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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 16:39

Fabius-copie-1.jpegCe matin, aux côtés de Pierre Mauroy, se tient à la Fondation Jean-Jaurès, une réunion de travail (préparatoire à un colloque pour l’automne) sur le thème « La Gauche à l’heure de la mondialisation », avec pour idée d’aboutir à une nouvelle déclaration universelle des droits.

 

Le groupe de travail de la Fondation a d’ores et déjà essayé d’analyser les difficultés d’abord factuelles de la Gauche en Europe (l’Europe est bleu horizon aujourd’hui), auxquelles s’adjoint une sorte de malaise intellectuel, de trouble idéologique de la Gauche actuellement. Depuis 20 ans, le pensée de gauche a eu des difficultés à s’ajuster au monde et à ses changements, pour réussir à construire une reconstruction du monde. Il y a recherche permanente d’un discours, polarisé entre un rejet absolu de l’économie de marché et l’adhésion à un compromis économico-social. Lorsqu’elle cherche à s’adapter, l’idéologie de gauche donne un peu le sentiment de perdre son âme, d’où ses désillusions électorales.

 

La Gauche est confrontée à l’ambivalence de ce à quoi elle a eu à penser traditionnellement (elle a travaillé sur des objets, des valeurs que la mondialisation a complexifiés : la valeur travail, la notion de production, celle d’internationalisation, celle de classe moyenne…), et d’autre part du fait que la crise est essentiellement occidentale (car elle est une crise d’une forme d’esprit occidental, à travers lequel la Gauche s’était structurée).

 

Comment donc la Gauche doit retravailler ses objets et en sortant du cadre occidental de pensée. C’est la méthode de travail que le groupe veut suivre : construire une approche comparative, et les interactions que ces différents discours peuvent avoir. Les Gauches peuvent-elles avoir une approche commune des questions contemporaines ?

 

C’est dans ce cadre que Laurent Fabius, invité majeur de notre réunion de ce matin, intervient.

 

Sa première remarque, c’est le contraste entre le dynamisme de la Gauche en Amérique du Sud, et son état en Europe. Au Brésil, en Equateur, au Salvador, en Argentine, la Gauche a le vent en poupe. Pourquoi ?

 

D’abord, il y a des personnalités charismatiques (à l’image de Lula), des alliances et des thématiques qui font écho à la société civile, des projets à forte résonance sociale, un rôle parfaitement assumé de la puissance publique, un objectif lui aussi parfaitement assumé de partage des richesses, l’insistance sur une éducation meilleure, l’égalité des sexes, et un affichage de s’émanciper des empires, d’où un rapport particulier avec la mondialisation.

 

Ce qui choque, c’est le grand paradoxe du socialisme européen : les analystes sont justes, mais les résultats ne sont pas bons. Les fondements de l’analyse de gauche rendent bien davantage cause de la crise. D’ailleurs, les remèdes efficaces sont empruntés à la panoplie de gauche. Mais presque partout, il y a grande faiblesse électorale.

 

Quelles en sont les causes ?

 

Une première série, c’est que les social-démocraties ont atteint beaucoup de leurs objectifs. Ensuite, le logiciel ne s’est pas assez adapté. Le dilemme entre la mondialisation des problèmes et la nationalisation des actions ? La force du socialisme est venue de la réponse sociale, mais cela suffit-il ? Aux deux facteurs, travail et capital, le facteur nature s’est ajouté, mais notre réaction a-t-elle été suffisante,  même si on a parlé d’une économie écologique et sociale de marché ? Car c’est un changement philosophique qui est en cause : nous avons considéré longtemps que l’homme est fini, et que la nature est infinie, alors qu’aujourd’hui, c’est un renversement qui est en cause. Enfin, les organisations (syndicales…) sur lesquelles nous avons fondé notre action se sont affaiblies et les nouveaux acteurs n’ont pas (encore) fait leur jonction avec les partis socialistes ou sociaux-démocrates.

 

A gauche, nous n’avons pas assez réfléchi sur l’autorité : la question de la sécurité en est file. Il y a identification entre la Droite et l’autorit,é et dans les périodes de crise, où les citoyens sont déboussolés… ils font ce choix-là. Autre sujet, trop peu pris en compte, le vieillissement, celui de la société. L’actuel Président de la République est l’élu des plus de 65 ans. On a affaire à des pays qui vieillissent. De même, la Gauche a une approche du collectif mais l’individu doit y trouver sa place, ce que nous n’avons pas assez travaillé. Ou encore la question de la démocratie, et celle des voies par lesquelles le citoyen peut s’exprimer. La question des médias ne peut non plus être éludée (cf. Italie, Chili…). Comme celle de l’impôt : très compliquée, liée à l’action collective, mais la Gauche (en cette période de désarroi idéologique et de crise) doit regarder cela de près car même ceux qui n’en paient pas ont le sentiment d’en payer trop !

 

Que faire ? Trois grands thèmes doivent être au cœur de nos réflexions : régulation a priori, correction a posteriori ? Uniformité contre égalité ? Quel nouvel internationalisme ?

 

Il faut travailler autour de la notion de juste échange (et non plus du libre échange) ; l’amélioration de la gouvernance mondiale (avec un organisme qui contrôle régulièrement) ; le parachèvement d’une organisation gouvernementale du monde ; une mondialisation solidaire, avec la lutte contre les inégalités ; une mondialisation durable (avec des problématiques d’environnement).

 

Il s’agit d’un internationalisme social et écologique.

 

Il n’y a pas de symétrie entre la Droite et la Gauche sur ces questions-là. L’opportunisme peut être de droite, mais la Gauche doit revendiquer une idéologie et défendre une adhésion. Pour la Gauche, une question-clé est de savoir s’il faut jouer la cohésion ou prendre son parti d’une diversité : pour sa part, Laurent Fabius penche pour la recherche d’une cohésion, conforme d’ailleurs à l’histoire internationaliste de la Gauche.

 

 

 

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