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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /2010 00:01
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voeuxdb.jpgDans ces premières heures de l’an nouveau, c’est la première des pensées, la première des envies : vous souhaiter, souhaiter à la France, souhaiter au monde une bonne année 2010 !

 

Oui, qu’on voie progresser dans l’année qui s’ouvre : le règlement des conflits ; la réduction des tensions dans bien trop d’endroits sur le globe ; les droits de l’homme, ceux de la femme aussi ; la fraternité des hommes ; l’espérance pour la jeunesse ; et que recule le spectre d’une dégradation de notre planète, notre bien le plus précieux.

 

Oui, qu’en France, au-delà de la péripétie politique de cette décision – pertinente ! – du Conseil constitutionnel annulant la taxe carbone, s’améliore la démocratie, et notamment les droits du Parlement pour mieux légiférer, et donc être plus efficace ; que se construisent les conditions politiques et de réflexions d’une politique économique et sociale plus soucieuse de la lutte contre le chômage, de l’existence de services publics locaux présents sur les territoires et efficients, porteurs de compétitivité ; que les Français aient conscience de leur diversité, de leurs qualités collectives, de la valeur qu’est leur identité ; qu’ils sachent vivre, tous ensemble, dans la sécurité, dans le respect mutuel et dans la tolérance ; que progressent l’égalité des chances et le droit de vivre dignement, pour ceux qui ont un emploi, pour ceux qui n’en ont pas, pour les aînés, comme pour les jeunes qui doivent rêver de leur avenir et non en avoir peur.

 

Oui, qu’un vent d’optimisme puisse souffler sur chacune et sur chacun. Que les injustices reculent, et tout du moins ne s’accroissent pas, ce qui par les temps qui courent serait déjà un énorme progrès. Que le mouvement vers le progrès ne s’enraye pas, qu’il retrouve de la dynamique pour que chacun puisse recommencer à croire et à vivre un demain meilleur qu’aujourd’hui. Que la santé, si elle est objet de préoccupations, puisse se maintenir, se consolider et se conforter. Que les joies soient les plus nombreuses possibles. Que la bonne humeur puisse être la plus fréquente.

 

Que celui qui a souffert, espère. Que celui qui n’a jamais aimé, aime. Cela peut arriver, il faut que cela arrive. Il faut que 2010 le permette. Bonne année, très bonne et heureuse année pour chacun, pour tous, toutes celles, pour tous ceux qui vous tiennent à cœur.

 

Bien amicalement, tous mes vœux sincères et chaleureux.

 

 

 

 

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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 09:40
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Il y a des fois où on voudrait ne pas avoir raison.

 

Dans un article de ce blog que j’avais consacré au lancement de cette conférence (cf. mon article du 8 décembre), j’avais fait part de mes appréhensions sur son issue. Le texte a minima qui en a été la résolution finale ne me surprend donc pas, malheureusement.

 

D’abord parce que la pression médiatique a été tellement forte sur cette rencontre qu’elle a mécaniquement poussé à un haut niveau les espérances, tellement haut que le risque de l’échec, ou tout du moins de la déception, devenait patent. Ensuite parce qu’il faut en avoir conscience, la préoccupation environnementale n’est pas (encore ?) la chose la mieux partagée au monde et que les postures, comme les intérêts des Etats, sont encore très peu convergents, voire divergents.

 

Alors oui, bien sûr, après un processus de négociations internationales intenses, un texte juridiquement vide et politiquement faible en conclusion, c’est décevant ! Martine AUBRY l’a bien résumé, en déclarant : « Conclure le sommet sur une déclaration d’intention de contenir à 2 degrés le réchauffement d’ici 2050 sans dire comment, ne peut être considéré comme un résultat ».

 

L’accord arraché à Copenhague est maigre et ne pourra servir de bases à la construction d’un régime climatique international post-Kyoto.

 

Les enjeux de la conférence étaient pourtant considérables a priori. L’objectif était de trouver un accord prolongeant et renforçant le protocole de Kyoto (qui expirera en 2012), ou au moins un texte de politique générale sur les objectifs de réduction de chacun et les mesures des engagements pris, mais il était aussi et surtout de se mettre d’accord sur le financement de l’adaptation au changement climatique.

 

Or, si  les chefs de gouvernement ont effectivement inclus dans l’accord final une telle aide internationale pour l’adaptation (30 Mds $ à court terme sur 2010-2012, puis 100 Mds d’ici 2020), ils n’ont donné aucun détail sur l’identité des contributeurs et des gestionnaires des fonds obtenus.

