Cet après-midi, à la tour Mercure, tout est symbole.
Symbole que ce chêne de la Justice que plante – en citant Saint-Louis – la garde des sceaux, ministre de la
justice, pour représenter un nouveau plant que sera bientôt le futur tribunal de commerce de Lille Métropole, issu de la fusion des tribunaux de commerce de Lille et de Roubaix-Tourcoing, lequel
va se relocaliser au rez-de-chaussée de l'actuelle tour Mercure.
Symbole aussi que la présence de Michèle Alliot-Marie car l'Etat n'est pas le
principal financeur de cette opération, mais qu'il porte sur les fonts
baptismaux (il « officialise » comme dit le carton d'invitation) ce regroupement. Soyons francs, ce n'est pas la réforme de la carte judiciaire de Rachida Dati, précédente garde des
sceaux qui est à l'origine de ce rapprochement des deux tribunaux, même si elle l'a approuvé et même, reconnaissons-le, parfois cité en exemple. Ce dossier est de fait consensuel, assez
largement, dans les milieux économiques et entre élus. L'idée est simple : créer un grand tribunal de commerce, de large assise, capable de réaliser une justice économique efficace, susceptible
de tirer parti des synergies entre les équipes et de valoriser les atouts liés à la richesse économique du territoire métropolitain, comme de la proximité de la frontière belge. Ainsi, une
spécialisation renforcée vers le droit européen de ce futur tribunal ne serait pas une idée impertinente !
Ce projet, cela fait plusieurs années qu'on en parle. Depuis que le procureur Lemaire, en son temps, en avait
dessiné la perspective en 2005. Prises de positions des juges consulaires, silence – consentant – des autorités du Parquet, approbation des élus locaux et... mobilisation de la Chambre de
commerce, propriétaire de la tour Mercure, et surtout de son président, Bruno Bonduelle, pour permettre un tour de table financier conclusif. Tout cela a pris du temps, beaucoup de temps,
peut-être un peu trop... chacun en convient cet après-midi mais ce temps n'a finalement pas été inutile, puisque le montage financier final fait l'économie de beaucoup de travaux et est donc
économe de deniers publics et privés. Obtenir le même résultat pour moins cher, ce n'est pas plus mal.
Aux côtés des présidents des deux tribunaux de commerce, du premier
président et du procureur général de la cour d'appel de Douai, avec les maires de Roubaix et Tourcoing et les trois autres députés de notre agglomération de Roubaix-Tourcoing-Wattrelos, je suis
présent à cette manifestation symbolique, pour accueillir républicairement la ministre, et surtout pour manifester à la fois le travail en commun qui
a été accompli – je fus, dès le début, de la démarche – et la satisfaction unanime de l'aboutissement de ce projet qui consolide l'implantation de la justice économique dans notre agglomération
et qui est porteur pour l'avenir.
Symbole enfin que cette localisation du futur grand tribunal de commerce métropolitain sur cette zone de l'Union, union des
trois villes de Tourcoing, Roubaix et Wattrelos. Pour trois raisons. D'abord parce qu'une grande institution métropolitaine s'installe à Roubaix-Tourcoing et c'est remarquable. Ensuite parce qu'à
côté de ce tribunal s'installeront nécessairement des professions de services juridiques (avocats, notaires, collaborateurs, administrateurs) qui vont créer là un véritable pôle tertiaire, lequel
change en profondeur l'image du passé surtout industriel de nos villes. Enfin, parce que c'est là un autre chantier majeur qui s'ouvre (fin des travaux début 2012) sur la zone de l'Union, juste
après le CETI, et juste avant la démolition de Terken et l'installation du centre sportif de Kipsta.