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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /2007 09:14
daelman-copie-1.jpg Il fut mon professeur d’anglais… comme il le fut pour trois décennies de collégiens et lycéens de Zola ! C’est dire s’il en a vu défiler, des élèves, Bernard Daelman…
En juin, il a fait valoir un droit à la retraite que tous ceux qui le connaissent jugeront bien mérité. Mais ses amis, professeurs, anciens élèves, parents d’élèves, personnels de la cité scolaire ne pouvaient pas le laisser partir comme ça.
Aussi lui ont-ils réservé une belle surprise, ce vendredi, en le convoquant en début de soirée au lycée pour un moment inoubliable : montée des marches de Zola recouvertes d’un tapis rouge avec photographes et caméramen façon festival de Cannes (Bernard, passionné de vidéo, fut aussi l’un des grands artisans du lancement de la section du même nom au début des années 90 – elle connaît depuis un succès indiscutable), et soirée humoristique conçue autour du thème du cinéma (avec projection de film et jury, comme à Cannes !)… Extra ! Un moment inoubliable !
J’ai bien entendu tenu à participer à cette réception des plus originales, me souvenant que Bernard, s’il n’a pas pu faire de moi un expert de la langue de Shakespeare, a été l’un des professeurs emblématiques de cette institution qu’est la cité scolaire Zola, et une personnalité sympathique dont l’amitié m’honore.
Adieu, Monsieur le Professeur ! Thank you and good luck !


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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /2007 09:04
Je reçois les habitants de la circonscription :

- à l'Hôtel de ville de Wattrelos sur rendez-vous (03.20.81.64.97) ;

- à l'Hôtel de ville de Roubaix le premier samedi du mois de 8h30 à 10h ;

- à l'Hôtel de ville de Croix le troisième samedi du mois de 8h30 à 10h ;

- à l'Hôtel de ville de Wasquehal... dès que le maire de Wasquehal précisera quand pourra être utilisé le bureau qu'il a promis de mettre à disposition.


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Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /2007 09:37
Chacun connaît cette fable de La Fontaine : Les animaux malades de la peste. Elle évoque les différences de traitement, plus favorables, qui peuvent être réservés à ceux qui ont la fortune, tandis que les plus modestes n’ont pas les mêmes soutiens.
Poussée à l’extrême, bien sûr, cette expression, « Selon que vous serez puissant ou misérable », a pu nourrir des démagogues et des populistes, eux-mêmes dangereux pour la cohésion sociale, et je dois avouer avoir toujours considéré, et utilisé, cette phrase avec d’infinies précautions.
Mais là, ce matin, je suis moi aussi exaspéré, révolté par un certain cynisme, un cynisme certain de notre nouveau Président.
Il y a quelques jours à peine, à l’Université d’été du Medef, il se fait applaudir (ô combien) en promettant « la dépénalisation du droit des affaires » (c’est-à-dire la réduction, voire l’arrêt des poursuites contre les dirigeants indélicats, les « patrons voyous » que dénonçait à l’inverse son prédécesseur, J. Chirac, les abus de biens sociaux…) !
Et quel contraste quand je lis, ce matin « Le Monde » du jeudi 13 septembre, où un article annonce « le rétablissement du contrôle fiscal des chômeurs » !!! Le Ministère de l’emploi va en effet pouvoir contrôler les chômeurs, en se faisant communiquer par l’Administration fiscale tous les documents ! Un nouveau décret, succédant à celui de 2005 annulé par le Conseil d’Etat, va pour cela être examiné par le Conseil supérieur de l’emploi le 1er octobre…
Selon que vous serez puissant ou misérable… La Fontaine, tu avais raison !


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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /2007 17:37
POINT-PRESSE-13-SEPT-07-2.jpg J’ai tenu à participer, cet après-midi en mairie de Mons-en-Baroeul, à une conférence de presse commune à de nombreux maires de la métropole, toutes sensibilités politiques confondues. Une initiative du maire de Mons, Rudy Elegeest, destinée à interpeller Madame la Ministre de l’Intérieur sur les dangers qu’encourent ou font courir aux autres les utilisateurs d’engins motorisés interdits en ville du style quads, boosters ou autres pocket-bikes (cf. fichier pdf joint).
Sur les 18 maires signataires, 12 d’entre eux étaient présents ; j’en étais. J’en étais parce que Wattrelos aussi souffre de ce mal moderne qui consiste à faire du « rodéo » dans des endroits inadaptés (comme sur le mail piétonnier de la Mousserie par exemple), provoquant nuisances sonores et risques d’accidents, tant pour les autres que pour eux-mêmes, d’autant que les contrevenants sont souvent jeunes.
De plus, ces comportements provoquent l’exaspération des riverains, et qui peut dire jusqu’où celle-ci peut conduire : et si elle provoquait des réactions violentes brutales, voire criminelles ? Nos concitoyens réclament de la tranquillité, c’est le sens du cri d’interpellation que nous tous, maires de zones urbaines, nous lançons aujourd’hui.
En tant que parlementaire, j’avais moi-même rédigé cet été une question écrite à Madame la Ministre de l’Intérieur (Journal Officiel du 11 septembre 2007), demandant à l’Etat, garant de la sécurité publique, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour faire appliquer la loi. Ces dispositions sont actuellement insuffisantes ; je ne cesse de dénoncer le manque de moyens d’Etat déployés (notamment le manque de policiers) pour faire reculer l’insécurité de toute nature.
J’en parle d’autant plus douloureusement que Wattrelos a connu un fait divers tragique il y a un an lors de la fête des Berlouffes : un motard s’était tué sur le terril Kuhlmann… pourtant interdit d’accès.
Wattrelos, comme les autres villes de la métropole signataires, comme tous les habitants qui respectent les autres et la loi, pense que l’utilisation sauvage de ces quads, de ces petites motos, y’en a marre ! 