 

Alors qui sont les responsables de l’échec ? Assurément les pays riches, frileux sur leurs engagements bien sûr. La Chine aussi, peu désireuse de s’engager et sur les objectifs, et surtout sur la vérification de ceux-ci ? L’Inde et le Canada également, mais aussi l’Europe qui n’aura pas su parler d’une seule voix… Mais ce n’est pas en instruisant une réflexion en culpabilité qu’on progressera ; c’est par l’action. Tant qu’il n’y aura pas un accord international contraignant, juste et ambitieux, c’est non seulement la crédibilité de la communauté des nations (et de l’ONU donc !) qui est en cause, mais c’est surtout la survie de la biodiversité sur la planète qui sera menacée.

 

Pour tout la Gauche, c’est maintenant un acquis : la problématique climatique et ses enjeux est sans conteste le plus grand challenge du millénaire. L’Internationale socialiste en a fait son projet : Construire une société durable et à faible carbone qui soit socialement juste et équitable.

 

Et si, à quelques jours des vœux pour l’an nouveau, on espérait que l’humanité se le fixe pour but ?

 

Rendez-vous pour le savoir aux prochaines conférences, à Bonn en juillet, et surtout à Mexico en décembre 2010.

 

 

 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 09:46
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On ne parle que de ça ! A la télé, à la radio, tous les journaux, difficile de ne pas en avoir entendu parler : l'avenir de la planète se joue à Copenhague. Si seulement c'était vrai. Si seulement il suffisait de tenir une conférence au sommet pour que chacun dans le monde devienne vertueux...

 

La vérité est, comme souvent, davantage à relativiser. Ce sommet s'inscrit dans la continuité de plusieurs concertations internationales.

 

Rio, en 1992, a permis de faire émerger un consensus international sur l'existence du changement climatique et sur son origine : les émissions de gaz à effet de serre produites par les activités humaines. Kyoto, en 1997, a marqué les premiers engagements de réduction des émissions par les pays développés à horizon 2012. L'enjeu de Copenhague est que la communauté internationale prenne pour l'après 2012 les engagements nécessaires à la stabilisation du climat.

 

Le changement climatique est le premier enjeu politique planétaire à solidarité obligatoire. Sur les autres sujets globaux (la faim, la crise financière, les pandémies...), une réponse mondiale est hautement souhaitable mais les tentatives de résolution dans le cadre national sont encore possibles. Pas pour le climat  ; il n'y a pas de maîtrise nationale du climat possible. Impossible d'améliorer le climat à Paris si on le dégrade à Washington et Pékin : il s'agit d'un bien public mondial indivisible.

 

Il faut donc une volonté de l'ensemble de la communauté internationale. Cela signifie d'une part que les deux pays industrialisés qui n'avaient pas signé le protocole de Kyoto s'engagent à Copenhague : les Etats-Unis et l'Australie ; d'autre part que les autres pays (pays émergents, pays en développement) signent également à Copenhague. Cet objectif d'universalité peut être atteint.

 

La négociation à l'approche du sommet se cristallise en revanche autour de la nature juridique des engagements. Y aura-t-il, à la sortie, un traité contraignant ? Parviendra-t-on à la création d'une organisation mondiale de l'environnement, sur le modèle de l'OMC ? Ou n'y aura-t-il que des déclarations politiques par lesquelles les pays s'engageraient politiquement mais pas juridiquement ?

 

Alors, au-delà de cette fièvre médiatique, au-delà du ballet des éminences gouvernementales, c'est cela la question-clé : quelle sera la conclusion, concrète pour la vie des gens, de ce sommet. Que faut-il en attendre ?

 

D'évidence, un bon accord serait déjà un accord universel qui concernerait tout le monde, qui ne laisserait aucune partie de la planète au bord de la route, mais surtout un accord avec un contenu élevé des engagements (où plans d'actions nationaux, financements et calendriers seraient expressément précisés). Ce qui fera sa réussite ou son échec, ce seront les règles dont le document final sera assorti pour garantir le respect des engagements.

