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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 08:37
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Avec Jean PEYRELEVADE, ancien président du Crédit Lyonnais, nous auditionnons un des grands acteurs de ce litige qui défraie la chronique judiciaire et politique depuis 15 ans maintenant.

 

Cet homme-là, que j'ai connu directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy à Matignon, j'ai eu à travailler avec lui, lorsque jeune cadre de la Banque de France détaché au Commissariat au Plan, j'ai été rapporteur pour la préparation du Xe Plan, et qu'il était Président de l'UAP. J'ai été sa plume à cette époque. C'est un homme honnête, intègre, sérieux et responsable.

 

Alors je comprends son irritation et ressent son amertume quand d'entrée, il s'insurge contre la sentence des arbitres, qu'il estime être une « sentence mensongère », « par incompétence », « par mauvaise foi », dit-il. Il le dit : « Les arbitres habillent la vérité ».

 

Bigre, l'attaque est rude. C'est que Jean Peyrelevade le dit sans ambages : alors qu'il est l’un des principaux acteurs de ce dossier, que les arbitres sont sensés dire le droit, eh bien, « il n'a jamais été entendu » par eux, son « témoignage n'a jamais été sollicité »!

 

Un malaise s'installe dans la Commission. Jamais nous n'avons eu collectivement, devant une telle affirmation, le sentiment que le montage qui a abouti à la sentence arbitrale ressemble décidément beaucoup à un arrangement destiné à satisfaire les intérêts de Bernard Tapie !

 

Toute la suite de l'audition, longue et précise, sera ensuite consacrée à l'analyse des faits de la période 1993-1995 (que la Droite veut évoquer longuement dans ses questions… ce qui évite qu'on parle d'aujourd'hui, et de cette incroyable procédure d'arbitrage !). Mais c'est quand même intéressant d'entendre J. PEYRELEVADE souligner :

 

·        qu'à son arrivée à la présidence du Crédit Lyonnais, en novembre 1993, le groupe
B. Tapie était en cessation de paiement (il avait une grosse échéance qu'il était incapable de rembourser) ;

 

·        que les entreprises industrielles de ce groupe étaient alors dans un état catastrophique (- 250 millions de francs de pertes annuelles) et avaient 2 milliards de francs d'endettement.

 

Et il complète combien il est curieux de voir B. Tapie, responsable de la chute d'Adidas, vouloir ensuite participer à la plus-value que réalise le Crédit Lyonnais lors de la vente d'Adidas à Robert-Louis Dreyfus !

 

C'est bien le cœur de ce procès à retentissement : auteur de la déconfiture de son groupe, B. Tapie veut sa part sur les bénéfices réalisés ensuite par le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas ! La Justice a eu à faire sa conviction tout au long de ces quinze années passées… jusqu'à cette sentence arbitrale sensée clore le dossier en offrant ces centaines de millions d'euros (même plus des francs… car les intérêts sont passés par là !) à Bernard Tapie.

 

Et si Jean PEYRELEVADE avait raison?

 

Alors comme lui, comme il le dit en concluant son propos, je ne peux que ressentir « l'extrême douleur de citoyen qui saigne quand je vois ce qui se passe à ce moment ».

 

Et ce n'est pas l'audition de Bernard TAPIE, que nous avons eue cet après-midi, où nous aurons assisté à des démentis brouillons, confus, imprécis sur les dates ou sur les chiffres, faits par un réel comédien qui est venu pour faire son théâtre, moins pour nous commissaires (les vrais, ceux de la commission des finances) que pour les caméras des médias… qui oublieront que celui dont elles diffusent les images n'est pas le commissaire Valence, mais quelqu'un qui par une décision d'Etat outrageusement avantageuse… va se voir verser 400 millions € par les contribuables français !

 

Ce théâtre-là n'était pas digne de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

 

Voilà pourquoi je pense qu'il nous faut, au nom de la démocratie, être plus précis, aller plus loin, mener des investigations sous serment ! La démocratie l'exige. Nous devons savoir, le peuple français doit savoir la vérité. Aussi, oui, avec bien d 'autres commissaires socialistes de la commission, je n'ai pas de doute : il faudrait créer une commission d'enquête !

 

 

 

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