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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 16:15
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Je suis dans l'hémicycle et je viens d'écouter le Premier Ministre, François Fillon, présenter son discours de politique générale.
Il demande la confiance de l'Assemblée nationale. Il n'a pas la mienne : dans deux heures, au moment du vote, je mettrai dans l'urne une carte magnétique "contre". Pourquoi ?
Pour des raisons de forme, même si ce n'est pas le plus important. François Fillon n'est pas un orateur hors pair ; ça, on le savait, mais qui peut lui reprocher ?
En revanche, comment comprendre qu'il passe les 20 premières minutes de son discours à parler des institutions, des commissions parlementaires ou de la modification de la Constitution qui permettra au Président de venir s'exprimer devant l'Assemblée nationale ? Qui cela intéresse-t-il chez mes concitoyens, est-ce vraiment là la première priorité au moment où l'on entre en fonction ? Pour moi, c'est clair, c'est non.
Puis on a eu droit à un passage en revue des différents ministères qu'a occupés François Fillon dans sa vie politique... Juste après les institutions, il a parlé démocratie sociale (ex-ministre du Travail), universités et recherche (ex-ministre éponyme), puis éducation (là encore ex-ministre de l'Education)...
N'y avait-il pas d'autres priorités dans ce pays que les postes ministériels que le nouveau Premier Ministre a occupés ? Si ce n'était pas si sérieux, qui ne peut trouver curieux - et plutôt pitoyable - de l'entendre dire que, pour l'université, "depuis 25 ans rien n'a été fait"... Aurait-il une si piètre appréciation de sa propre fonction?
Mais à mon sens, le plus inacceptable pour le député de Roubaix que je suis est d'avoir dû attendre 50 longues minutes du discours du Premier Ministre (qui nous explique ce qu'il va faire dans les 5 ans qui viennent !)... avant que le mot "chômage" ne soit prononcé ! C'est consternant.
Pour moi, homme de Gauche, il n'est pas d'objectif de politique économique et sociale qui m'obsède davantage.
Mais les vraies raisons qui vont m'amener à refuser la confiance sont des raisons de fond. Pendant la campagne, j'avais dénoncé des mesures qui risquaient d'être mises en place par la Droite si elle gagnait ; et bien, on y est ! François Fillon vient de les annoncer.
Citons l'une après l'autre celles que j'ai notées : le contrat unique de travail (fini le contrat à durée indéterminée !) ; pour la retraite, ce sera l'allongement de la durée de cotisation (finis les départs après 40 ans ; ce sera bientôt 41, 42 puis 43 ans !), et la réforme des régimes spéciaux ; la "TVA sociale", annoncée comme certaine ; la mise en place des "franchises", avec un "plafond annuel par personne" (fini l'accès aux soins pour tous !) ; le gel des dotations de l'Etat aux collectivités locales (pas de hausse des moyens pour nos villes : bonjour l'étranglement de nos communes pour les années à venir !) ; le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux dès 2008 (soit - 40 000 suppressions de postes !)...
Tout cela va faire des dégâts pour les plus modestes, cela va être douloureux, dramatique pour beaucoup.
Voilà pourquoi je suis résolument contre ! Les électeurs de ma circonscription vont souffrir de tout cela. Ils m'ont élu pour dire non à ces mesures, à cette politique. C'est ce que je ferai.
 

 

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