s3.archive-host.com/membres/up/1195081252/18_maires_en_appellent_au_Ministre_de_l_Interieur.pdf



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Lundi 10 septembre 2007 1 10 /09 /2007 10:37
ber2.jpg Pour une journée, je suis devenu « député du Tiers Etat » dites donc ! C’était déjà bien agréable de se retrouver plongé en pleine ambiance Renaissance, dimanche peu avant midi, au moment de la reconstitution historique devant la mairie. Mais alors, je n’ai pu que rire – malgré le côté tragique de la mise en scène – lorsque dans l’énoncé de la sentence le juge condamnant Jehan Berlouffe m’a présenté à la foule : j’étais déjà « conseiller à la Châtellenie de Lille » (la communauté urbaine, je suppose, en langage moderne !), et me voilà en plus dénommé « député du Tiers Etat ». A côté de mes adjoints, plus hilares encore qu’à l’habitude, mon invité du jour, le Préfet de Région, Daniel Canepa (à mes côtés sur la photo, en train de chiner), ne peut que se joindre à la bonne humeur générale.
C’est ça, Berlouffes : de la tradition et des surprises. Cela fait quasiment 30 ans que ça dure, puisqu’on célébrait ce week-end la 30è édition de cette fête qui représente tellement l’esprit wattrelosien : convivialité, bonne humeur et organisation sérieuse sans pour autant se prendre au sérieux.
La journée a été excellente. Certes, la météo aurait pu être meilleure mais il n’a pas plu et c’est bien là le principal. Toute la journée, j’ai déambulé dans les artères de ce vide-grenier géant.
Autre moment sympathique : celui où j’ai pu conduire mon premier adjoint Jean Destaerke – intronisé membre de la Confrérie du Carnaval au printemps dernier – au balcon de Saint-Maclou pour le traditionnel jet de poupées en fin de journée ! Nous n’étions pas trop de trois élus (avec l’adjoint aux Fêtes, Jean-Luc Doyen) pour lancer ces 1 500 poupées : allez, c’est vrai, c’est amusant… vu d’en haut tout au moins, car il faut batailler ferme en bas pour en attraper au moins une !
Autre satisfaction : la tenue du marché Renaissance, inauguré samedi matin. Durant deux jours sur la place Delvainquière, il a permis de marier harmonieusement brocante et artisanat, avec de la musique et une initiation aux danses d’époque, samedi soir, avant que ne « s’embrase » notre cher clocher de Saint-Maclou par le biais d’un feu d’artifice qui n’a effrayé que les pigeons qui y résident, mais a ravi les spectateurs.
Des Berlouffes comme je les aime !


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Lundi 3 septembre 2007 1 03 /09 /2007 14:56
Ce lundi après-midi, en Préfecture, réunion présidée par le Préfet pour présenter aux parlementaires le projet de refonte de la carte judiciaire.
Dès les premières précautions de langage du premier président de la cour d’appel de Douai, et celles conjuguées du Procureur, chacun le comprend : l’Etat veut réduire l’implantation des tribunaux dans les juridictions du Nord – Pas-de-Calais ! On nous rappelle que nos départements sont bien lotis en terme de tribunaux, qu’il existe cependant de grandes différences selon les juridictions en terme de démographie, de répartition géographique ou du nombre de dossiers traités. Et donc, qu’il faut s’ajuster, et faire des propositions.
C’est limpide et clair ; on voudrait même que ce soit évident : il est nécessaire de simplifier tout cela…
Et bien non, je ne suis pas d’accord.
Parce que, pourquoi cette refonte de la carte judiciaire, pourquoi ces fermetures de tribunaux ? Tout simplement pour gérer la pénurie… la pénurie de moyens de la Justice.
La vérité est toute simple. La Justice ne dispose pas des moyens financiers, et donc humains, pour qu’elle puisse être sereine, efficace et rapide ; partout sur notre territoire, et même dans le Nord, l’état de pauvreté de certaines juridictions est criant.
Alors le fond de toute la démarche que l’on nous présente est clair : c’est la récession ! Confronté à une situation financière difficile, devenue inextricable avec les choix politiques que le Gouvernement a faits pendant l’été avec ses « cadeaux fiscaux », le pouvoir veut faire des économies, et donc coupe dans les dépenses publiques !
Cela organise une nouvelle réduction des services publics de proximité dans nos territoires.
Cela s’appelle un abandon de nos territoires et de leur population.
Ici, à Roubaix, bien sûr, il y aura le regroupement des Tribunaux de commerce de Lille et de Roubaix-Tourcoing au pied de la Tour Mercure. On s’en félicite.
Mais il risque aussi d’y avoir la réorganisation du Tribunal d’Instance, voire la mise en cause de son existence. Et comment ne pas comprendre des propos tenus par ces éminentes personnalités que le Conseil de prud’hommes de Lannoy est quasiment condamné ? Inadmissible.
Surtout quand on comprend que dans le département, la moitié des tribunaux de commerce et des conseils de prud’hommes pourraient disparaître.
Bien sûr, les parlementaires présents, de toutes tendances, en conviennent : il ne s’agit pas d’exclure tout ajustement, tout rapprochement… pourvu que cela améliore la justice, et les conditions dans lesquelles elle est rendue.
Mais là, ce qu’on nous suggère, c’est une entreprise de démolition, dont la première conséquence sera d’éloigner la justice, le juge du citoyen. C’est une erreur. Ma conviction, c’est au contraire qu’il faut défendre une justice de proximité, et pour cela, il faut lui en donner les moyens.
Car jamais je n’accepterai une justice trop lointaine, car elle serait une justice distante… qui prendra surtout ses distances avec les plus faibles !

