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Pour la huitième fois, le Président de la République recevra vendredi 5 mars 2010 les représentants des
banques.
Malgré les aides dont ont bénéficié les banques, les crédits accordés aux entreprises ne cessent de reculer (- 2,1% en janvier sur un an). Les crédits de trésoreries s'effondrent
totalement (- 15,3% en janvier sur un an), avec de graves conséquences sur l'activité économique et l'emploi.
Manifestement, faute d'avoir exigé des contreparties au plan de sauvetage des banques, les convocations du Président de la République restent sans effet. Et cela alors que les profits réalisés
par les grandes banques françaises n'auraient pu l'être sans les aides accordées par l'Etat. Plus grave, et alors que lors du débat parlementaire, avec mes collègues socialistes, nous le
demandions, l'Etat a refusé d'entrer dans le capital de certaines banques qu'il a recapitalisées. Une telle mesure lui aurait pourant permis de relancer et de réorienter la
politique du crédit destinée aux entreprises, notamment aux PME victimes directes de la crise, et donc aux salariés et leurs familles. Cela lui aurait aussi permis de modifier la politique de
rémunération des dirigeants et des traders, ce qu'avec mes collègues socialistes nous avions également proposé.
Le chef de l'Etat et la Majorité doivent enfin prendre leurs responsabilités et proposer des mesures instaurant une véritable régulation financière. Il est urgent de remettre la finance au service du financement de l'activité économique. C'est d'ailleurs dans cet objectif que depuis plusieurs
mois, les socialistes proposent des mesures de régulation financière et notamment la séparation des activités de dépôt et d'investissement, ainsi que la transparence
des produits financiers. Une meilleure régulation des rémunérations des dirigeants et des traders est plus que nécessaire, une limitation des bonus et
la participation des revenus financiers au financement de la solidarité sont plus qu'urgentes.
Au-delà de ces mesures structurelles, lors du débat sur le projet de budget pour 2010 à l'Assemblée nationale, avec mes collègues, nous avions proposé une taxation exceptionnelle de 10%
sur les profits des banques (1,1 milliards d'euros), dont la moitié serait affectée au financement supplémentaire des PME par OSEO et l'autre moitié au financement d'une Allocation
Solidarité Crise (ASC) pour les chômeurs en fin de droits. Car faut-il le rappeler, l'affectation par le Gouvernement de la taxe sur les bonus
des traders à OSEO ne s'est traduite par aucun moyen supplémentaire pour les PME, puisque l'Etat a réduit du même montant sa contribution à OSEO. De même, et malgré les nombreuses
interpellations, le Gouvernement n'a rien prévu pour prendre en charge les 600 000 chômeurs et leurs familles en fin de droits qui vont se retrouver sans ressources en 2010...