des traces institutionnelles et économiques, je le crains. Car au moment-même où il est fondamental pour notre pays de relancer sa machine économique, de redynamiser sa croissance (en effet, à + 1,4 % en 2005, elle est trop faible pour créer des emplois ; pis, elle en détruit : - 2,5 % dans l’industrie en 2005 !), comment les investisseurs vont-ils réagir ?
Or, cela fait trois ans que l’investissement des entreprises est médiocre : il est urgent qu’il redémarre. Sans investissement, pas de compétitivité, pas de production, et donc pas d’emplois demain.
Et quelle confiance les milieux économiques pourront-ils dorénavant porter à une politique économique d’Etat qui pilote à vue, qui annule lundi ce qu’elle avait décidé de changer mercredi après avoir dit pendant deux mois qu’elle ne modifierait rien. De ce point de vue, l’intervention du président de la République est préoccupante.
Passons encore sur le fait que le Président, gardien des institutions, vienne à la télévision pour dire qu’il promulgue la loi… tout en demandant immédiatement qu’elle ne soit pas appliquée. Depuis la dissolution de 1997 et le « non » au référendum, la lecture « gaulliste » de la Constitution n’était pas l’apanage de J. Chirac.
Mais que, lors de cette même intervention, le Président prenne la peine d’énoncer les « correctifs » qu’il juge nécessaires au CPE (sur la durée et sur la motivation du licenciement), pour ensuite demander aux responsables du groupe majoritaire UMP des deux assemblées de faire des propositions de modifications de la loi… et finalement, cinq jours plus tard, que constations-nous ? La parole présidentielle n’aura servi à rien… puisqu’il n’y a plus de CPE…
Tout cela laisse pantois, et pour tout dire groggy sur le fonctionnement et la crédibilité de nos institutions.
Quelle crédibilité reste-t-il à ce pouvoir pour mobiliser notre économie ? C’est un problème majeur : l’action de l’Etat est malade de la manière dont le pouvoir d’Etat a été exercé dans cette affaire ! Pourvu que je me trompe et que, malgré cela, la croissance sache repartir, car nous avons besoin d’emplois, en France, et dans nos villes.
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Publié par Dominique Baert - dans Divers
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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 10:43
Dans notre agglomération, des collèges sont occupés, des enseignants sont en grève, des équipes administratives sont découragées : pourquoi ? Parce que les annonces ministérielles sont terriblement injustes.
L’Académie de Lille est « la plus mal lotie » de toute la France ont souligné eux-mêmes plusieurs journaux. C’est vrai : 636 suppressions de postes dans les collèges et lycées !
Cale va se voir concrètement, cela va modifier en profondeur les conditions d’enseignement dans nos établissements.
J’observe, par exemple, qu’à Roubaix, malgré leur classement en « Ambition réussite », les collèges Albert-Samain et Sévigné, perdent respectivement 4 et 1 postes. Qu’au collège Jean-Baptiste Lebas, ce sont 4 postes et demi et une classe de 3è d’insertion qui vont disparaître !
A ce petit jeu de massacre, Wattrelos n’est pas épargnée non plus.
Réductions d’horaires pour la cité scolaire Zola, et surtout, pour nos deux collèges en ZEP (zone d’éducation prioritaire), c’est-à-dire ceux qui ont le plus besoin de moyens, pas d’« Ambition réussite » et même pire que cela :
-         à Neruda : une fermeture de classe et deux postes en moins annoncés. Traduction : à Beaulieu, où Neruda est implanté, l’Etat reconnaît, en participant financièrement et dans une large mesure à sa reconstruction, que le quartier est prioritaire, que sa population a besoin d’un appui particulier... puis 6 mois après, il supprime des postes dans l’un de ses collèges !
-         à Nadaud : deux fermetures de classe et trois postes en moins annoncés !
Bonjour la logique ! Parce qu’ils ont de bons résultats grâce à des moyens supplémentaires attribués légitimement, on leur retire ces moyens ! Belle récompense ! Merci pour nos élèves ! Bel encouragement pour les enseignants, les équipes pédagogiques et les responsables de ces établissements !
Observateur attentif de ce qui se passe dans ma ville – forcément – mais aussi autour, ce recul social et culturel me consterne.
Je me souviens- et je mesure aujourd’hui plus que jamais la chance que j’ai eue, avec d’autres, pendant ma scolarité – des conditions dans lesquelles j’ai moi-même préparé mon Bac, il y a 30 ans : nous étions alors neuf élèves dans ma Terminale C ! Depuis, j’ai toujours considéré comme prioritaire, et efficace, de tout faire pour limiter le nombre d’élèves par classe. Et j’affirme fondamental pour l’Education nationale de réduire ce nombre dans les villes, dans les quartiers où l’on veut aider particulièrement des jeunes qui ont besoin de l’être.
C’est cela, l’égalité réelle des chances : donner plus de moyens (pour qu’ils aient plus de chances !) à ceux qui en ont le moins, à ceux qui en ont besoin. Et j’enrage de voir qu’on fasse l’inverse. Bien sûr que des baisses d’effectifs ont eu lieu dans les collèges et lycées, mais on ne construira pas un avenir meilleur pour nos élèves en réduisant plus rapidement encore le nombre de leurs enseignants.
C’est une dramatique erreur qui est en train de se préparer !
D’autant qu’on l’amplifie par la ségrégation supplémentaire imposée aux jeunes de 14 ans que l’on enverrait en apprentissage. Cette sélection précoce est intolérable : comment pourrait-on accepter qu’il y ait une instruction obligatoire pour les futures élites, et une instruction minimum pour de futurs exclus ?
Pour moi, c’est clair : le Gouvernement a renoncé à combattre l’échec scolaire, et dans les années à venir, le risque d’une désertification de l’école de la République se profile.
Cela m’insupporte d’autant plus qu’à Wattrelos, l’éducation est LA priorité n°1. On fait des efforts pour reconstruire les écoles, les équiper en informatique, multiplier les activités périscolaires, on investit sur la culture (école de musique, bibliothèque, contrat d’éducation artistique, Enfance de l’Art) et sur le sport, on alloue des bourses pour l’enseignement supérieur et je peux vous dire que dans notre agglomération, peu de villes le font...
Alors, péché d’orgueil ? Non, je n’en suis pas coutumier. Aussi dirais-je plutôt « constat réaliste », tout simplement, mais je crois que c’est nous qui avons raison, et non le Gouvernement.
Au contraire, au régime auquel il la condamne, l’Education nationale est en danger. Or, face au danger, je ne connais que deux réponses à proclamer : l’audace et la volonté. L’audace de rappeler ses valeurs, et la volonté de renoncer à subir.
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Publié par Dominique Baert - dans Divers
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