La démocratie s'est exprimée. Une majorité s'est prononcée pour Nicolas Sarkozy.
J'en prends acte avec tristesse et amertume.
Trois remarques.
La première : la stratégie du prestidigitateur-illusionniste Houdini-Sarkozy a fonctionné. Il a réussi à berner nombre de Français sur sa
capacité à incarner une nouvelle dynamique pour notre pays, lui qui est co-responsable, et largement, du mauvais état de notre économie et du manque de cohésion sociale. Jamais, au vu des
résultats de son action, il n'aurait dû être élu. Il l'a pourtant été. Pourquoi ?
Parce qu'il a su faire illusion : faire croire aux gens qu'il va mieux s'occuper d'eux par les moyens de l'Etat alors qu'il ne cesse de dire qu'il veut réduire les dépenses publiques et le nombre
de fonctionnaires, c'est une illusion. Faire croire qu'il va résoudre les problèmes de sécurité à coup de lois alors qu'il ne cesse de réduire les policiers dans nos quartiers, que la Justice
connaît un manque cruel de moyens, que les associations qui travaillent pour l'aide aux jeunes, qui travaillent à leur insertion, à la prévention, connaissent de dramatiques coupures de
subventions, c'est une illusion. Faire croire qu'il va diminuer l'imposition sur les successions, que c'est juste, que cela va concerner des contribuables comme mes concitoyens, c'est une
illusion, c'est un mensonge. Car ce qu'il vise, c'est détaxer les plus grosses fortunes de ce pays, ses amis, mais pas les gens d'ici. C'est ainsi qu'il a réussi à troubler une partie de
l'électorat de Gauche et à ponctionner celui du Front national : c'est navrant. L'électorat l'a cru en conscience. Sarkozy a réussi à escamoter son bilan, qui il est, c'est un comble.
J'enrage
La deuxième : une élection en cache une autre. La France a un nouveau président : très républicainement, je forme des voeux pour l'avenir de mon
pays. Mais mes craintes sont que nombre de Français se réveillent dans la douleur : les petites gens qui subissent la pression des plus forts dans le monde du travail. Voilà pourquoi il est
urgent de travailler aux 3ème et 4ème tour : les élections législatives, les 10 et 17 juin. Ce sont elles qui feront les politiques que la France conduira dans les cinq ans qui viennent.
J'appelle la Gauche, les hommes et les femmes de progrès qui veulent que la société bouge dans le rassemblement et la cohésion sociale, à se mobiliser. Rien ne serait pire que de croire que
Sarkozy a tous les pouvoirs. Les Français n'ont pas choisi leur gouvernement. Dans ce combat-là, allons-y !
La troisième : il ne faut pas mélanger les scrutins. Les résultats de l'élection présidentielle ne se confondent pas et ne se confondront pas avec
ceux des élections législatives et municipales. Les électeurs ont pris en compte la dimension personnelle de Nicolas Sarkozy ; ils tiendront compte de la dimension personnelle du candidat qui se
présentera à eux, de ses qualités pour les relations humaines, de sa capacité à exercer. Des lignes ont bougé mais les positions locales ne sont pas remises en cause profondément.
Cette élection restera une chance de gâchée pour la Gauche et un gâchis politique.

L'élection a-t-elle déjà eu lieu ? Non, bien sûr. Mais cet après-midi, je me rends à l'Assemblée, pour la faire visiter, pour expliquer son
fonctionnement, comment se font les lois, préciser les différentes commissions de l'Assemblée, les amendements, les compte-rendus des débats… et tout cela, je l'explique à plus d'une trentaine de
jeunes élèves du lycée Lavoisier de Roubaix.
Je suis fidèle en amitié, et
je m’en honore. Aussi, dès qu’il m’a invité, c’est devenu un incontournable de mon agenda, il fallait que j’y sois ! Ce vendredi, un Croisien parmi les plus célèbres, Jean Gomanne, fête ses
années de chansons, et à cette occasion, il a invité ses amis – j’en suis ! – et a sorti un nouveau CD, un « Florilège » (c’est son titre, avec une Tour Eiffel en fond d’image) de
ses chansons. Pour être franc, c’est de la chanson comme je l’aime, française, chantant l’amour et la vie, de ces chansons que nous avons tous un jour fredonnées, et
que nous conservons tous dans un coin de notre tête.
Ce midi, dès la fin de
l’assemblée générale, direction Dunkerque. Mon ami et complice, son maire Michel Delebarre, m’a invité au Carnaval pour lancer du balcon de l’Hôtel de ville les célèbres « kippers »…
pendant que lui lancera également – privilège du maire – des homards (selon la célèbre apostrophe de la population dunkerquoise : « Delebarre, des homards ! »).