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  • : Dominique Baert est député de la 8e circonscription du Nord et maire de Wattrelos
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 08:45

Oui, ce dimanche soir, c’est à la salle Salengro, et dès les premiers sondages connus, une satisfaction en même temps qu’un soulagement : Marine Le Pen est battue. Elle ne dépasse pas les 40 % redoutés au niveau national : elle se tient à un peu plus de 33 % ; à Wattrelos, où je redoutais qu’elle soit majoritaire, elle ne s’inscrit qu’à 48,3 %, c’est-à-dire moins que les 48,5 % des Départementales de mars 2015. Pour autant, c’est trop, beaucoup trop, car ces idées et ce parti sont dangereux.

 

> Une poussée nationale incontestable dès le 1er tour

On l’a bien sentie à Wattrelos au 1er tour. Même si Le Pen avait déjà franchi la barre des 6 500 voix sur la ville (et les 6 000 voix à plusieurs reprises depuis 30 ans), les 6 800 du 23 avril sont incontestablement son point le plus élevé jamais atteint.

 

            L’impulsion nationale est évidente. A dire vrai, sur les résultats du 1er tour, les chiffres obtenus dans les villes du Nord, ou du Pas-de-Calais à sociologie comparables, villes à forte histoire ouvrière et industrielle, pour insupportables qu’ils soient, les 33 % du 1er tour de Wattrelos sont en deçà de beaucoup (trop) de ces communes du Sud du Nord ou du bassin minier.

 

            Mais bien sûr, ce « socle » national a aussi sa déclinaison locale, car sur le territoire de la ville, certains quartiers sont très inférieurs à la moyenne des 33 %, mais surtout quelques-uns sont très supérieurs, (bureaux 12, 16, 20 au Touquet et au Sapin Vert ; 8, 9, 10 au Crétinier) ; ces quartiers sont limitrophes de Tourcoing et de Roubaix.

 

> Au 2nd tour, c’est amplifié par des reports de voix qui questionnent

            Pour passer de 6939 au 1er tour à 8813 voix au 2nd, Marine Le Pen a bénéficié de reports de voix du 1er tour. Si on peut penser qu’une large partie des 900 voix de Dupont-Aignan se sont portées sur son nom (compte tenu de l’accord  électoral) et qu’on ne peut non plus exclure une partie (de l’ordre de 400 voix) des électeurs de Fillon, ce qui me peine – et me préoccupe – le plus, c’est qu’on ne peut exclure que 700 à 800 voix des électeurs de Mélenchon (même si une part importante, d’évidence, s’est portée légitimement sur E. Macron) aient renforcé Le Pen. Sur certains bureaux (Camus, Brossolette…) la question peut se poser, et elle est politiquement douloureuse, car le passage de l’extrême-gauche à l’extrême-droite est une question politique majeure pour les années qui viennent. Sans doute, la campagne melanchonienne  éhontée et démesurée sur « le banquier », « candidat de la finance », ou « du CAC 40 », a dilué les repères républicains, et c’est bien regrettable. Car ce que je considère le plus douloureux dans cette campagne c’est ce que ça et là j’ai pu entendre ou lire sur le choix du 2nd tour : « Macron ou Le Pen », c’était « la peste ou le choléra » !!! Quelle stupidité politique sans nom, quelle absurdité démocratique ! D’un côté l’extrême-droite, de l’autre un candidat qui respecte la République et sa valeurs, la justice, le droit, bref un vrai candidat républicain,… et on les confondrait ? Et on refuserait de choisir entre les deux ? Mais il ne peut pas, il ne pouvait pas y avoir de confusion, sauf à aussi être contaminé par les caricatures d’Emmanuel Macron faites par l’extrême-droite ou l’extrême-gauche !

 

> Il n’en reste pas moins que ces chiffres obligent, nationalement et localement. Ils obligent à agir, à expliquer et à convaincre. Les déterminants d’un vote d’extrême-droite sont divers, allant au refus de l’ouverture internationale et de l’Europe (un comble dans notre région frontalière !) à des considérations protestataires très personnelles.

 

            Il faut savoir expliquer que les recettes du FN ne sont pas les bonnes mesures, et qu’elles sont dangereuses, réussir une politique économique créatrice d’emplois, améliorant le pouvoir d’achat et qui réduira les inégalités et la pauvreté. Il faut rendre confiance aux institutions. Tout cela, je sais qu’Emmanuel Macron le sait, et j’espère qu’il aura les moyens d’agir.

 

            Localement, nous mènerons aussi réflexions et analyses pour contenir les votes protestataires spécifiques autant qu’il est possible. J’ai lancé ce travail avec l’équipe municipale.

 

            Mais trois observations :

 

> le phénomène « extrême droite » n’est pas que lié au territoire wattrelosien : en Belgique, c’est à Mouscron que, chez les électeurs français, Le Pen fait son score le plus élevé (43,5 %), et de loin !

> bien des villes ouvrières, malheureusement, ont mis Le Pen en tête, là encore dans le Sud du Nord ou le bassin minier : 53, 6 % à Lens qui a souvent voté comme Wattrelos, et même 58,2 %  à Liévin. Avec 48,5 % pour Le Pen, Wattrelos – heureusement – est en deçà de ces résultats, et tant mieux !

> et pour ceux qui ont critiqué mon soutien à Emmanuel Macron, se sont-ils demandés ce qu’aurait été le score de Le Pen à Wattrelos si, avec mes amis et camarades, je n’avais pas fait une campagne active pour Emmanuel Macron ? Pour ma ville, j’ai eu raison de faire le choix que j’ai fait…

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Publié par Dominique Baert - dans Maire de Wattrelos
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