 

 

 

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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 15:35
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Ce soir (je devrais dire en fait cette nuit, car la soirée s’est prolongée jusqu’à une heure avancée), c’est en tant que président de l’Union départementale des élus socialistes et républicains que je suis l’un des invités de mon ami Jean-Marie RUANT, maire de Wahagnies. Aux côtés de Pierre MAUROY, de Gilles PARGNEAUX, premier secrétaire fédéral du PS, de Bernard DEROSIER et Patrick KANNER, respectivement président et 1er vice-président du Conseil général, nous fêtons un anniversaire : les 90 ans de gestion socialiste de la commune de Wahagnies.

 

C’est en effet en 1919 que le premier maire socialiste prit les rênes de l’administration de la commune, et il n’y a eu… que quatre maires jusqu’à aujourd’hui. Nous dévoilons donc successivement, au son de la Marseillaise jouée par la fanfare municipale, la plaque de la rue Jean-Jaurès (pour saluer le 150e anniversaire de sa naissance), celle de la maison des associations Roger-Salengro, puis celle de la résidence pour aînés, André-Laurent (ancien maire, ancien député).

 

Ensuite, à l’espace François-Mitterrand, devant près de deux cents convives, avant la remise des médailles du parti aux plus anciens militants, en présence des représentants de la ville allemande jumelée, chacun a pris la parole. J’ai, pour ma part, adressé un salut fraternel : du maire de la ville des copés in deux, à celui de la ville de Jean Badoulet (nom du géant de Wahagnies) ; des élus socialistes de Wattrelos à ceux de Wahagnies ; de l’ensemble des élus socialistes du Nord à ceux de ma commune hôte de ce soir, pour leur souligner l’importance de leur engagement et de leur action. Pendant des décennies, ils ont su apporter des services collectifs à la population (là bas, comme à Wattrelos, une priorité forte a été donnée à l’éducation) ; maintenant dans la crise, et face au démantèlement hyper libéral de la politique de Sarkozy (dont le bouclier fiscal des plus riches est le symbole majeur d’une politique injuste), les socialistes en gestion doivent tout faire pour ériger et faire vivre un bouclier social, protecteur des plus modestes, juste et équitable. Des propos qu’ont ensuite mis en perspective Gilles Pargneaux et Pierre Mauroy, par rapport à la République ou à l’histoire, locale comme nationale : la grande figure d’Augustin Laurent, prédécesseur de Pierre à la mairie de Lille, fut omniprésent.

 

Une bien belle soirée, entre militants.

 

 

 

 

 

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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 11:36
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En cette fin d'après-midi, le Bureau national du Parti Socialiste a adopté le communiqué de presse suivant sur l'identité nationale, sous le titre : « La Gauche défend tous les jours l’identité de la France face aux remises en cause de la droite et de N. SARKOZY ». Je suis pleinement d'accord avec ce texte.

 

« L’injonction du président de la République et de son ministre de l’immigration et de l’identité nationale, convoquant sans délai dans les préfectures « les forces vives du pays », est irrecevable.

La France mérite mieux qu’un discours polémique bricolé à la hâte à des fins électorales. La droite, de plus en plus déchirée, fragilisée par son échec économique et social, instrumentalise un sujet sérieux sur lequel on ne devrait pas chercher à diviser les Français.

Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation. Les socialistes ne serviront pas de caution à cette mise en scène racoleuse qui mobilise indûment et dans l’improvisation les Préfets dont ce n’est pas le rôle.

Les Français sont attachés à l’identité républicaine de la France. Ils n’acceptent pas ses remises en cause. Forgée dans l’histoire, dans les grands combats républicains, sociaux, ouvriers, féministes, l’identité de la France est d’abord constituée des principes communs que la République a su faire partager à tous les Français, et qui sont aujourd’hui bafoués : la France des droits de l’Homme, du droit du sol, de la laïcité, de l’école publique, de l’égalité sociale, du programme du Conseil national de la Résistance, de l’universalisme et de l’ouverture au monde.

La France fidèle à son identité, la France qu’on aime, c’est une France qui défend son modèle social, qui promeut les services publics, de l’école à l’hôpital, de la mairie à la Poste, parce qu’ils sont les moyens de l’égalité. C’est une France de l’émancipation de l’Homme, qui s’engage pour les libertés, notre bien commun, et pour ne pas laisser confisquer la démocratie par un pouvoir sans limites. C’est une France qui défend sa langue. C’est une France qui assume sa diversité, s’attaque enfin aux discriminations et aux obstacles qui barrent l’accès aux entreprises ou aux responsabilités publiques. C’est une France du XXIème siècle, profondément européenne, qui puise sa force dans le respect de cet héritage républicain.

