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  • : Blog de dominique Baert
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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 09:18
Le roi René nous a quittés !

J’ai eu le cœur très en peine, en milieu de semaine, d’apprendre cette bien triste nouvelle qui nous arrive du sud de la France où il s’était installé : René Plovie, emblématique ancien président du Sporting club et ancien vice-président de l’Entraide Sportive, est décédé à l’âge de 88 ans.

 

René, c’était le grand, le roi René : sa haute stature, sa voix rocailleuse et forte, son rire, sa manière incomparable d’apostropher, de mettre en confiance, sa convivialité, son sens de l’amitié, sa fidélité… oui, c’était un roi ! Le roi de la bonne humeur, du bon accueil dans son bistrot à l’entrée de la rue Gabriel-Péri, le roi de la truculence et de la bonne histoire, toujours joyeux et proche des soucis de ses clients et amis à la fois. Les peines, il les réconfortait ; les tristesses, il les combattait ; les problèmes, il aidait à les oublier par sa main tendue, son « qu’est-ce te bos ? Ch’est pour mi ! » ; ses conversations de bord de comptoir qu’il savait animer… au point de faire oublier l’heure de rentrer.

 

C’était le roi de la fête, de la joie, de l’amitié vraie, franche, virile, sportive ! Il était le roi de mon quartier d’enfance, de la rue Gabriel-Péri et de la place du Moulin. Son café, c’était un lieu de rendez-vous, un point de passage quasi-obligé, avec sa caisse d’épargne, ses œufs durs, sa machine à cacahuètes que le gosse que j’étais dégustait (à l’époque) sans modération.

 

Dans mon enfance, le dimanche midi, lorsque l’heure a priori normale du déjeuner était déjà bien avancée, que de fois ma mère m’a envoyé chercher mon père « Chez René » et, petit garçon, j’entrais, tirais sur la veste de mon père qui ne m’avait pas vu arriver, en disant : « Maman, elle a dit qu’il faut rentrer manger »… et du coup, mon père me payait une limonade (avant de repartir avec moi enfin !).

 

René, c’était un monument de la vie locale, tant physiquement que sur le plan associatif puisque, outre la présidence du Sporting (pour laquelle il avait obtenu la médaille de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif) et son engagement à l’Entraide Sportive, il était membre (très) actif du Comité des fêtes de son quartier, mais aussi de la Confrérie du Carnaval, tant il avait la fête et la convivialité chevillées au cœur.

 

Son bistrot était l’emblématique siège du Sporting  des rouges et noirs, si je me souviens bien : c’était tout un univers, un haut lieu de la vie sociale du quartier. René trônait derrière le comptoir et assurait l’ambiance à lui seul, interpellant untel ou untel, payant des tournées, faisant éclater de rire toute l’assistance avec ses réflexions, ses anecdotes. Un vrai théâtre ! Et les jours de derby avec l’US Wattrelos, il fallait voir ça : c’était l’événement de l’année ! On y préparait la rencontre, on faisait le match avant qu'il ne soit joué, on prenait des paris, puis après, on refaisait le match, on fêtait la victoire, ou on essayait d'oublier la défaite... jusqu’à tard après la fin du match !

 

Dans tout ce quartier, du terrain du Beck à la place du Moulin, la vie du quartier était rythmée par les matches du Sporting ! Je revois encore mon père bondir du fauteuil, un dimanche après-midi, parce qu'il avait entendu des clameurs dans le stade : « Je vais jeter un œil et je reviens... » avait-il dit à ma mère. Lorsqu'il est revenu, il faisait nuit et j'étais couché ! Les matches du Sporting duraient plus longtemps que les autres...

 

René, c’était une figure, un personnage, une personnalité wattrelosienne qui aura marqué son passage dans cette ville. Après sa retraite, en 1989, il était descendu vivre au soleil, à Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, tout en revenant vivre régulièrement quelques semaines à Wattrelos où il avait gardé une habitation à côté du bistrot ! Je le vois encore tout déconfit lorsque, le croisant sur la place de Wattrelos le 18 mars 2001, où il était remonté du Sud pour venir voter (pour moi) au 2e tour des élections municipales, je lui ai dit : « C’est gentil René, mais j’ai gagné au 1er tour ! ». La Grand’place de Wattrelos résonne encore de son rire… Il m’a alors dit : « Viens, j’te paie un verre ! ».

 

Je me souviens aussi qu’il était revenu fêter ses noces d’or en mairie de Wattrelos en 2001, puisqu’il s’y était marié 50 ans plus tôt. Jeune maire (c’était ma première cérémonie des jubilaires de Pâques dans la fonction), pour le clin d’œil je n’avais pu m’empêcher de lui offrir un collier de moules « mâles et femelles » faisant référence à une vieille blague dont il avait été victime une vingtaine d’années plus tôt, au moment de la fête des Berlouffes à l’occasion de laquelle le Sporting dressait un grand chapiteau sur la place du Moulin pour y servir des délicieuses moules-frites. Une inspection déclenchée sur la base d’un arrêté factice de mon prédécesseur pour préciser que seules les moules mâles pouvaient être servies (et non les femelles !) avait semé l’effroi chez les bénévoles, et posé des questions existentielles à René de longs moments… avant qu’il ne comprenne l’odieuse supercherie ! Cette place du Moulin avait d’ailleurs été officieusement rebaptisée « place René Plovie » en 1989 – la plaque est encore visible sur le mur, au fond du parking !

 

René, c’était un ami, un ami de mon père, ils avaient le même âge ! Avec d’autres, comme son ami Roland Merlin hélas également décédé, il incarnait l’âme wattrelosienne, la truculence, la camaraderie, la générosité, la passion de la vie associative. C’était un vrai, vrai, vrai Wattrelosien et je pense que je peux pas lui rendre plus bel hommage que d’écrire cela. Il y a quelques mois, lors de ce qui sera donc son dernier passage à Wattrelos, à la friterie du Moulin, en face de son ancien bistrot qui ne l’est plus, nous avions mangé une frite ensemble, avec sa femme Liliane, toujours si proche de lui, et à qui je pense très fort aujourd’hui. J’étais avec ma mère et il m’avait dit : « Te sais garchon, j’cros que j’n’arvindrai pus », et il m’avait embrassé avec émotion. Nous savions tous deux que c’était vrai. Il avait raison…

 

Repose en paix, ami René, ami fidèle, tu nous manqueras cruellement mais Wattrelos, elle, ne t’oubliera jamais. Et dans ton quartier, « Chez René », on sait tous encore où c’était…

 

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