Hier soir, après la signature de la charte sur la GUP de Beaulieu et l'examen des dossiers de la journée, je me suis mis à écrire la présentation du budget 2010 de la Communauté urbaine et ai continué très tôt ce matin avant de rejoindre la réunion du Bureau de LMCU.
C'est au conseil de l'après-midi que, premier grand dossier évoqué à l'ordre du jour, je commente le projet de budget 2010 de Lille métropole communauté urbaine. Il s'inscrit dans le prolongement du débat d'orientation budgétaire de décembre dernier.
Le budget sera finalement voté par la seule majorité. Le groupe Métropole communautés unies (majorité présidentielle UMP-Nouveau Centre) a voté contre... alors que nombre de ses élus membres m'avaient dit que c'était un bon budget, surtout par les investissements qu'il permet. A la commission des finances, sous la présidence de Marc-Philippe Daubresse, ils votent pour. Cet après-midi, ils votent contre... Posture politicienne à quelques semaines d'élections sans doute.
Sur le fond, ce budget est à la fois raisonnable et ambitieux. Avec 1 590 millions d'euros de masses globales, ce budget s'est bâti sur des dépenses de fonctionnement très serrées et des dépenses d'équipements qui, à près de 457 millions d'euros inscrites, sont à la fois la contribution de la Communauté urbaine à la reprise économique (fondamentale pour éviter l'hémorragie d'emplois que notre pays connaît) et la réalisation du programme des investissements communautaires.
Deux fois plus d'investissements que sur le mandat précédent, sur des priorités de vie quotidienne (habitat, renouvellement urbain, transports, économie). Et au final un stock de dettes inférieur encore fin 2010 à ce qu'il était il y a deux ans ; toujours inférieur de plus de 450 millions d'euros à ce qu'il était en 2001 !
Alors oui, dans la Majorité, les soutiens exprimés n'ont pas manqué. Si Alain Bernard (Métropole passion commune) estime ainsi que l'équilibre trouvé stimule « une dynamique renouvelée » de notre communauté urbaine, il conclut que ce budget est « un beau bébé ». Et Olivier Henno (Modem), mon voisin, à la tribune, qui dit qu'il votera ce budget car il est « de responsabilité financière », se penche vers moi pour me dire que « c'est un budget strauss-kahnien »... Je prend cela pour un compliment.
Pour lire mon intervention au conseil, cliquez ici.
Pour visualiser la présentation synthétique du conseil, cliquez ici.
Ce soir, à l'Hôtel de
ville, je suis en compagnie de nos partenaires (Etat, le bailleur Vilogia, LMCU) impliqués dans la rénovation du quartier de Beaulieu pour officialiser une nouvelle étape de cette
rénovation.
Après avoir signé la convention financière il y a trois ans – le socle de ce dossier de très grande ampleur – puis une charte pour le relogement des locataires concernés par les déconstructions, puis une autre charte pour l'insertion par l'économique des habitants du quartier, nous signons une nouvelle charte... de gestion urbaine de proximité cette fois.
Pour dire les choses clairement : un document qui définit le qui fait quoi, et où, et comment, et avec qui et quels moyens dans le quartier. Exemple concret : la tonte des petites herbes en bas de tel immeuble, c'est de compétence Ville ou de celle du bailleur ? Une foule de questions qui peuvent paraître aussi anodines que celle-là (mais qui ne le sont pas du point de vue des habitants !), mais aussi d'autres nécessitant une réflexion plus structurée vont trouver leurs réponses grâce à cette nouvelle charte qui vise à clarifier les responsabilités de chacun des partenaires.
Ainsi, deux composantes essentielles au projet sont prises en compte : le temps, c'est-à-dire le calendrier de réalisation, et l'humain, c'est-à-dire le comment mieux vivre ensemble demain à Beaulieu de façon durable.
Qu'on ne s'y trompe pas : cette charte, c'est du concret. L'objectif est de sortir des complexités pour gagner en efficacité et construire un quartier qui ne se dégradera pas, avec de nombreux services rendus à sa population.
