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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 09:04
- Publié dans : Archives

haiti.jpgLe terrible séisme qui a frappé Haïti, l’un des pays les plus pauvres du monde, fut d’une violence rarement atteinte sur l’échelle de Richter.

 

Déjà Haïti et sa population étaient dans une situation peu favorable : classé 148e (sur 179 pays) pour l’indice de développement humain (selon le PNUD), figurant dans le groupe des pays les moins avancés, ce pays est celui d’une grande pauvreté générale. Le PIB par habitant est estimé à 640 dollars, les deux tiers de la population vivent avec moins de deux dollars par jour et par personne, 50 % de la population survit même avec moins d’un dollar par jour… alors qu’à l’inverse, 1 % de la population détient 50 % de la richesse du pays.

 

Depuis une semaine, les images qui nous parviennent sont insoutenables et l’élan de solidarité, né spontanément quelques heures à peine après la catastrophe, est à la mesure de la cruauté de la situation. Les chiffres donnent le tournis : plus de 100 000 morts selon le Premier ministre du pays, trois millions de personnes sinistrées, un pays désorganisé… La capitale, Port-au-Prince, hélas surpeuplée, a été dévastée par un tremblement de terre comme Haïti n’en n’avait plus connu depuis deux siècles (depuis 1777 exactement) ! C’est dire le caractère exceptionnel de l’événement ; c’est dire aussi que cette nouvelle décennie commence bien mal…

 

Pour ma part, comme je pense tous mes concitoyens, je suis bouleversé par ce que je lis, ce que je vois, ce que j’entends. Les victimes, les orphelins, les survivants qui n’avaient déjà que très peu pour survivre, déjà en grande pauvreté, sont en situation extrêmement périlleuse. Il n’y a plus de règles, plus de structures, plus de cadres institutionnels, sociaux, ni même de bâtiments qui garantissent la vie ! Tout cela est tout simplement effroyable ; seule compte aujourd’hui l’obligation de secourir celles et ceux qui peuvent encore l’être. Tant de familles en France, dans notre agglomération sont sans nouvelles de parents, d’enfants, de relations restés en Haïti ; leur attente est terrible, d’autant que les informations sont quasiment inexistantes. La France elle-même a bien des difficultés à réussir à s’informer, à s’organiser sur place. Mais c’est désormais une certitude : le bilan en termes de pertes de vies humaines sera l’un des plus élevés de ces dernières années.

 

C’est pourquoi, bon nombre d’organismes, de collectivités se mobilisent et vont débloquer des fonds pour venir en aide aux Haïtiens ; la Communauté urbaine a ainsi prévu d’apporter une aide de 60 000 euros au mouvement international d’aide aux victimes. Parce qu’ici, dans le Nord, on sait ce que le mot solidarité signifie. Et parce qu’à Haïti en ce moment, on meurt sous les décombres, de soif, de blessures qui devraient rapidement être soignées.

 

C’est dire si le temps presse, et si on ne peut que ressentir inquiétude, et pour tout dire un certain affolement, en constatant, sur les images qui nous parviennent, les tensions, les heurts, la désorganisation persistante dans ce pays non pas maudit, comme on l’a lu trop souvent ces derniers temps ça et là, mais pauvre et qui a besoin plus que jamais de la solidarité internationale bien sûr… mais aussi de l’engagement pérenne des institutions internationales pour reconstruire un pays, redonner un toit à tous ses habitants, et une démocratie réelle et solidaire.

 

 

 

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