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Lundi 3 septembre 2007 1 03 /09 /2007 12:32
dbphot.jpg Ce lundi matin, c’est la rentrée scolaire… des enseignants. A la fin de la semaine précédente, j’ai été informé que pour cette rentrée, le Ministre de l’Education Nationale, Xavier DARCOS (cf. photo ci-contre - Philippe Pauchet, La Voix du Nord), a choisi de venir au collège Anne-Frank à Roubaix, dans ma circonscription ! Je suis invité à cette rencontre.
Pas d’hésitation : je vais inaugurer mon rôle de député d’opposition ! Même si ce ministre appartient à un gouvernement que je ne soutiens pas, et même s’il me faut bousculer mon emploi du temps, j’y serai ! Par tradition républicaine : les élections sont passées et je représente les intérêts de toute la population, pour les promouvoir et les défendre auprès des décideurs, et donc des ministres. J’y serai aussi et surtout pour écouter, pour suivre les promesses qui seront faites, et vérifier, si nécessaire, que les engagements soient tenus.
Et j’ai eu raison d’y aller. D’abord, parce que, dans ce collège, les équipes administratives et pédagogiques sont hypermotivées, et c’est une fierté de l’élu roubaisien que je suis de les entendre dire, décrire ce qu’ils font, jeunes ou moins jeunes, et leur passion de leur métier ! Ensuite parce que la visite ministérielle n’épuise pas tout : ce collège aura besoin qu’on continue de l’appuyer, et je sais que nous nous retrouverons dans ce mandat.
Pour l’heure, reconnaissons à Xavier DARCOS que je connais peu (même si, dans nos apartés, nous pouvons partager nos expériences de maires, lui de Périgueux et moi de Wattrelos !) l’idée d’être venu ici, à Roubaix, pour la rentrée scolaire ; d’y avoir pris son temps (cela n’a pas été une visite ministérielle une demi-heure à la va-vite, comme on en connaît trop) ; et d’avoir voulu écouter, et discuter de questions concrètes sur la vie du collège. Un bon point pour lui de ce point de vue !
Pour autant, en écoutant toutes ces discussions des enseignants avec leur ministre, en voyant qu’il veut rassurer dans ses réponses sur les moyens qu’ils continueraient d’avoir (classe d’accueil…), je ne peux m’empêcher de ressentir un malaise.
Lequel ? Celui que le calendrier même de cette visite a créé : sa coïncidence avec l’annonce nationale de la suppression de 11 200 emplois dans l’Education nationale dans le Projet de Budget pour 2008. Soyons clairs : dans l’Académie, cela voudra dire plus de 1000 !
Et encore, pour 2008, c’est de notoriété nationale, Xavier DARCOS a limité les dégâts par une manipulation de communication politique ! Vu la manière dont les déficits de l’Etat s’enfoncent, les « cadeaux fiscaux » (15 Mds € !) du Gouvernement, la charge de la dette (alourdie par les taux d’intérêt qui augmentent !), et la croissance économique qui n’est pas bonne, le rétablissement des finances publiques contraindra ce gouvernement à une rigueur inouïe dans les années qui viennent ! Et les suppressions d’emplois seront plus lourdes encore (bien plus lourdes qu’en 2008 !) en 2009, 2010 et au-delà ! Vue la nasse financière où s’enferre ce gouvernement, l’Education nationale va trinquer dans les années qui viennent, c’est certain…
Alors que deviendront tous ces projets pédagogiques, toutes ces démarches éducatives qui exigent du temps et de la durée pour être efficaces ? Ecouter Xavier DARCOS est surréaliste ; je ne lui fais pas de procès d’intention, je crois qu’il est sincère, mais… pense-t-il vraiment qu’il aura les moyens de ce qu’il dit vouloir faire ? Il sait que non, mais aujourd’hui, il occupe le terrain.
Je comprends qu’il veut surtout une rentrée paisible. Mais ni la courtoisie ni les discours ne modifient la réalité. Et celle-ci est double : d’une part, l’importance des besoins sociaux, donc éducatifs, dont atteste ce collège Anne-Frank ; d’autre part, une politique de « rigueur » dure qui s’annonce, et qui s’avance masquée derrière le visage aimable du ministre devant les élus et les enseignants roubaisiens…
Vigilance, donc, pour demain.