J'en profite d'ailleurs pour formuler deux remarques à l'adresse de l'Etat, que je trouve particulièrement distant dans ses fonctions régaliennes, au sujet des services rendus :
- il manque un signataire au bas de cette charte de gestion urbaine de proximité : la Police nationale. La Ville avait en effet signé un bail pour l'ouverture d'un bureau de police à Beaulieu ; l'Etat y a renoncé, réduisant également ses effectifs de 116 agents en deux ans dans la circonscription ;
- je n'ai pas du tout apprécié la décision prise par La Poste de fermer durant trois semaines l'automne dernier son bureau de Beaulieu (dont la preuve de la nécessité avait été apportée par la Ville qui avait créé dans le quartier une agence postale communale en 2003), laissant les 7 000 habitants sans une explication ni une date de réouverture. Je suis un maire qui peut écouter mais je veux également l'être, sans quoi la qualité du partenariat finit par s'effilocher...
Mais ce soir, je tiens avant tout à remercier tous les partenaires du projet de Beaulieu qui travaillent efficacement pour le mener à bien : les équipes de Vilogia, de la Ville mais aussi les associations d'habitants. Tous font du bon travail ; il sera mieux clarifié par cette charte de gestion urbaine de proximité !
Wattrelos veut réinventer son développement économique dans deux directions : c’est ce que j’explique aux journalistes présents ce matin à la conférence de presse que je
donne avec Michel-François Delannoy et René Vandierendonck dans l’ex-filature Saint-Liévin (voir article ci-dessous).
D’abord en aménageant des parcs d’activités : depuis 10 ans, un formidable coup d’accélérateur a été donné en ce sens à l’Avelin, au Beck, au Winhoute, à la Martinoire. Mais aussi en réussissant la reconversion de ses friches industrielles, traces d’un passé récent douloureux lié à la désindustrialisation de nos villes – pas seulement Wattrelos bien sûr.
C’est une affirmation politique forte que nous affichons avec nos partenaires : la CCI, la SEM Ville Renouvelée… et le premier d’entre eux, la Communauté urbaine qui a fait de Wattrelos l’une de ses priorités, ainsi que le contrat de territoire que nous examinerons demain le précise, et comme l’atteste la présence ce matin des deux 1ers vice-présidents de LMCU à mes côtés : Michel François (développement économique) et René (rénovation urbaine et aménagement du territoire).
Les friches industrielles, parlons-en puisque nous sommes réunis dans un lieu chargé d’histoire, emblématique de ce que fut la vie textile wattrelosienne pendant des décennies et dont la fermeture en 2004 fut ressentie comme un véritable traumatisme. Michel-François Delannoy l’indique tout de go : les maires de l’agglomération ne se précipitent pas tous pour créer les conditions du redéveloppement économique de leur ville ; je suis de ceux qui le font et j’apprécie cette reconnaissance. L’idée est de proposer une nouvelle génération d’implantations dans un esprit de reconquête. Pour bâtir un redéveloppement économique.
Au Peignage Amédée, nous sommes dans une phase opérationnelle : après que la voirie de desserte de la plate-forme régionale des Restos du Cœur a été réalisée, et, dans les premiers mois qui viennent, les voies de desserte, les premières commercialisations débuteront au début de l’année 2012.
Au Sartel, site de 8 hectares, nous allons tester une offre sans équivalent dans l’agglomération : par le biais d’un partenariat public-privé (hybridation qui est assurément une voie d’avenir), un village d’artisans va émerger, concept qui offre à la fois une solution familiale et professionnelle puisque dix lots sont prévus pour accueillir à la fois un logement et une entreprise. Il s’agit donc d’une offre immobilière spécifique pour les artisans ou les très petites entreprises qui correspond à une demande – le site proposera aussi bien sûr des ateliers sans logement.
A La Lainière, site de 12 hectares en cours de démolition totale (elle sera complète fin 2011), c’est un parc d’activités du
21e siècle qui est prévu, pensé différemment (moins dense, avec moins de déperditions d’énergie), avec des connexions alternatives au transport par la voiture, des bâtiments
exemplaires en terme d’autosuffisance, équipé d’une toiture qui joue le rôle de cinquième façade et qui ne soit pas inerte (panneaux solaires)… et connecté au très haut débit puisque c’est ce
critère qui fait de plus en plus la différence dans le choix des investisseurs !
La Lainière sera donc un prototype de ces parcs du 21e siècle, et LMCU conduira le projet en régie directe – c’est dire s’il lui tient à cœur.