Faire vivre l’identité de la France et l’originalité de son modèle est au cœur des préoccupations du Parti socialiste. Depuis septembre, les socialistes ont engagé un dialogue direct avec les Français dans le cadre du tour de France du projet, lors d’étapes qui permettent à des citoyens de toutes les origines et de toutes les histoires d’affirmer une identité commune. Les Français ne doutent pas de leur identité, ils nous demandent surtout de la défendre et d’y être fidèles.

Fidèles à notre histoire, nous revendiquons une vision civique et républicaine de la nation, et non pas ethnique ou particulariste qui laisserait l’identité s’enfermer dans des critères d’appartenance et donc d’exclusion. C’est cette approche, inhérente à l’existence d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qui est contraire à l’identité de la France et à son génie.

Alors que par ses discours et sa politique, la droite attaque les piliers de la République, les socialistes portent aujourd’hui l’identité de la France. »

 

 

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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 11:33
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Ce soir, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, l’invité qui répond aux questions de Jean-Michel Apathie et d’Etienne Mougeotte est Pierre Moscovici, député socialiste du Doubs, ancien ministre… mais aussi mon ancien camarade d’université et mon ancien collègue du commissariat général du Plan. Je n’ai donc pas été surpris lorsqu’il m’a proposé d’être présent dans le studio RTL à ses côtés pour son Grand Jury.

 

Pierre, après avoir aussi publié l’an dernier un ouvrage intitulé  « Le liquidateur » (consacré bien sûr à Nicolas Sarkozy et à sa politique), sort ces jours-ci un autre livre « Mission Impossible ? Comment faire gagner la Gauche en 2012 », ouvrage très bien écrit et qui a pour vertu de poser une question, la question que chaque femme, chaque homme de gauche se pose et surtout de dessiner des réponses possibles. Je partage beaucoup de ses opinions.

 

Alors ce soir, bien sûr, pendant une heure, les journalistes l’interrogent sur l’actualité. D’abord sur l’immunité et l’impunité dans les fonctions de Président de la République, sur lesquels Pierre souligne, à juste titre, la dimension judiciaire, la dimension humaine bien sûr de cette mise en accusation de Jacques Chirac mais aussi et surtout le problème que pose l’impunité complète du Président pendant toute la durée de son mandat.

 

Autre sujet, le débat lancé sur l’identité nationale dans les préfectures, débat que Pierre juge « cynique et malsain ». Car rappelant que l’identité nationale est faite de symboles, de notre langue, et que ce n’est pas aux préfets de conduire ce débat (peut-être aux historiens, aux géographes, aux hommes de culture), il souligne la portée politique de ce débat, et son « opportun » calendrier à quelques mois des élections régionales : c’est une « diversion » et une « manipulation grossière ».

 

Au long de cette heure de débat ont été évoqués la réforme de la taxe professionnelle, le parti socialiste (« sur une pente de rebond »), Ségolène Royal (dont il regrette qu’elle ait choisi de ne pas venir au bureau national et dont il observe que « ses déclarations font du bruit médiatique », ce qui rend d’autant plus regrettable que sur l’accusation de Jacques Chirac ou sur l’identité nationale elle ait choisi de prendre des positions différentes de celles de la majorité du parti), le Modem ou le rassemblement des oppositions à Sarkozy (d’où l’utilité de conduire des « Assises des progressistes »).

 

Car Pierre Moscovici, qui n’exclut pas d’être candidat aux primaires pour la prochaine présidentielle (mais pas « en toute hypothèse » !), l’a dit en conclusion du débat : ce qui importe, c’est « que la Gauche gagne en 2012, qu’elle batte Sarkozy en 2012 »…

 

Tout ce qui peut être fait en ce sens doit l’être. Ce devrait être l’obsession de chacune, de chacun qui a le cœur à gauche. A fortiori s’il est un militant engagé.

 

 

 

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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 17:23
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Cet après-midi, j’ai appris une nouvelle qui m’a consterné au milieu d’un week-end paradoxalement très festif : la mort de mon ami Maurice Titran, pédiatre roubaisien mondialement connu.