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Jeudi 30 août 2007 4 30 /08 /2007 15:30
C’est l’un des ateliers auquel je participe ce jeudi à La Rochelle. Pourquoi celui-là ? Parce qu’une société qui ne prépare pas l’avenir de sa jeunesse ne prépare pas son propre avenir, et que les jeunes, nos jeunes, sont au cœur de la crise sociale mais aussi de la crise de confiance que connaît notre société.
Les violences sans précédent intervenues durant le mois de novembre 2005, l’instrumentalisation des évènements de la gare du Nord pendant les élections présidentielles, ont montré l’ampleur de la crise sociale et urbaine dont sont victimes les habitants des quartiers populaires. Comment ne pas s’interpeller sur notre identité et sur notre capacité à vivre ensemble, et pour nous socialistes, comment rebâtir une espérance ?
Car enfin, qui peut nier l’existence d’une certaine ghettoïsation sociale ? Comment ne pas constater que le système éducatif n’a pas su promouvoir de façon suffisamment massive les enfants des cités ?
Pour aborder ces questions, délicates, mais fondamentales, il s’agit d’abord de ne pas tomber dans le piège que tend la droite. Elle glorifie le passé colonial. Elle parle de polygamie, d’immigration choisie, de chansons de rap attaquant la République laissant se propager en France, l’idée dangereuse que les problèmes dans les banlieues ou dans les quartiers populaires sont des problèmes d’étrangers. Elle réussit à dresser des Français les uns contre les autres, les renvoyant à une identité uniquement religieuse ou de couleur de peau, et plus du tout à une identité de classe sociale qui a fondé les grandes luttes du 20ème siècle.
Les villes en difficulté vivent de surcroît une forme de stigmatisation conférée par les zonages, tels ZUS, ZFU ZEP. Si la politique de la ville des dernières années (et notamment par les GPV du gouvernement JOSPIN) a ralenti un phénomène de paupérisation des quartiers, elle n’a pas assez inversé la tendance, car elle ne fut pas suffisamment massive. Une politique de mixité sociale est aujourd’hui prônée, elle apparaît indispensable. En effet, aujourd’hui des rues entières voient des familles au chômage, des collèges concentrent des enfants dont les familles sont en difficulté sociale à plus de 80 %, le brassage des classes sociales est bien loin de se faire. Nous vantons le modèle de l’école républicaine qui insère, alors que dans certains quartiers, des écoles concentrent des personnes d’origine sociale modeste, en grandes difficultés, ou d’origine étrangère, et donc des indicateurs sociaux très défavorables.
Nous voulons lutter contre la discrimination. Dans la lutte contre les discriminations, tout a été dit par la loi. Il faut surtout aujourd’hui la rendre opérationnelle. L’école, l’emploi et le logement sont les trois facteurs principaux sur lesquels il faut agir. Tout le reste n’est que paroles vaines.
S’agissant de la jeunesse, le problème de l’emploi est majeur ! L’emploi et l’insertion des personnes soit en difficulté personnelle, soit en difficulté à cause des discriminations liées à l’adresse, la couleur de la peau ou le sexe ne trouveront pas de solutions seules en résolvant la question de la croissance.
Voilà pourquoi ce qui revient sans cesse dans les interventions de l’atelier, c’est que la question de l’accès à l’emploi doit être traitée en proximité. C’est aux portes des mairies que frappent les personnes de nos quartiers en recherche d’emploi, diplômées ou non. De ce fait les emplois-jeunes furent de bons tremplins. L’accès à l’emploi nécessite le fonctionnement croisé de plusieurs institutions, et c’est une vraie nébuleuse. Voilà pourquoi je pense qu’il faut être clair et lisible, et donner la compétence de la coordination de l’insertion professionnelle aux communautés de communes ou, ici à Lille, à la Communauté Urbaine, en leur donnant légitimité de mettre tous les acteurs de l’insertion autour de la table.
Cette compétence peut se décliner à travers plusieurs pistes de réflexion :
 