Comme le dit René : les trois maires de Wattrelos, Tourcoing et Roubaix font la paire pour réconquérir non pas des friches mais des gisements de ville renouvelée ! L’enjeu est autant économique qu’écologique et surtout, social et humain !
Et si j’osais paraphraser John Lennon, je chanterais : Imagine… all the firms we need à Wattrelos !
Ce matin, je reçois mes homologues maires de Tourcoing et Roubaix pour un tour d’horizon des dossiers économiques de Wattrelos. Car Michel-François Delannoy et René Vandierendonck
sont également 1ers vice-présidents de LMCU chargés respectivement du développement économique, et de la rénovation urbaine / aménagement du territoire : c’est en ces fonctions et
responsabilités qu’ils sont à mes côtés aujourd’hui.
Je les emmène d’abord sur le terrain : au Winhoute, où je leur explique que l’implantation future de Trenois-Decamps est conditionnée à la réalisation par le Conseil général de deux tronçons de la liaison Habitat-Travail, mais nous passons également devant l’énorme bâtiment de DSV Solutions à la Martinoire, devant le parc de l’Avelin, puis nous nous arrêtons sur le chantier de l’hôtel d’entreprises du Beck où nous rejoignons Jean Badaroux, directeur de la SEM Ville Renouvelée qui construit cet hôtel (lequel Jean Badaroux retrouve son président de la SEM… Michel-François Delannoy !).
Quatre bâtiments destinés à accueillir des PME à la recherche de locaux sont en cours d’édification : les deux premiers seront livrés en mars ; les deux suivants en juin. Ils présentent la particularité d’offrir des niveaux de performances progressifs en matière de consommation d’énergie : tous répondent aux normes à de la haute qualité environnementale, mais le bâtiment 4 répond carrément aux normes de la basse consommation, avec son puits canadien (géothermie de surface qui fait office de climatisation naturelle), ses panneaux photovoltaïques, ses matières isolantes et écologiques… Comme le remarque René Vandierendonck : ici, c’est un peu la Silicone Valley de l’industriel écologique !
Mais le point d’orgue de notre visite, là où nous rencontrons les journalistes pour une conférence de presse à trois voix, c’est le site de la filature Saint-Liévin. Michel-François Delannoy annonce officiellement le projet : la moitié du site va devenir Le Studio de Saint-Liévin !
On sait que ces locaux sont régulièrement utilisés depuis quelques années pour des tournages de longs métrages ou de séries télévisées ; cet intérêt spontané sera encouragé par la Communauté urbaine qui va créer des conditions d’accueil permettant à l’activité de prendre de l’ampleur, ce qui n’est pas sans réjouir Michel-François qui est aussi président… du Pôle image régional créé en juillet dernier ! Il souligne d’ailleurs que le secteur de l’image et du numérique au sens large fait figure d’exception dans un paysage économique frappé par la crise et le repli !
C’est donc une excellente nouvelle pour notre ville qui, pour reprendre les mots de Michel-François, « sait forcer son destin et s’inventer une nouvelle économie ». C’est vrai qu’il y a dix ans, les grandes entreprises wattrelosiennes que j’évoque régulièrement dans ce blog n’étaient pas présentes : elles constituent dorénavant un tissu diversifié ayant permis de localiser 900 emplois dans notre commune !
Je le dis en guise de conclusion : la confirmation de l’ancrage de LMCU sur le site Saint-Liévin où a été tourné – entre autres –
le film Welcome est une excellente nouvelle. Alors welcome LMCU, welcome les réalisateurs et les acteurs qui viendront à Wattrelos, welcome Le Studio de Saint-Liévin !
Ce soir, commence dans l'hémicycle (la
semaine dernière, c'était en Commission) l'examen de la loi de finances rectificative pour 2010 qui porte les 35 milliards de dépenses liées au Grand Emprunt.
On n'est qu'à quelques semaines du début de
l'année, que déjà le Gouvernement corrige la copie de sa loi de finances !
La dégradation de nos comptes publics est sans précédent et nos comptes sociaux sont à la limite de l'asphyxie. Les baisses d'impôts injustes et ciblées sur les plus aisés, décidées par la Majorité avant le début de la crise, ont contribué fortement à l'accroissement du déficit et de la dette sans aucun effet sur la croissance et l'emploi !
Alors, avec ce texte, le Gouvernement fait deux choses.
