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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 09:46
- Publié dans : Archives

On ne parle que de ça ! A la télé, à la radio, tous les journaux, difficile de ne pas en avoir entendu parler : l'avenir de la planète se joue à Copenhague. Si seulement c'était vrai. Si seulement il suffisait de tenir une conférence au sommet pour que chacun dans le monde devienne vertueux...

 

La vérité est, comme souvent, davantage à relativiser. Ce sommet s'inscrit dans la continuité de plusieurs concertations internationales.

 

Rio, en 1992, a permis de faire émerger un consensus international sur l'existence du changement climatique et sur son origine : les émissions de gaz à effet de serre produites par les activités humaines. Kyoto, en 1997, a marqué les premiers engagements de réduction des émissions par les pays développés à horizon 2012. L'enjeu de Copenhague est que la communauté internationale prenne pour l'après 2012 les engagements nécessaires à la stabilisation du climat.

 

Le changement climatique est le premier enjeu politique planétaire à solidarité obligatoire. Sur les autres sujets globaux (la faim, la crise financière, les pandémies...), une réponse mondiale est hautement souhaitable mais les tentatives de résolution dans le cadre national sont encore possibles. Pas pour le climat  ; il n'y a pas de maîtrise nationale du climat possible. Impossible d'améliorer le climat à Paris si on le dégrade à Washington et Pékin : il s'agit d'un bien public mondial indivisible.

 

Il faut donc une volonté de l'ensemble de la communauté internationale. Cela signifie d'une part que les deux pays industrialisés qui n'avaient pas signé le protocole de Kyoto s'engagent à Copenhague : les Etats-Unis et l'Australie ; d'autre part que les autres pays (pays émergents, pays en développement) signent également à Copenhague. Cet objectif d'universalité peut être atteint.

 

La négociation à l'approche du sommet se cristallise en revanche autour de la nature juridique des engagements. Y aura-t-il, à la sortie, un traité contraignant ? Parviendra-t-on à la création d'une organisation mondiale de l'environnement, sur le modèle de l'OMC ? Ou n'y aura-t-il que des déclarations politiques par lesquelles les pays s'engageraient politiquement mais pas juridiquement ?

 

Alors, au-delà de cette fièvre médiatique, au-delà du ballet des éminences gouvernementales, c'est cela la question-clé : quelle sera la conclusion, concrète pour la vie des gens, de ce sommet. Que faut-il en attendre ?

 

D'évidence, un bon accord serait déjà un accord universel qui concernerait tout le monde, qui ne laisserait aucune partie de la planète au bord de la route, mais surtout un accord avec un contenu élevé des engagements (où plans d'actions nationaux, financements et calendriers seraient expressément précisés). Ce qui fera sa réussite ou son échec, ce seront les règles dont le document final sera assorti pour garantir le respect des engagements.

 

 

 

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Commentaires

Copenhague est un échec. Et après. Qui s'attendait à autre chose ? Que pouvait-on attendre d'autre des gouvernements actuels et des situations socio-économiques actuelles ? Les États Unis, pays monde, n'a jamais suivi et ne suivra jamais le reste du monde, l'autre monde. La Chine et l'Inde qui explosent maintenant qu'ils suivent en bons élèves le système économique occidental ne pourront pas adhérer avant longue date à une bifurcation globale de ce même système. Les pays en voie de développement n'ont pas les moyens de se poser la question. Il reste donc l'Europe qui semble être proche de l'exploit. Mais il faudrait davantage de maturité à la communauté européenne. Actuellement, l'Europe n'est pas autre chose que « les pays de l'europe ». La communauté européenne n'existe pas, alors comment aboutir à un accord commun d'une utopique communauté mondiale ? C'est essentiellement du temps perdu et de l'image médiatique pour les politiques. La politique ne sauvera pas le monde pour la simple et bonne raison qu'elle n'en a pas la vocation. L'action de la politique s'arrête là où commence le pouvoir qu'elle s'octroie. La politique a plus à faire en s'évertuant à rester au pouvoir qu'à sauver la planète. Alors comment faire face à un phénomène qui dépasse les gouvernements et qui n'est plus de la compétence du pouvoir politique ?

Rien, si l'on pense que ce qui doit arriver arrivera. Le fatalisme a sans doute de bons jours devant lui. Mais dans des pays comme la France où plus de 90% de la population a reçu une éducation censée lui permettre de comprendre les causes et leurs conséquences on est en droit de s'attendre à autre chose qu'une simple fatalité.

Le plus consternant c'est que ce n'est pas la technologie qui est à l'origine du bouleversement climatique, mais l'utilisation que nous en faisons. Et c'est justement la technologie qui pourrait, qui peut, nous permettre de réagir face à l'ampleur des dégâts. L'humanité n'a jamais possédé autant de solutions pour agir en faveur du plus grand nombre. Ce qui l'en empêche, c'est encore une fois la politique, et surtout la tradition politique qui est de maintenir un ordre établi, à savoir la domination d'une minorité sur une majorité par le truchement d'une mécanique bien huilée. Tant que nos gouvernements gouverneront non pas pour nous apporter le meilleur mais pour se garder le meilleur il n'y aura pas de progrès social. Nous entendons par progrès social, non pas que le citoyen moyen d'aujourd'hui ait plus que le citoyen moyen d'hier, c'est une évidence, mais qu'il n'y ait plus de citoyen moyen. C'est à dire que le progrès (technologique, mais aussi intellectuel) soit partagé par tous. Humainement rien ne justifie que deux pourcent des personnes adultes, soit bien moins de un pourcent de la population mondiale, possède plus de la moitié des richesses. Encore une fois, seule la politique le justifie !

S'il n'y a rien à attendre des gouvernements, des états, des politiques quelqu'elles soient, faut-il pour autant retomber dans le fatalisme ? Notre éducation ne nous permet-elle pas d'accéder individuellement à autre chose que la fatalité ? Notre éducation ne nous sert-elle qu'à produire et à consommer de l'inutile ? Notre éducation ne peut-elle nous permettre à titre individuel de réagir, et d'agir ? Notre éducation qui est loin d'être égalitaire reste la chose la mieux partagée dans la société occidentale, c'est pourquoi nous pensons que c'est le seul levier sur lequel chacun puisse s'appuyer (et doit relever) pour prendre conscience du problème qui se pose à l'humanité. Le problème du réchauffement climatique est un problème mondial dans le sens global. C'est à dire qu'il englobe tous les autres problèmes, les problèmes de l'individu, les problèmes du groupe, de la communauté, de la société, de l'état, d'un ensemble d'états, d'un continent, etc. Or, pour que l'action soit mondiale, il faut que chaque état réagisse, pour que chaque état réagisse il faut que chaque société qui le compose réagisse, pour que chaque société réagisse il faut que les communautés réagissent, pour que les communautés réagissent il faut que les groupes réagissent, et pour que les groupes réagissent il faut que les individus réagissent. Et que faut-il pour qu'un individu réagisse ? une prise de conscience de sa place dans le monde. C'est à ce prix, c'est à dire au prix d'un effort intellectuel d'une prise de conscience individuelle et collective (dans le sens « tous ensemble »), que nous pourrons agir rapidement et humainement (c'est l'enjeu principal) en faveur du climat.

Commentaire n°1 posté par Tristan M le 21/12/2009 à 00h17
 
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