·         Il nous faut être, nous Communes, Missions Locales, le « piston » des jeunes sans piston de nos quartiers, le réseau des personnes sans réseau familial, sans réseau scolaire, sans réseau amical. Cela nécessite d’aller chercher les offres d’emploi dans les entreprises, notamment pour les diplômés et de les ramener au sein de la Mission Locale, puis de travailler à la mise en relation entre celui qui cherche du travail et l’entreprise. Nous devons être les intermédiaires que sont dans les milieux plus aisés les parents ou l’association des anciens élèves. L’entreprise fait confiance à la structure d’insertion qui elle ensuite présente quasiment à titre personnel des jeunes et dépasse ainsi l’obstacle du CV avec le nom, l’adresse, etc.
·         Il faut recréer les conditions de la mobilité dans les têtes. La mobilité géographique est au cœur des préoccupations pour demain. Une initiative majeure est d’aider à se rendre sur les lieux de travail. La plupart des offres d’emploi demandent le permis de conduire, voire la voiture. Faciliter l’accès à l’un, c’est aider à avoir l’autre, et à trouver du travail.
 
S’agissant de la jeunesse, il y a une obligation de résultats ! Il y a urgence. Là plus que
nulle part ailleurs, tout doit être fait pour bâtir l’égalité réelle. Il faut l’ouverture sur le monde de nos quartiers, les sortir d’un enfermement psychologique et matériel. Savoir rendre leur capacité de rêver aux jeunes de nos villes, leur envie de « conquérir le monde » et les aider à avoir l’idée, mais surtout la conviction qu’ils pourront élever dignement leur famille, est en soi le plus noble mais surtout le plus urgent projet politique, c’est ma conviction.


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Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /2007 18:14
Premier atelier auquel je participe. Difficile de le synthétiser, bien sûr. Une note d’ambiance, toutefois : force est de constater que depuis l’arrivée du gouvernement FILLON, en territoire, il n’y a pas encore eu d’expression ni de directives sur la politique culturelle de l’Etat. On ne sait rien : les DRAC n’ont pas encore eu de ligne politique (d’ailleurs, dans le Nord - Pas-de-Calais, cela fait plusieurs mois maintenant que le poste est vacant, depuis le retour sur Paris en mai de son détenteur, après son bref passage dans notre région : c’est fâcheux, quand on voit l’ampleur des dossiers culturels régionaux !), et la nouvelle ministre de la Culture ne s’est pas exprimée.
 
            Un contexte aussi à préciser : il est financier ! Les ressources des collectivités locales évoluent défavorablement, et le risque existe que celles-ci se recentrent progressivement sur leurs compétences légales fondamentales, sacrifiant la culture.
 
            Ce sont là deux réalités contemporaines, et qui sont le cadre de réflexion des élus municipaux, départementaux, régionaux à la veille d’une année où les enjeux locaux domineront.
 
            C’est vrai que dans le débat présidentiel, la culture a été en retrait. Sans doute parce que, pour la Droite, dominante, la culture est réglée par les éditions populaires (populistes ?) des grands médias. Pour les élections locales, il ne faut pas passer outre cette question. Elle se décline dans tous les grands aspects de la vie municipale :
 
·         dans les écoles d’abord, bien sûr, où l’équipement en matière culturelle est une question fondamentale ;
·         en urbanisme ;
·         dans les relations sociales où beaucoup ne peut passer que par la culture (comment lutter contre le communautarisme ? Que répondre à la résurgence du fait religieux ?)
 
Cela ne veut pas dire qu’on puisse oublier le contexte d’argent rare. Il est
nécessaire d’avoir des politiques d’évaluation, lesquelles devront se compléter d’observatoires sociaux ; car culture et social sont liés.
 
            Un autre point-clé est la multitude des intervenants sur les dossiers culturels ! Comment penser sa politique culturelle dans le cadre territorial sans avoir cela à l’esprit ? Il va falloir que des acteurs s’affirment, et d’un avis général dans l’atelier, la communauté de communes (ici, la Communauté urbaine) est un échelon intéressant qui ne pourra qu’être développé.
 
            La certitude, c’est que l’Etat ne mettra pas de moyens supplémentaires dans les années qui viennent sur la culture.
 
            Alors il faudra être imaginatif par : des relations avec les pays frontaliers ; l’apport du mécénat ; la mise en place d’établissements de coopération culturelle (pour mettre en commun les possibilités, plutôt que de voir se développer des féodalités).