D'abord, pour pouvoir payer en 2010 les intérêts de cet emprunt supplémentaire, le Gouvernement annule 500 millions de crédits sur les budgets de plusieurs ministères. Lesquels ? Celui de l'écologie (- 113 millions), la justice (- 25 millions !), la sécurité (- 28,5 millions !), la solidarité (- 60 millions !), ou celui de la ville et du logement (- 23 millions !). Tout cela, ce sont des priorités décisives pour la vie quotidienne dans nos villes, dans nos quartiers... Eh bien, on réduit déjà leurs moyens.
Ensuite, il autorise le Gouvernement à augmenter le plafond des emprunts qu'il va lever en 2010 et inscrit des dépenses supplémentaires.
Pour lire mon intervention, cliquez ici.
Le Parti socialiste propose la mise en place d’une Allocation Solidarité Crise (ASC) pour les chômeurs en fin de droits, pour ne pas ajouter l’exclusion à la crise.
Un million de demandeurs d'emploi vont perdre leurs droits à l'assurance-chômage en 2010. Seuls 38 % de ces fins de droits devraient bénéficier de la solidarité nationale au travers soit de l'allocation spécifique de solidarité (ASS), soit du revenu de solidarité active (RSA). Ce sont donc plus de 600 000 chômeurs qui se retrouveront sans rien. Leur sort dépendra du seul soutien familial, entraînant un accroissement inadmissible de la pauvreté en France.
Le Gouvernement et le Président de la République ne réalisent pas la gravité et l’urgence de la situation. Le Gouvernement n'a absolument pas pris la mesure de la crise, n’élaborant aucun plan d’action concret pour ces chômeurs en fin de droits et refusant même le prolongement de l’allocation équivalent retraite (AER). Le Président de la République s’est quant à lui récemment prononcé contre toute aide supplémentaire.
Et pourtant, depuis des mois, le Parti socialiste alerte en vain le Gouvernement de l’urgence sociale qui se profile en ne cessant de demander un élargissement du droit d’ouverture à l’allocation de spécifique de solidarité (ASS), une prolongation de l’allocation équivalent retraite (AER) et de l’indemnisation du chômage sur la base de 80 % du salaire pour les demandeurs d’emploi en CDD ou en intérim.
Il est impératif de prendre des mesures spécifiques ciblées et tenant compte du caractère exceptionnel de la crise. C’est pourquoi le Bureau national du parti socialiste demande solennellement la création d’une Allocation Solidarité Crise (ASC) qui allonge de six mois les indemnités des chômeurs en fin de droits. Pour ne pas ajouter de l’exclusion à la crise, le Bureau national souhaite que cette mesure soit mise en place dans les plus brefs délais et, en ce sens, une proposition de loi sera déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale prochainement.
La création de cette allocation aurait également un effet positif sur la consommation et participerait d’une vraie politique de la relance qui manque aujourd’hui en France.
Ce n'est pas que l'après-midi
fut chargé, en tout cas pas seulement. Bien sûr, c'est avec plaisir que, comme chaque année, je suis allé à la 57e assemblée générale de l'amicale pour le don de sang bénévole de
Roubaix, avant de passer saluer les participants et les organisateurs du loto organisé par le comité des fêtes du Touquet Saint-Gérard (merci pour la crêpe... au chocolat, bien sûr
!).
Mais je suis allé aussi au dojo de Waquehal où avait lieu le 2e eurométropole masters de judo, à l'initiative de Jimmy MOUZAY, président du comité du Nord de judo et disciplines associées, et d'Anthony DANGRE, responsable de la commission masters de ce comité. Il y a quelques mois, j'avais eu l'occasion de leur accorder mon soutien parlementaire pour les aider à l'organisation de cette grande manifestation ; pour me remercier de ce soutien, ils m'ont demandé de procéder à des remises de décoration, ce que je fais avec plaisir.
Ainsi, avec les partenaires de la manifestation, il m'est agréable de remettre la médaille d'or de la fédération de judo à Christian PRENOM, président du judo-club du Parc (Saint-Amand), et de mettre à l'honneur (ph. ci-contre) Cécile NOWAK, championne olympique, et son enseignant formateur Pierre BEAURY qui, l'un et l'autre, reçoivent de nouveaux grades (7e dan pour la première ; 6e dan pour le second) !
