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Député de la 8e circonscription du Nord


Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 15:40
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Franchement, parmi les responsables socialistes, je ne fais pas partie de ceux qui considérent comme indispensable, ni même utile, un accord avec les Verts, ni sur le fond (et la question du nucléaire) ni sur le plan électoral.

Pourquoi ? Parce que je considère que, dans la logique de la Ve République, c’est l’élection présidentielle – clé de voûte de la démocratie – qui détermine les rapports de force entre les formations politiques, et donc que c’est logiquement sur la base des équilibres issus du 1er tour de l’élection que se déterminent les contours de la politique conduite, mais aussi ceux de la majorité présidentielle, donc gouvernementale, donc parlementaire.

J’ignorais pour autant que je serai, dans le Nord, la victime de cet accord et de son volet électoral. De fait, je ne l’accepte pas !

Certes, bien sûr, je savais depuis plusieurs semaines que les Verts avaient demandé une circonscription dans le Nord et que la 8e en faisait partie ; plusieurs étaient demandées, y compris des circonscriptions qui n’avaient pas ou plus de titulaires sortants. J’avoue ne pas avoir pensé une seule seconde que mon parti (que j’ai servi et aimé fidèlement depuis 34 ans !) et que ma fédération (que j’ai appuyée depuis autant de temps), me lâcherait (pardon : me trahirait !), en m’offrant en pâture en contre-partie de tripatouillages pour des intérêts particuliers lillois et roubaisiens (qui ne sont d’ailleurs que marchés de dupes !).

Et que nul n’ait eu l’obligeance de me dire qu’il s’agissait là de la proposition-même de la Fédération du Nord, et que j’apprenne – après la tenue du Bureau national ! – dans l’hémicycle à plus de 22 heures, par le 1er secrétaire de la fédération de Paris (!) de retour du BN, que c’est ma circonscription qui a été gelée pour les Verts (alors même que je suis en train de siéger pour défendre jusqu’à 2 h 30 du matin des amendements à la loi de finances de l’AMGVF voulus et soutenus par Martine Aubry elle-même !), c'est pour moi particulièrement choquant.

Mais par-delà l’indécence de la forme, le fond de cette décision qui m’affecte est également inacceptable !

On ne m’autorise pas à me représenter. Je suis le sacrifié sur l’autel de l’accord avec les Verts. Pourquoi ?

  • D’abord parce que les Verts veulent une circonscription gagnante ! En effet, dans le Nord, la 8e est l’une de celles qui votent le plus à gauche. Et alors ? C’est cela le courage en politique ? Moi, cette 8e circonscription, avant qu’elle ne soit redécoupée, je suis allé la gagner, en 1997 d’abord (notamment contre le numéro 2 du Front National, Carl Lang !), puis en 2007 : on ne me l’a pas donnée toute cuite ! Je me souviens de la joie des copains de Wattrelos, Roubaix, Croix et Wasquehal quand nous l’avons reprise.

Et maintenant, il faudrait qu’on la donne ? Parce que les Verts veulent une circonscription où ils sont certains de gagner (on les comprend !), sans candidat socialiste de préférence (c’est encore mieux !)… Il faut qu’on leur donne bulletins de vote et électeurs ?

Mais on n’achète pas une circonscription comme on est nommé à la tête d’une agence d’intérim ou d’un bureau de poste ! Ce sont des hommes et des femmes libres, électeurs, qui ont, avec leur élu et celui-ci avec eux, des relations étroites, de proximité. Cela s’appelle un ancrage.

De plus, le courage en politique - et les Verts auraient pu, auraient dû le faire, et je les aurai soutenus fermement - c’est d’aller à la conquête d’une circonscription gagnable, susceptible de basculer pour renforcer la gauche d’un siège de plus… plutôt que de s’asseoir dans le fauteuil d’un autre !