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Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /2007 15:24
C’est fou : quand j’écoute les chroniques radio, quand je lis les manchettes des journaux ou quand on regarde les quelques secondes que la télévision y consacre dans ses journaux télévisés, le Parti Socialiste serait en plein marasme, ses éléphants ne sont pas à La Rochelle et donc rien ne pourra s’y passer, et d’aucuns même de se dire : La Rochelle, à quoi ça sert ?
Je m’inscris en faux face à tout cela. J’y vais moi en élu, en militant : 3 jours pour y travailler, discuter, débattre. On est nombreux comme cela, plusieurs centaines pour les journées des élus, plusieurs milliers pour les journées militantes. Et franchement, il y a du monde, et on y bosse ! Rien à voir avec tout ce qui se dit ou s’écrit ça et là !
Moi, j’y rencontre d’autres maires, d’autres députés, des élus municipaux ou intercommunaux. Les débats sont de bonne tenue, et les confrontations d’idées intéressantes et toujours utiles. Je participe à 3 ateliers : les finances (cela ne surprendra personne…), la jeunesse, et la culture. Bien sûr, les interventions sont variables quant à ce qu’elles nous enseignent, mais les salles des ateliers sont pleines et conviviales. On discute sur le fond, on change nos villes, on change la vie de nos habitants. Et franchement, c’est ce que devraient voir les caméras et dire à l’extérieur ! Car, pendant ces 3 à 4 heures de discussions, les noms des dirigeants du parti, d’hier ou de demain, ne sont jamais évoqués, les ambitions n’ont rien à y faire.
Le Parti Socialiste, c’est d’abord ça, des élus et des militants qui y croient, et consacrent de leur temps, de leurs vacances ou de leur vie de famille pour venir ici, dire et redire qu’ils veulent faire avancer les idées, faire bouger les choses.
La rénovation ? C’est là qu’elle y trouvera sa vraie force.



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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /2007 17:05
Pour prendre connaissance de la liste des questions qu'en ma qualité de député j'ai posées au Gouvernement, veuillez cliquer sur le lien suivant http://questions.assemblee-nationale.fr/questions.asp, puis choisir Baert Dominique dans la catégorie Auteurs, puis en bas de page Lancer la recherche.


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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /2007 17:47
Cet après-midi, la Commission des Finances auditionne Monsieur Frédéric Péchenard, Directeur général de la Police nationale, nommé depuis deux semaines à peine.
Une quinzaine de députés sont présents : j’y suis.
L’élu de la circonscription de Roubaix que je suis lui fait part de ses préoccupations : la baisse des effectifs policiers ; une quasi-disparition des adjoints de sécurité ; le risque d’une nouvelle organisation avec la mise en place du district de police de Lille, avec la suppression évoquée des SIC (postes de commandement) de Roubaix et de Tourcoing ; l’évocation de possibles recentrages des unités d’appui de voie publique (les GOP) et des brigades anticriminalité (BAC)… tout cela alors même que nous avons plusieurs dizaines de kilomètres de zones frontières avec la Belgique à surveiller, tandis que certains de nos quartiers sont prompts à s’enflammer ! Ces préoccupations sont, pour nos habitants et pour moi, autant d’inquiétudes pour demain : il fallait que ce tout nouveau DGPN le sache et l’entende, lui qui, en réponse, nous dit son attachement à une police « au plus près de la population » et à l’existence d’une « police localisée »…
Je l’interroge aussi sur le contentieux des heures supplémentaires accumulées non payées dans la police nationale (elles sont plusieurs millions !) : dans la circonscription, des policiers sont concernés. Je lui transmets les cas spécifiques que je connais, car au moment où le Chef de l’Etat – ancien ministre de l’Intérieur ! – propose un projet de loi pour suggérer de développer demain les heures supplémentaires partout en France, comment expliquer que son ancienne administration n’ait pas été capable de payer tant et tant d’heures réalisées dans les années écoulées ?
« Fais ce que je dis, pas ce que je fais » énonce un diction populaire : c’est un cas d’école que cette affaire des heures supplémentaires dans la police.
Voilà pourquoi je m’en mêle.
 
 
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /2007 14:52
Ce matin, réunion de la Commission des Finances, où nous auditionnons M. Jean GAEREMYNCK, Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle. Et ce qu’il nous apprend est consternant !
Vous savez que je ne décolère pas des décisions financières récentes du Gouvernement qui ont consisté à faire de 13 à 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus aisés de notre société, alors même que d’importants besoins publics existent et qu’ils ne sont pas satisfaits !
Quelles sont les conséquences de ce « cadeau fiscal » ? J’en ai déjà évoqué 2 sur ce blog :
 
1)      le risque d’une dérive du déficit budgétaire. L’Etat va laisser filer son déficit (qui est pourtant déjà de plus de 40 milliards d’euros !), et donc sa dette, j’en suis convaincu ! Cela se confirme ! Le rapporteur général (UMP) du Sénat vient de le confirmer, en « enterrant le rapport Pébereau sur la dette », et le Gouvernement aussi qui vient de reculer de 2010 à 2012 la perspective du retour à l’équilibre des finances publiques.
 
2)      autre conséquence, les hôpitaux continuent de s’enfoncer dans leur crise financière : le milliard qui leur serait nécessaire n’est prévu nulle part !
 
Mais depuis ce matin, une 3è conséquence augmente ma colère : l’emploi social n’est pas financé en 2007, et baissera fortement en 2008 !
 
Car que nous dit M. GAEREMYNCK ? Ce haut fonctionnaire nous explique surtout 2 choses :
 
1)      Il n’y a pas assez d’argent pour financer l’emploi social : manquent 730 millions en 2006, et 1 milliard en 2007 !
 