 

Dans notre métropole, il fut en effet un pionnier dans le domaine de la pédiatrie, choisissant d’exercer son métier auprès d’une population souvent défavorisée et démunie, avec infiniment d’humanité. Visionnaire, il avait compris bien avant tout le monde l’importance de la vie in utero, qu’il faut « parler » à un bébé, que cela fait partie de son développement ; il déclarait d’ailleurs que la vie commence avant la naissance. L’enfant, l’enfance, le cœur de l’humanité et l’origine du monde, c’était sa cause, noble, généreuse, universelle. C’était sa vie.

 

Maurice avait également gagné l’un des grands combats de sa vie : l’obligation de faire imprimer, sur les bouteilles d’alcool, un pictogramme indiquant l’interdiction de consommer lorsque l’on est enceinte. Durant toute sa carrière, il avait été confronté à ce syndrome d’alcoolisation foetale qui fait des ravages et empêche de manière irréversible le développement correct du cerveau du bébé.

 

Je n’oublie pas que Maurice Titran avait été – et j’en avais été très flatté – président, de mon comité de soutien lorsque je m’étais présenté aux élections législatives de 2002. Nous nous estimions beaucoup. J’étais à ses côtés l’année dernière lorsqu’il a quitté ses fonctions (avec lui, on ne parle pas de retraite car ce n’était pas un métier qu’il exerçait, mais une mission qu’il remplissait) au CAMSP, et personnels, parents, enfants avaient voulu faire la fête à Maurice. Un superbe, très beau moment, tout en émotion, tout en sourire et en bonne humeur, comme Maurice l’avait voulu, comme Maurice était…

 

Avec sa disparition, à l’âge de 66 ans seulement, notre métropole et notre pays perdent un grand professionnel, un grand Monsieur tout simplement, qui aura fait progresser sa discipline, contribué à faire évoluer les pratiques et les mentalités, et laissé un souvenir ému et inoubliable à tous ceux qui ont eu la chance de le connaître. J’en fais partie. Je m’honore d’avoir été son ami : il restera le mien, à toujours.

 

Adieu Maurice, et au nom de tous les enfants, toutes les mamans et toutes les familles que tu as aidés pendant toutes ces années : merci. Tu concentrais sur toi, tant de vertus, tant de sincérité, tant d’engagements. Cœur et humanisme sont les deux mots qui te vont le mieux. Je peux aussi en ajouter trois : l’amitié, la fidélité et l’amour.



 

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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 00:32
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Le 3 septembre 1939, la Grande-Bretagne, puis la France déclaraient la guerre à l’Allemagne, après que cette dernière eût envahi la Pologne deux jours auparavant, sans déclaration de guerre. Dix mois après la signature des accords de Munich, la Seconde Guerre mondiale commençait. La cause officielle invoquée par l’Allemagne pour envahir la Pologne était le rattachement de Dantzig à l’Allemagne.

 

Depuis 1918 et le traité de Versailles, la ville de Dantzig (Gdansk en polonais) avait un statut particulier. Cette zone constituait un corridor permettant à la Pologne d’accéder à la mer, mais coupant la Prusse orientale du reste de l’Allemagne. La population du corridor parlait un dialecte polonais ; en revanche, le port et la ville de Dantzig, dans la basse vallée de la Vistule, étaient presque entièrement allemands. La conférence de la Paix avait décidé que Dantzig et la région voisine constituaient une ville libre contrôlée par la Société des Nations. Les Polonais bénéficiaient du libre accès au port (il s’agissait du seul débouché de ce pays vers la mer), tandis que la ville de Dantzig était administrée par une assemblée du peuple et un sénat, à la fois chambre haute et exécutif.

 

En octobre 1938, RIBBENTROP, ministre allemand des affaires étrangères, avait proposé à la Pologne un accord complétant celui de 1934 : cet accord aurait permis le rattachement de Dantzig à l’Allemagne. La Pologne opposa une fin de non-recevoir : le 5 janvier, le colonel BECK, ministre des affaires étrangères polonais, fut reçu à Berchtesgaden par HITLER, qui lui renouvela ses promesses d’amitié. Parallèlement, la Pologne avait conclu un accord avec l’URSS le 26 novembre 1938, réaffirmant le pacte de non-agression de 1932.

 

Pourtant, pour certains en Europe, la guerre parut inévitable : après la remilitarisation de la Rhénanie, l’Anschluss et la prise des Sudètes, la Pologne et le corridor de Dantzig apparaissaient comme les prochaines proies de l’Allemagne nazie.

