Partager l'article ! Une salle pour Denise: Moment de gaieté… et moment d’émotion collective, ce soir au Crétinier où l’on donne officiellement à la sa ...
Moment de gaieté… et moment d’émotion collective,
ce soir au Crétinier où l’on donne officiellement à la salle de l’amicale le nom de Denise-Lemahieu, ancienne présidente décédée il y a quelques semaines.
Il y a là de nombreux amicalistes bien sûr, les époux Rolland (Denis et Michèle, la nouvelle présidente), Miss Wattrelos et ses dauphines (car c’est l’amicale qui organise le concours), mais aussi l’une des filles de Denise, Martine, après qui je prends la parole.
Moment difficile durant lequel se mêlent des sentiments ambivalents car Denise adorait la vie, la défendait et n’aurait pas voulu que l’on soit triste ce soir. Pourtant, comment ne pas l’être, comment croire qu’elle nous a quittés…
Denise était mère de quatre enfants, plusieurs fois grand-mère et arrière-grand-mère. Elle était fière de sa famille. Mais elle n’avait eu de cesse d’élargir cette famille en prenant la présidence de l’amicale : ici, ce soir, mais au-delà de ses murs aussi, il y a beaucoup d’enfants de Denise !
D’elle je conserve trois images : une femme infatigable, humaine, éternelle.
L’image d’une femme infatigable d’abord. Infatigable au service de cette amicale à laquelle elle s’identifiait : elle croyait à son ancrage dans la vie du quartier. Denise, c’était cette voix qui s’élève lors de l’assemblée générale, un son de cloche, puis le silence qui se crée dans la salle après cet appel à l’ordre. C’était une femme de caractère, derrière lequel se cachait une grande sensibilité, de l’affection. Spontanément, pour les amicalistes et ceux qui la connaissaient, c’était « mamy » ! Naturellement, Denise était la mamy que tout le monde voudrait ou aurait voulu avoir, profondément sincère. Pour ma part, j’ai toujours aimé sa formidable envie de vivre, cette façon de contourner l’obstacle coûte que coûte malgré les difficultés d’une vie qui ne lui avait pas fait de cadeau. Elle avait su se retrousser les manches, au sens propre comme au figuré, pour devenir aide ménagère… tout en restant une bénévole d’un rare niveau d’investissement à l’amicale !
Denise était aussi passionnément humaine. Quand il avait fallu relancer le concours Miss Wattrelos, elle avait relevé le gant avec humanité, avec ce souci de considérer les candidates comme des papillons devant sortir de leur cocon. Elle les aimait et les considérait toutes, les gagnantes comme les autres qu’elle ne négligeait pas, n’oubliait pas. Je lui disais qu’elle était notre, et en particulier ma « Miss Wattrelos perpétuelle ». Elle aura été notre Académicienne des miss… car elle les symbolisera à jamais.
Enfin, je conserve le souvenir d’un anniversaire. Le sien. C’était une surprise, cela se passait dans cette salle et j’avais été mis dans la confidence bien sûr. En cadeau, je lui avais offert une lampe, symbole de cette lumière qu’elle avait toujours dans les yeux et le cœur, symbole de ce qui reste allumé quand tout s’éteint. Pourtant Denise s’est éteinte et sa disparition m’a sincèrement profondément peiné. La République l’avait distinguée en 1999 d’une médaille Jeunesse & Sports on ne peut plus méritée. Elle avait été fière aussi de son titre de Super Nana senior la même année, arborant une tenue de charleston puis de footballeur de l’U.S. Wattrelos : quel humour, quel sens de l’autodérision ! Je me suis enfin souvenu de son intronisation dans la confrérie du carnaval en 2004 qui l’avait ému aux larmes, car c’était une reconnaissance pour elle, pour son parcours associatif.
Ce soir, notre ville honore sa mémoire et j’en suis fier. Nous en sommes tous fiers. En dévoilant la plaque Denise-Lemahieu sur ce mur de l’amicale (une proposition que j’allais faire aux amicalistes… au moment où ils me l’ont faite !), nous figeons dans le temps le souvenir d’une femme de cœur, d’une grande dame de Wattrelos. C’était une amie, et ce mot n’est pas faible sous ma plume.
En entrant à l’amicale, chacun aura désormais une pensée pour Denise. Ce n’est que justice car elle fut l’âme du Crétinier.