En effet, par suite de sous-évaluation des dépenses dans le Budget 2006, pour boucler le budget en 2006, l’Etat n’a pas payé 730 M€ d’exonérations à la Sécurité sociale qu’il lui devait pourtant… pour pouvoir payer notamment les contrats aidés. En termes clairs, on a sous-évalué les dépenses, et du coup on a fait de la cavalerie en ne payant pas sa dette à la Sécu.
Pour 2007, ce tour de passe-passe ne sera plus possible, et pourtant, il manquerait, nous dit-on 1 milliard d’euros pour boucler l’année, dont 300 millions pour les contrats aidés, 400 millions pour le Fonds de Solidarité (qui paie notamment l’ASS des chômeurs les plus démunis, ou encore l’indemnisation des intermittents du spectacle), ou 100 millions pour le dispositif emploi des « cafés-restaurants », voire 25 millions pour le financement de l’AFPA : tout cela n’est pas financé ! Ces informations provoquent des regards consternés auprès des députés de droite comme de gauche !
Décidément, l’automne sera difficile.
 
2)      L’emploi social sera sacrifié en 2008 !
 
D’ores et déjà, on nous le dit : le Gouvernement a décidé une « décélération » des contrats aidés dès le second semestre 2007. En termes clairs, il y aura moins de contrats dans nos collectivités pour les personnes en grandes difficultés. D’ici la fin de l’année, le Gouvernement en veut 130 000 (au lieu de 175 000 pour le 1er semestre, soit – 25,71 % !).
Pour 2008, cela devrait être pire.
  
Collectivités (CAE et C. d'Avenir) : 310 000 en 2007 ; 230 000 en 2008, soit - 25,80 %
Secteur marchand (CIE et CJE) : 90 000 en 2007 ; 75 000 en 2008, soit - 16,60 %
Total des contrats : 400 000 en 2007 ; 305 000 en 2008, soit - 23,75 %
Rappelons que ces contrats étaient 495 000 en 2006.
Ces chiffres font peur ! Ils annoncent des lendemains très difficiles.
Car que vont répondre les maires, les élus locaux à ceux de leurs concitoyens qui viennent leur demander un emploi ?
Ils avaient déjà peu de moyens : ils en auront encore beaucoup moins !
Tout cela va faire des dégâts.
Mais c’est de plus en plus clair : là n’est pas la priorité du Gouvernement ! Pendant l’été, des décisions douloureuses se préparent.
Soyons vigilants, sachons les dénoncer !
Pour ma part, j’ai posé quatre questions à M. GAEREMYNCK sur : l’avenir des contrats aidés, et les conditions d’accès (car je crains que pour réaliser leur baisse, le Gouvernement ne durcisse les conditions d’éligibilité) ; l’implantation optimale des maisons de l’emploi (sera-t-elle révisée prochainement ?) et le devenir des comités de bassin d’emploi ; l’évolution des moyens financiers de l’Etat pour l’insertion par l’activité économique (notamment pour les missions locales) alors que l’enveloppe du Fonds social européen diminue ; les moyens prévisibles de l’Inspection du travail (car il n’y a pas de qualité de l’emploi sans bon contrôle !).


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Dimanche 22 juillet 2007 7 22 /07 /2007 16:16
Avignon-2007-pour-le-web.jpg Régulièrement, on me pose la question de savoir ce que je fais de mes week-ends. La réponse est simple : je bosse. Mes loisirs sont simples à lister : 1 ou 2 cinémas, et 1 à 3 pièces de théâtre par an. Une exception toutefois : un séminaire de banquiers, de responsables d’entreprises, de hauts fonctionnaires et d’hommes politiques une fois par an à Avignon en juillet, et qui se déroule au Palais des Papes même (photo ci-contre). Au programme : dans la journée, on discute, on réfléchit, et le soir, quelques spectacles. C’est un moment privilégié pour moi dans le rythme de l’année.
Cette année, l’ordre du jour est philosophique : "Vivre ensemble à l’heure de la post-modernité", avec pour invité Michel MAFFESOLI qui vient de publier "Le réenchantement du monde".
Pour ce philosophe, la crise actuelle n’est pas qu’économique, culturelle ou politique. Chaque époque se caractérise par des "épistémê", c’est-à-dire un ensemble de "mots" qui l’identifient et la symbolisent. Et pour lui, les phases de crises ou de mutations sont des périodes où s’élabore une nouvelle "épistémê".

1°) Quelle est notre épistémê "moderne" ?
Pour M. MAFFESOLI, elle repose sur 4 mots-clés :
 
- le "travail", qui est une valeur moderne. Au début du 19ème siècle, le travail est devenu "un impératif catégorique" (Kant) : "C’est ce par quoi il y a réalisation de soi" ;
- le "rationalisme", dans le prolongement de Max Weber qui parle de "rationalisation généralisée de l’existence", et "d’araisonnement du monde" ;
- "l’utilitarisme", car "ne vaut que ce qui sert à quelque chose". La grande idée moderne, c’est
"l’homme maître et possesseur de la nature". Le schéma moderne, c’est un social maîtrisable et une nature soumise…
- la "temporalité" du groupe : ce qui caractérise la tradition moderne, c’est le futur. L’important, c’est demain ! La concrétisation la plus symbolique de cela, ce furent les expositions universelles du 19ème siècle, où la société se donne à voir à elle-même (cf. en 1867 la phrase phare de l’exposition : "Rien n’arrête l’idée dont le temps est venu : le progrès").
Voilà ce que fut le vivre ensemble dit "moderne" : un individu autonome, qui se réalise par le travail, avec le futur pour objectif.