 

Le cheminement fut ensuite implacable. Une crise importante éclate en mars 1939, où, invoquant une crise entre Tchèques et Slovaques, HITLER fait entrer le 15 mars les troupes allemandes à Prague, tandis que la Slovaquie proclame son indépendance.

 

Le 26 mars, l’Allemagne somme la Pologne de rejoindre le bloc antisoviétique et réclame fortement le rattachement de Dantzig. Le colonel BECK évoque alors explicitement le risque de guerre. Le 28 mars, Madrid tombe dans les mains de Franco. Le 7 avril, Mussolini envahit l’Albanie, là aussi sans déclaration de guerre.

 

Toute l’intense activité diplomatique que la France et la Grande-Bretagne déploient dans les mois qui suivront ne contrarieront pas les exigences allemandes.

 

Des années funestes pour le monde, pour l’Europe, et pour tant et tant d’habitants de nos villes, ici dans le Nord, se sont engagées ce 3 septembre-là.

 

C’était il y a 70 ans aujourd’hui. Ne l’oublions pas…

 

 

 

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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 12:46
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Comme elle l'avait annoncé vendredi en ouvrant les travaux de l'Université d'Eté,  Martine Aubry a consacré son discours de clôture de dimanche midi à s'adresser aux Français. Si à l'ouverture, vendredi, elle a surtout parlé aux militants et de la rénovation du parti (cf. mon article de samedi), l'objectif, dimanche, est de faire des propositions aux Français car il s'agit, pour les socialistes de conduire « une offensive de civilisation ».

 

Quelles sont les principales propositions formulées ? Elles concernent le soutien au pouvoir d'achat, un pouvoir accru pour les salariés, l'avenir de la jeunesse :

 

- des mesures d'urgence pour la consommation ;

- un remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages modestes, non imposables, qui n'ont pas bénéficié du remboursement des deuxième et troisième tiers de l'impôt sur le revenu. Le coût est de 3,2 milliards d'euros, qui se retrouveront ici immédiatement dans la croissance et l'emploi ;

- le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans ;

- face  aux entreprises largement bénéficiaires qui profitent de la crise pour transférer l'activité, une procédure de mise sous tutelle de l'entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements ;

- un administrateur judiciaire serait nommé pour gérer l'entreprise le temps nécessaire pour faire cesser des pratiques contraires aux intérêts de l'entreprise et des salariés ;

- la création de 150 000 emplois-jeunes dans l'économie verte et des services aux personnes car « investir dans l'intelligence et l'avenir des jeunes, c'est aussi donner un sens à la société ».

 

Mais aussi, face aux scandales à répétition dans les banques et les grands groupes, il est urgent « de faire voter une loi s'inspirant de la proposition de loi de députés socialistes, plafonnant les écarts de rémunération, limitant fortement les bonus (une règle simple : qu'ils ne dépassent pas la part fixe du salaire), interdisant les parachutes dorés et les stock-options sauf pour les entreprises naissantes ». Il faut aussi « que l'Etat rentre dans les conseils d'administration des banques refinancées par la puissance publique afin de contrôler l'utilisation des 21 milliards d'euros d'argent public qui leur ont été versés ».

 

Là sont quelques mesures d'urgence pour les mois à venir, nécessaires dans la situation économique du pays, et pour faire face à l'urgence sociale. Mais, comme le dit M. Aubry, « il faut aller beaucoup plus loin ».

 

En analysant la crise, et en refusant la fatalité, les socialistes veulent s'attacher à construire un « nouveau modèle de développement économique, social, durable » : c'est le sujet d'une convention début 2010.

 

Une politique industrielle, une fiscalité adaptée, de nouvelles régulations, une vraie réforme de la santé, une nouvelle organisation du travail avec de nouveaux droits, répondre à l'exigence écologique, prôner une juste distribution des richesses, proposer une grande réforme fiscale profondément redistributive…

 

« Une offensive de civilisation ». C'est vouloir : une société fondée sur des valeurs d'humanité, l'égalité et la justice ; une société où le mieux-être supplante les injonctions à consommer à outrance ; une société qui développe de nouveaux liens entre les personnes, des solidarités concrètes et collectives, indispensables à une société du souci de l'autre et de la responsabilité ; une société d'individus respectés dans leur identité comme dans leurs inspirations.