  • Le sacrifice qui est demandé aux militants socialistes wattrelosiens et roubaisiens est d’autant plus inacceptable que dans l’agglomération, ici, on a déjà donné ! En 1997, la 7e circonscription (celle de Jules Guesde !) avait été donnée à un Vert, Guy Hascoët ! Mais il avait tellement fait peu de cas du terrain et des électeurs que celle-ci, réputée imperdable à gauche, a été gagnée par la Droite qui l’a gardée depuis ! Une vraie réussite ! Est-ce cela que l’ont veut recommencer ? Sauf que cette fois, ce n’est plus la Droite mais le FN qui dans la 8e est en embuscade !

  • Derrière les législatives, il y a d’autres enjeux, d’autres arrangements sans doute. On les devine plus qu’on ne les connaît. Mais il est deux remarques dont nul ne peut contester la vérité :

  • la première, c’est que c’est à un opposant à la Municipalité de Roubaix que l’on veut donner un siège de député ! Depuis quand le parti socialiste a-t-il pour stratégie de faire élire députés ceux qui s’opposent, parfois farouchement, aux maires socialistes locaux ?

  • la seconde, c’est que ce choix va faire payer à Roubaix ce que Lille n’a pas voulu et ne veut pas payer… puisque, rappelons-le, la demande première des Verts portait non pas sur la 8e mais sur la 2e circonscription !

Et cela, ni comme député de Roubaix ni comme maire de Wattrelos, je ne peux l’accepter.

Telles sont quelques-unes des raisons (mais quelques-unes seulement car je pourrai aussi

évoquer ce que, depuis plus de quatre ans, j’ai pu faire sur le terrain ou à l’Assemblée) pour lesquelles je ne peux valider cet arrangement électoral, ni ce soir ni demain ! Face à une telle situation me revient une maxime de George Sand : « Les déceptions ne tuent pas, les espérances font vivre »...

 

 

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 14:16
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Le-Garrec-decore-copie-1.jpgSéquence amitié, un peu nostalgie même, ce soir à la Fondation Jean-Jaurès, cité Malesherbes (là où François Mitterrand eut ses bureaux avant Solférino !), où Pierre Mauroy remet la légion d’honneur à Jean Le Garrec (devant le buste de Jean Jaurès !).

Né en 1929 à Palais, affecté en 1951 comme contrôleur des PTT à Tourcoing avant, trois ans plus tard, de rentrer chez IBM comme chef de service puis cadre supérieur. En 1970, il s’engage en politique au PSU, et à la CFDT. C’est en 1974, que Pierre Mauroy a rencontré l’homme de la petite Gauche qui, aux Assises du socialisme, rejoint le PS.

Député à Cambrai en 1981, puis en 1997 dans le dunkerquois, Jean aura toujours été très proche de Pierre. Il aura été quatre fois ministre de 1981 à 1986. D’abord comme secrétaire d’Etat à l’extension du secteur public, il fut chargé des nationalisations. Puis ministre de l’emploi, il fit les TUC, avant d’être secrétaire d’Etat au plan, puis à la fonction publique. Plus tard, redevenu parlementaire, il sera successivement président de la commission des finances puis des affaires sociales (il est rare dans notre République d’allier ces deux compétences).

Jean est un homme de cœur qui, par-delà son brillant parcours ministériel et parlementaire, se caractérise par sa gentillesse, sa courtoisie, sa capacité de séduction. Pour moi, c’est un ami à qui je dois beaucoup. C’est lui qui m’a fait collaborer de 1988 à 1991 au cabinet de Pierre Mauroy, alors 1er secrétaire du PS. Toute l’équipe est là ce soir autour de Jean et cela fait plaisir.

Comme fait plaisir à tous, je crois, la conclusion de Jean : « Nous devons nous battre pour une République sociale, une République qui écoute, qui regarde, une République modeste ».

 

 

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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 23:10
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Il faut croire que cela devient la seule ligne politique de la majorité UMP et Nouveau Centre à l’Assemblée. Chaque semaine, de nouvelles mesures d’austérité viennent s’ajouter aux économies et aux restrictions, mais il y a une constante : ce sont toujours les plus modestes qui paient !

Les exemples sont nombreux ; cet après-midi, j’en suis estomaqué !