2°) Il y a aujourd’hui une "saturation". N’y a-t-il pas une épistémê post-moderne en gestation ?
Cette "saturation" des concepts est certes une "décadence", mais aussi une "émergence". Il y a éclatement des unités :
-                     la République une et indivisible paraît éclater en une mosaïque d’intérêts divers ;
-                     les "grandes institutions" (familles, syndicats, …) connaissent une fragmentation. Il y a retour de la communauté. Le mot même de "communautarisme" apparaît, un mot "dangereux".
-                     les grands systèmes qui avaient constitué la modernité, avec la fin des grands récits de référence (marxisme, freudisme…).

3°) Quelles en sont les conséquences ?
Des mots sont en train de se substituer aux précédents, et caractériseront la "post-modernité".
Ce qui prendra de plus en plus d’importance, ce n’est plus le travail, mais ce sera l’idée de "création" ("faire de sa vie une œuvre d’art"). Elle va caractériser la post-modernité.
Le "rationalisme", c’est l’accent mis sur le cerveau. Aujourd’hui, c’est le corps dans son entier qui devient important. Il y a un "retour du corps" (on le voit dans la mode, les besoins de fitness, de bien-être…). La métaphore du "corps social" n’en est plus une, elle peut devenir une réalité.
Il y a une "esthétisation" de l’existence. C’est le retour des émotions communes. Notre vie sociale se fait sur la ponctuation de nos émotions (sportives, culturelles…).
La temporalité, aujourd’hui, c’est le présent ! Le "carpe diem" s’impose : le "projet" n’est plus à l’esprit.
M. MAFFESOLI résume cette mutation des mots et des références, comme étant "une revanche des valeurs du Sud sur les valeurs du Nord". Et il tire la conclusion « qu’il faut avoir la capacité d’accompagner ce qui est inéluctable », rappelant que "chaque société rêve de la suivante ; sachons accompagner le mouvement, pour qu’il ne devienne pas un cauchemar".

Tout cela, c’est vrai, incite à la réflexion. C’est l’intérêt de ce type de débat. J’y observe des constats pertinents sur les évolutions en cours de notre société. Mais personnellement, je n’en tire pas les mêmes conclusions que notre ami philosophe : il ne faut pas renoncer à contenir des évolutions, voire à les combattre quand elles ne sont pas un "progrès", quand elles nourrissent des forces centrifuges dans la société, quand elles risquent de contribuer à son éclatement. Non, il ne faut pas renoncer au volontarisme ! C’est cela la nécessité, et le champ du "politique"…
 
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /2007 13:49
Les conséquences de ce projet de loi que le Gouvernement veut faire voter m’obsèdent. Quand on voit les besoins publics dans nos hôpitaux, dans nos commissariats, pour financer les logements ou les politiques d’emploi, je ne parviens vraiment pas à comprendre, ni à pardonner, le cynisme de ces dirigeants qui sont en train de donner de l’argent, beaucoup d’argent à ceux qui sont parmi les contribuables les plus importants !
Alors je feuillette le rapport du Rapporteur général du Budget, qui présente le Projet de Loi avec le gouvernement dans l’hémicycle. Et j’y vois un instructif tableau qui explique que ce « bouclier fiscal » à 50 % aura pour conséquence de rendre à 234 397 contribuables 810 millions d’euros !
Certes, mais ce n’est pas pour autant réparti « équitablement » (si j’ose dire, parlant d’une mesure aussi scandaleusement injuste !).
Car, 201 864 contribuables (86 % du total) qui ont un patrimoine inférieur à 750 000 euros vont se voir rembourser globalement 131 millions d’euros (16 % de l’enveloppe totale !), soit une restitution pour chacun de 649 euros en moyenne.
En revanche, pour les plus gros patrimoines, c’est le jackpot !
Qu’on en juge : 4157 contribuables, qui ont un patrimoine supérieur à 7,1 millions d’euros, vont se répartir 441 millions d’euros (55 % de l’enveloppe totale !), à savoir :
-          169 millions d’euros, pour les 3 076 contribuables qui ont un patrimoine inférieur à 15,5 millions (qui vont toucher en moyenne chacun 54 941 euros !) ;
-          272 millions d’euros, pour les 1 081 contribuables dont le patrimoine est supérieur à 15,5 millions (qui, eux, vont se voir rembourser en moyenne chacun… 251 619 euros !!!).
Le bouclier fiscal, cela touche bien les riches, mais surtout les plus riches des plus riches !
 
 
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