 

Et de conclure que l'action politique se mesure à l'attention que la société porte à chacun, à l'attention que chacun porte aux autres et aux générations futures. Humaniser notre société, cela fait aussi partie de la mission de la politique. C'est retrouver la France que nous aimons, qui est aussi celle de la République et de la démocratie.

 

C'est sur ces bases que le Parti Socialiste veut « refonder ses idées », pour construire l'alternative en 2012. Aux militants, aux élus, aux sympathisants, à tous ceux qui veulent que cela change d'être à partir de maintenant « les activistes » de ce Projet !

 

 

 

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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 19:44
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« La France qu'on aime », c'est le titre en effet de l'Université d'été du parti socialiste cette année. Elle prend le relais de celle des élus et s'étale du vendredi 28 au dimanche 30 août. Ce samedi, moi, je suis de retour à Wattrelos, mais j'ai pu assister hier après-midi aux premiers ateliers (notamment sur la social-démocratie en Europe), et surtout à la séance d'ouverture, marquée, ô combien, par le discours de la première secrétaire, Martine AUBRY.

 

Dire qu'elle était attendue est une évidence. Avec toute la pression médiatique qui s'est développée ces dernières semaines, s'exprimer n'était pas un exercice facile. Et tous les nombrilistes à chemise blanche et col ouvert de l'été en auront eux-mêmes été surpris : le PS a une patronne ! Martine, avec son discours, trouve le ton juste. Elle badine avec la salle, gonflée à bloc, et les militants lui rendent bien. Sur le fond, le cap est tracé et le cadre d'actions bien déterminé.

 

D'entrée, elle déclare que l'essentiel est que cette université d'été, ce soient « trois jours utiles pour les Français », en contestant, en proposant, en élaborant « un autre projet de société que le libéralisme financier », « un projet crédible et imaginatif, original et réaliste ».

 

Pour cela, il faut « être ouvert sur la gauche, aux forces de gauche, aux citoyens », avec un parti socialiste « fier de ses valeurs, enthousiaste à les faire partager ». Sa 1ère secrétaire s'est « fixée une feuille de route : la refondation des idées et la refondation de notre parti n'iront pas l'une sans l'autre ». Elle veut un « parti socialiste en mouvement, avec une pensée en mouvement ». Et de saluer les grandes réunions plénières de cette réunion de La Rochelle, ouvertes, aux syndicalistes, aux ONG… L'enjeu n'est pas de parler de stratégie électorale, mais « de ce que nous avons en commun, des valeurs que nous partageons, du projet que nous avons à construire ». Et de marteler « le projet a toujours précédé les alliances ».

 

Pour elle, « il ne faut pas confondre refondation et combinaison ».

 

Après avoir été assez silencieuse, elle est heureuse de s'exprimer devant les militants, car elle dit « préférer l'expression collective au chacun pour soi ». « L'alternance, ça se mérite ! Il nous faut être convaincants ».

 

La rénovation : comment passer des discours aux actes ?

 

Des décisions devront être prises par une convention nationale extraordinaire de modification des statuts avant l'été 2010. Les militants trancheront. Dès le 1er octobre, par une consultation militante, pour fixer le cap, sur cinq champs de réforme :

 

-         le non-cumul des mandats, condition du renouvellement des générations et d'ouverture vers la société (mandat unique des parlementaires ? limitation en même temps, ou successivement ?) ;

-         des primaires ouvertes (au 1er semestre 2011). Pour Martine Aubry, elles peuvent être « une opportunité pour nous », elles ne doivent pas être « un problème entre nous ». Il faut y travailler dans la sérénité et le sérieux ;

-          la parité, partout dans nos instances ;

-          le lien entre le choix des idées et celui des dirigeants, c’est-à-dire le mode de désignation de nos instances ;

-          comment garantir un civisme interne ?

 

Les relations avec les partenaires, pour une Gauche Solidaire.

 

Cela suppose :

 

-         de la clarté, dans le projet ;

-         de conjuguer le droit à l'identité et le devoir de solidarité ;

-         de savoir être généreux aux idées des autres. Mais aussi que tous respectent une « charte de bonne conduite », où nos partenaires respectent ce que l'on a fait en commun là où nous gérons ensemble ;

-         d'accepter le pluralisme.

 

« La maison commune est notre priorité ». « Si les démocrates et les humanistes veulent nous rejoindre, nous sommes ouverts », a conclu Martine Aubry !

           

Avec un discours aussi mobilisateur, ragaillardis, vous dis-je, étaient les militants !

 

 

 

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