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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 13:54
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Cet après-midi, la Commission des Finances a mis l'évolution des parités monétaires au centre de ses réflexions, et pour cela nous auditionnons Jean-Pierre LANDAU, sous-gouverneur de la Banque de France, et mon ami Patrick ARTUS, économiste réputé de la Banque Natixis.

 

Jean-Pierre Landau insiste sur les forces puissantes à l'œuvre dans le monde qui modifient les grands équilibres internationaux. Il souligne ainsi le creusement des écarts entre épargne et investissement, qui trouvent leur contrepartie dans les déséquilibres des paiements courants. Paradoxalement, il y a aujourd'hui un faible niveau d'épargne des pays riches, qui compense une épargne très élevée dans les grands pays émergents. Autre grand changement, l'euro, dont le poids dans les réserves de change tend à augmenter. Et le sous-gouverneur de rappeler que « la politique monétaire ne peut ni ne doit tenter de viser un objectif de change ».

 

Nous avons un intérêt majeur à ce que les régimes de change dans le monde s'harmonisent. Car il en résulte actuellement une expansion exagérée des liquidités dont on peut penser qu'elles jouent un rôle dans la hausse des prix des matières premières.

 

Patrick Artus, pour expliquer l'euro fort, met en avant les écarts de conjoncture entre les Etats-Unis et l'Europe, et la croissance de son poids (14 % en 2002, 27 % aujourd'hui) dans les réserves mondiales. Il estime donc que ce qui fabrique la hausse de l'euro, c'est sa demande internationale (alors que le dollar n'est pas demandé) ; pour contenir cet excès de demande d'actifs en euros, il faudrait une offre d'actifs en euros plus importante (par des émissions de la B.E.I. ?).

 

Il souligne que ce n'est pas l'euro fort qui affaiblit les exportations de la France, mais davantage des problèmes de gamme et de sensibilité au prix. Il n'y a pas, selon lui, d'écarts de coûts entre la France et l'Allemagne. Il estime que l'inflation tendancielle de la zone euro est de 2,7 à 2,8 %, et non de 2 % : si on veut la ramener à 2 %, il faut revaloriser l'euro ! On aura un conflit durable entre la stabilisation de l'euro et celle de l'inflation ! A long terme, ce ne sont pas les écarts de taux qui font la détermination de l'euro, mais les écarts d'épargne.

 

Pour ma part, intervenant, j'ai centré mes questions sur trois préoccupations :

 

-         l'analyse du commerce extérieur France / Allemagne, tant sont incompréhensibles, avec le même euro fort, les 40 Mds € de déficit français face aux 200 Mds € d'excédent allemand ;

 

-         le poids à venir de l'euro dans les réserves mondiales ;

 

-         l'évolution souhaitable des taux d'intérêt, et donc la politique de la BCE à préconiser. Car P. Artus dit qu'il faut revaloriser l'euro, ce qui suppose d'augmenter les taux d'intérêt, ce qui va peser sur la croissance et donc creuser le différentiel de croissance avec l'économie mondiale  !

 

Dans ses réponses, P. Artus préconise plutôt, bien sûr, la modération des taux d'intérêt pour préserver la croissance. Mais il reconnaît que ce qu'on a actuellement est la pire situation pour les banques centrales, car on est devant une inflation « qui ne vient pas de la croissance ».

 

 

 

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