On s’en souvient : la semaine dernière, dans le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) 2012, la majorité de droite avait décidé de reporter du 1er janvier au 1er avril 2012 la revalorisation des prestations familiales. Economie réalisée = 130 millions d’euros ! Sur le dos des familles surtout les plus modestes, bien sûr, qui en seront les plus affectées…

Mais cet après-midi, dans les articles non rattachés de la loi de finances, les barèmes des allocations logement qui auraient dû augmenter de 2 % en 2012 (comme l’inflation) ne connaîtront qu’une augmentation de 1 % ! Moitié moins que l’inflation… C’est un amendement du gouvernement qui fait cela, en se félicitant que sur «l’ensemble des aides personnelles au logement, l’économie sera de l’ordre de 160 M€ » ! Cela fera 160 M€ de pertes de pouvoir d’achat des familles, là encore, surtout les plus modestes. Précisément, cet amendement représente 54 M€ en moins pour l’aide personnalisée au logement (APL), 42 M€ pour l’allocation du logement familial (ALF), et 64 M€ pour l’allocation de logement social (ALS).

Après la taxation de 3,5 % sur les complémentaires santé (1,1 Mds €), 2012 s’annonce vraiment très mal pour les plus modestes !

 

 

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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 16:51
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Page-garde-rapport-engagements-etat-2012-copie-1.jpgLa technique parlementaire n’est pas toujours simple à comprendre, alors cela vaut la peine d’être précis.

S’agissant d’une mission du budget (c’est-à-dire un ensemble de crédits budgétaires), lorsqu’elle a été examinée en commission élargie et que les crédits ont ainsi été votés en commission des finances, leur présentation et leur vote doivent être confirmés dans l’hémicycle en séance plénière.

C’est ainsi, cet après-midi, que les crédits de la mission Engagements financiers de l’Etat dont je suis rapporteur spécial passent en séance, présentés par Valérie Pécresse, ministre du budget. J’ai été amené à lui répondre, au nom du groupe socialiste, radical et citoyen.

Pour lire mon intervention, INTERVENTION DE DOMINIQUE BAERT AU NOM DU GROUPE SRC SUR LAcliquez ici.

Pour consulter mon rapport spécial, publié ce jour, Engagements financiers Etat 2012cliquez ici.

 

 

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 09:45
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

logo anMardi paraissait au Journal Officiel ma question à Madame la ministre des solidarités et de la cohésion sociale sur la question du transport des travailleurs handicapés depuis leur domicile vers les établissements ou services d'aide par le travail (ESAT).

Cliquez ici pour lire la question

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 09:31
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

logo anCette semaine paraissait également au Journal Officiel la réponse du secrétaire d'État auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé du logement, à ma question concernant l'accès au logement, ainsi que les conditions de sortie des locataires.

Cliquez ici pour lire la réponse et la question

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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 16:08
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Vive-universite-Lille.jpgLes hasards du calendrier sont parfois curieux : les deux quotidiens locaux font ce matin leurs titres sur le fait que le plan gouvernemental n’a pas retenu le projet des universités lilloises dans son programme Idex.

C’est évidemment une très mauvaise nouvelle pour notre Région, en particulier pour le monde de la recherche dans nos universités. Comme le dit Philippe Rollet, président de Lille 1, « si nous sommes déçus, on n’arrête pas ».

En effet, c’est ce matin, dès 8 heures, que l’ensemble des présidents des trois universités de Lille 1, 2 et 3, les directeurs de l’Ecole centrale de Lille, de l’ENSAIT, de l’Ecole supérieure de journalisme, de l’Ecole de chimie, de Sciences Po Lille et de Télécom Lille 1 ont souhaité rencontrer députés et sénateurs du Nord , ainsi que la Région, pour confirmer leur volonté de se regrouper en une Université de Lille.

Il s’agira d’une construction de type fédéral avec un conseil d’administration et des transferts importants en matière de recherche. Via un conseil scientifique unique, la nouvelle entité veillera à conduire une politique scientifique unique pour renforcer notre potentiel de recherche. Ces universitaires estiment en effet que celui-ci « manque de profondeur », car « nous ne sommes pas assez visibles dans nos domaines d’excellence ».

