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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 22:43

Ce matin, dès 8h30, la Commission des finances de l'Assemblée se réunit pour auditionner Christian NOYER, gouverneur de la Banque de France, sur la situation des risques portés par les banques françaises. Le directeur général du FMI, Dominique STRAUSS-KAHN, a en effet estimé qu'aucune reprise durable ne serait possible tant que certaines situations bancaires n'auraient pas été purgées : qu'en est-il des banques françaises ?

 

Le gouverneur nous parle ainsi de l'exposition des banques françaises à des actifs toxiques (qui ne sont pas les subprimes, ces actifs hypothécaires américains) qui sont des produits structurés qui ont, en revanche, pour sous-jacent des produits du type subprime. Il s'agit pour l'essentiel de RMBS (qui sont des parts de titrisation adossées à des produits hypothécaires) ou de CDO (obligations adossées à des parts de titrisation). A fin 2008, les banques françaises ont pour encours nets (après constatation des éventuelles décotes) : 8,9 Mds € de RMBS ; 7,3 Mds € de CDO.

 

Parmi les risques, il y a aussi les expositions couvertes par les rehausseurs de crédits. En effet, les détenteurs de crédits à risques garantis par les monolines – sociétés d'assurance – ont considéré qu'ils étaient garantis. Mais ces établissements américains, réglementés par les autorités des Etats, n'avaient pas la capacité de résister à la vague de dépréciation : ils ont été d'abord recapitalisés puis dégradés, ce qui a réduit la garantie ! Pour les banques françaises, à fin 2008, les montants couverts par des monolines sont de 5,5 Mds €.

 

Sur ces trois catégories de risques liés aux subprimes américains, on arrive donc à une exposition des banques françaises pour 21,7 Mds € ! C'est le risque sur les actifs dits très toxiques. Le gouverneur relativise ce risque en soulignant qu'il se compare à 0,3 % du total du bilan des banques françaises.

 

Mais il ajoute – ce qui, de mon point de vue n'est pas rassurant (compte tenu des relations financières interbancaires et donc des risques de propagation des difficultés d'une banque à l'autre) – que les banques étrangères telles que Deutsche Bank (6 Mds €) ou Barclays (9 Mds €) sont exposées pour des montants bien plus importants que les banques françaises.

 

Et il complète son propos, en soulignant que les banques françaises peuvent connaître d'autres risques :

 

-         d'abord sur les opérations à effet de levier (type LBO) qui ont des sous-jacents européens. Les six grandes banques françaises ont 35 Mds € d'actifs LBO fin 2008, ce qui fait l'objet sous le contrôle de la commission bancaire de provisions ad hoc. Mais ce sont des risques modestement provisionnés ;

-         ensuite sur les CDPC (produits dérivés), où le risque n'est pas sur l'immobilier américain mais sur des entreprises. Ce risque s'accroît avec la crise économique et le risque de défaut des entreprises. C'est une zone de fragilité ;

-         enfin, sur les conséquences de la crise sur le portefeuille des banques. Les taux de défaut des particuliers et des entreprises vont augmenter, trimestre après trimestre. Pour l'heure, c'est encore modeste puisque les créances douteuses nettes du secteur bancaire français, ce sont 1,15 % des crédits à la clientèle fin 2008 (contre 0,95 % fin 2007).

 

Au final, le gouverneur souligne que les banques françaises ont déjà fortement provisionné leurs actifs (ex : les monolines le sont en moyenne à 61 %). Et il rappelle qu'on peut donc estimer à 25,5 Mds € les risques portés par les banques françaises liés à la crise financière (soit 16 % des fonds propres des banques françaises quand même !), à savoir : 7,5 pour Crédit Agricole ; 6,4 pour Société Générale ; 4,3 pour BNP-Paribas ; deux fois 3,1 pour Caisses d'Epargne et Banques Populaires (Natixis) ou encore 1,5 pour Crédit Mutuel.

 

Ensuite, le débat s'est focalisé sur la situation de la Société Générale, de Natixis ou de Dexia.

 

Si, globalement, le discours s'est – évidemment – voulu rassurant, il n'en est pas moins vrai qu'il ne peut, à mon sens, l'être pleinement pour au moins 2 raisons :

 

-         la hauteur des engagements directs en actifs toxiques ou liés : les montants identifiés sont déjà importants ! Qu'en est-il de tous ceux, indirects, dissimulés derrière des engagements des banques françaises à l'égard de consœurs étrangères qui ont, elles, des expositions aux risques plus fortes encore ?

-         cette vision apaisante repose en effet sur « une hypothèse que les banques européennes ne feront pas défaut » ! Quand on voit la situation des banques allemandes, les risques qu'elles portent et les faibles provisions constituées, peut-on réellement penser qu'aucune ne connaîtra de défaillance majeure ? Et quelle répercussion cela aura-t-il sur les banques françaises ? Là est la plus dangereuse onde de choc possible (sinon probable), je le crains…

 

 

 

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