Il s’agit aussi de mobiliser nos établissements sur « la formation tout au long de la vie ».

Partout, en France, dans les grandes métropoles se constituent de grands ensembles métropolitains (Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Nancy…), et « nous ne pouvons être à l’écart ». Car parmi les éléments fondamentaux qui font l’attractivité d’un territoire figurent l’existence de réseaux forts (transports, télématiques) et la présence d’une grande université. Voilà pourquoi il est important que se constitue à Lille « une université complète qui couvre tout le champ des diplômes ». Elle sera statutairement mise en place courant 2012.

Elle développera ensuite ses projets avec les autres universités de la région mais l’heure est à « la stratégie d’approfondissement avant une stratégie d’élargissement ».

Cette annonce, restructurant profondément le monde universitaire, est très importante et j’y souscris, comme tous les parlementaires présents. Car comme le dit Etienne Craye, directeur de Centrale Lille, « c’est maintenant ou jamais »…

 

 

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 10:59
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

logo anMardi paraissait au Journal Officiel la réponse du ministre du travail, de l'emploi et de la santé à ma question portant sur le projet de décret modifiant la gouvernance du conseil d'administration du FIVA.

Cliquez ici  pour accéder à la réponse et à ma question.

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 08:41
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

db-caf2012.jpgC'est un paradoxe mais ce matin, à la CAF de Roubaix, nous célébrons en quelque sorte une naissance... et une disparition.

La naissance, c'est celle des tous nouveaux locaux de l'établissement après des travaux qui auront duré près d'une année. En cette fin de matinée, je suis présent à l'inauguration en compagnie du président de la CAF de Roubaix-Tourcoing Pierre Dessauvages, et des élus roubaisiens Pierre Dubois et Renaud Tardy notamment.

Le résultat est épatant : beaucoup de bois, un environnement végétal, de la lumière, bref, un bâtiment moderne et séduisant comme on sait les faire de nos jours.

Un bâtiment plus utile et plus adapté aux exigences de l'accueil des allocataires surtout, c'est quand même là l'essentiel ! On est en effet passé d'une surface de 300 m2 à 640 m2, c'est-à-dire des locaux deux fois plus grands pour accueillir dans des conditions plus dignes le public dans l'un des 12 guichets ouverts, ou l'un des 4 bureaux fermés. Des bornes de consultation de données en libre service sont également disponibles afin de pouvoir recevoir, selon le président Dessauvages, entre 700 et 800 personnes tous les jours (Roubaix gère 41 343 allocataires !).

La disparition que j'évoquais plus haut, malheureusement, c'est celle de la CAF de Roubaix-Tourcoing qui deviendra dans quelques jours (le 23 novembre) la CAF du Nord puisqu'elle sera intégrée dans un schéma de départementalisation qui concerne les 8 CAF du Nord (Roubaix fut d'ailleurs la première de France, créée en 1945).

Un changement de statut certes transparent aux yeux des usagers mais une perte partielle d'autonomie que je déplore personnellement. Je me suis beaucoup mobilisé, depuis le lancement par le Gouvernement et le Conseil d'administration de la caisse nationale d'allocations familiales de la politique de départementalisation des CAF, pour que les anciennes CAF continuent de disposer d'une certaine autonomie d'action et d'animation du territoire. C'est vital pour Roubaix-Tourcoing !

C'est dans le Nord qu'il y en avait le plus et elles ont entre elles des différences historiques, nées de la diversité sociale des territoires de notre Nord. Dès lors, chacun a sa spécificité, ses politiques sociales.

Ici, à Roubaix-Tourcoing, le soutien aux structures (types centres sociaux) a toujours été consistant ; il l'est moins ailleurs. C'est un exemple parmi d'autres pour justifier que, même dans une CAF départementale unique, il faut que subsistent des modes de gouvernance de proximité correspondant aux anciennes CAF pour écouter et gérer précisément ces particularismes sociaux.

 

 

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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 10:00
- Publié dans : Député de la 8e circonscription du Nord

Soutenabilite.jpgChaque année depuis 2007, dans le rapport spécial sur les engagements financiers de l’Etat que j’ai à rédiger et à présenter à la commission des finances de l’Assemblée nationale, j’ai pointé du doigt les dérapages insensés de la dette publique rendus inexorables par la politique budgétaire et fiscale menée par le Gouvernement.

Déjà en 2008, le besoin de financement dérapait, l’endettement s’envolait et la charge de la dette s’alourdissait. Déjà en 2008, j’évoquais dans des scénarios (avant même la crise financière !) la perspective d’un ratio de dette / PIB de 70 % en 2012… balayé alors d’un revers de main par le ministre du budget de l’époque (on sera pourtant à 87,4 % en 2012 d’après les prévisions du gouvernement d’aujourd’hui !). En vérité, le Gouvernement est resté sourd à ces mises en garde répétées de cette tour de contrôlebudgétaire qu’est la commission des finances, et que j’ai portées au débat public !

Pendant tout ce temps, il a continué à distribuer les cadeaux fiscaux et à réduire (dangereusement !) les recettes fiscales de l’Etat.

De sorte que maintenant, le réveil est plus que douloureux ! Jusqu’à présent, tout cela a pu (relativement) s’absorber car taux d’intérêt et inflation ont pu modérer les charges de la dette. Mais avec les tensions des dettes souveraines européennes, l’opinion publique et les gouvernements prennent conscience de ce que la dette publique, ou plutôt ce qu’elle est devenue en cinq ans, fragilise la France.

Oui, la question de sa soutenabilité est clairement posée. D’où les (mauvaises) mesures d’austérité que le Gouvernement a prises et s’apprête encore à prendre.

Or, tant l’analyse économique que le passé ne sont pas de nature à rassurer : d’une part, l’histoire financière française des trente dernières années témoigne de la très grande difficulté à maîtriser l’endettement public ; d’autre part, tous les théoriciens de l’économie connaissent les règles mathématiques implacables en matière de phénomène d’accumulation, notamment de la dette : la dette s’alimente elle-même à la fois par la mécanique du déficit budgétaire et de celle de l’effet boule de neigené de l’écart entre le taux de croissance de l’activité économique et le taux d’intérêt moyen de la dette (dès lors que le budget de l’Etat, hors charge de la dette, n’est pas en excédent primaire, ce qui est malheureusement le cas du déficit français !).

Dès lors, alléger le fardeau de la dette passe au minimum par une stratégie en trois étapes : d’abord, inverser les dérivées secondesdu déficit budgétaire qui veulent que la croissance du déficit s’accélère ; ensuite, inverser les dérivées premièresqui font que le déficit s’accroisse ; enfin, construire une stratégie économique de dynamisation de la croissance qui stimule durablement celle-ci de manière à maintenir un taux de croissance supérieur au taux d’intérêt, ce qui aura pour effet de casser, puis d’inverser la spirale étouffante de l’effet boule de neige.

C’est d’autant plus indispensable que, vu le niveau atteint par notre stock de dette, il s’en faut de peu, dans les circonstances économiques présentes, pour que son poids ne devienne prohibitif ! Ainsi, dans mon rapport spécial, j’ai construit deux scénarios, modifiant à la marge les hypothèses de croissance du gouvernement (en étant d’ailleurs, à mon sens, plus proche de la réalité) qui se concluent par des ratios dette / PIB de 92 à 97 % dès 2014 !

Ces scénarii soulignent deux choses :

- l’extrême sensibilité des chiffres de la dette publique française, vu son niveau, à la croissance économique. Il n’y aura donc pas de stratégie durable de desserrement de contrainte de la dette sans une action en profondeur de stimulation de la croissance potentielle structurelle française ;

- une forte élasticité de la dette publique française à devenir insoutenable, si l’Etat ne retrouve pas rapidement un niveau de recettes fiscales capables de lui permettre de desserrer cet étau et de faire face à ses engagements financiers.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la gestion Sarkozy nous laisse un lourd, très lourd et dramatique héritage !

 

 

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