Qui peut oublier le superbe palmarès de Cécile ? Elle qui fut médaille d'or aux championnats d'Europe de 1990, 1991, 1992, médaille d'or au championnat du monde 1991, avant d'être notre brillante médaille d'or aux jeux olympiques de Barcelone de 1992. Championne de France encore en 1993, elle entraîne le pôle espoir de Tourcoing. C'est une référence dans le monde du judo !
Un moment de reconnaissance donc, pour elle, un moment de fierté pour les organisateurs et les participants, un moment sportif pour tous... juste avant que je ne poursuive mon marathon toujours bien sympathique des manifestations associatives qui me fera rentrer ce soir chez moi peu avant 23 heures...
Le texte de loi, dit « concomitance des renouvellement des conseils généraux et régionaux » arrive au vote à l'Assemblée, après quelques péripéties (voir blog d'hier). Ce projet de loi, à l'appellation un peu compliquée, a pour but de raccourcir le mandat des conseillers généraux et des conseillers régionaux qui seront élus en 2010 et 2011. Les uns et les autres seraient élus jusqu'en 2014, et non pas respectivement selon le calendrier électoral « normal », les premiers en mars 2011 et les seconds en mars 2010. Cette simultanéité des fins de mandats vise à permettre le remplacement en 2014 des conseillers généraux et des conseillers régionaux d'un territoire par un élu unique, le conseiller territorial.
Avec mes collègues socialistes j'ai voté contre ce texte. Et cela pour plusieurs raisons : certes, ce texte ne contient que 2 articles; il semble à première lecture, technique, et pourrait apparaître comme un ajustement de calendrier.
Sauf que ce texte gouvernemental est le premier de quatre textes, auquel il faut ajouter la loi de finances pour 2010 qui supprime la taxe professionnelle et prive ainsi les collectivités locales
de moyens financiers pérennes et suffisants pour assurer les services publics locaux et conduire des politiques publiques locales souhaitées par les administrés. Le projet gouvernemental de
réforme territoriale est ainsi saucissonné afin de le rendre moins lisible. Le Gouvernement pense sans doute que la potion amère paraitra moins amère si on la fait absorber à petite dose : cela
devrait permettre d'éviter un trop fort haut le coeur, et donc autoriser une adoption facilitée !
Sauf que le futur conseiller territorial porte un coup à la démocratie locale : élu essentiellement par un scrutin uninominal, il signe la fin effective de la parité qui permet à nos
concitoyennes d'accéder à l'exercice des responsabilités locales, et cela en contradiction de la Constitution qui affirme la parité.
Sauf que ce projet organise la confusion entre Régions et Départements. Les administrés ne sauront plus bien qui fait quoi. Et cela s'accompagnera, selon les autres textes à venir, de la suppression de la clause de compétence générale pour les Départements et les Régions, véritable régression au regard du mouvement de décentralisation opéré dès 1982 avec François Mitterrand et prolongé en 2003 avec un premier ministre de droite, Jean-Pierre Raffarin!
Ce texte n'est donc que l'avant-garde d'une régression démocratique. Pour garantir une démocratie locale forte, et la possibilité d'assurer des services publics locaux, mieux vaut voter contre. C'est ce que j'ai fait.
Voici
l'excellent discours d'Elisabeth Guigou prononcé à ce sujet à
l'Assemblée nationale.
… et la réponse de Michèle Alliot-Marie :
Ce midi, dans le TGV pour Paris, j’en parlais avec un grand avocat du barreau, Me Franck Berton : la Justice ne va pas bien. Il y a un malaise entre les avocats et le Ministère, et à l’intérieur des institutions de la Justice, entre le Parquet et les magistrats du siège. C’est qu’à la réforme de la procédure, à la suppression des juges d’instruction, à la dégradation de l’aide juridictionnelle font échos des pressions de plus en plus fortes, souvent politiques, sur les procureurs et donc sur le déroulement des procédures de justice.
Le pouvoir mène une reprise en main de sa justice ! L’indépendance de celle-ci est en cause.
Cela vaut une question au Gouvernement, que cet après-midi, lors des questions d’actualité, j’ai pu poser à Michèle Alliot-Marie, ministre de la justice, garde des Sceaux :
« Madame la Ministre,
Jeudi dernier, l'audience solennelle de rentrée du tribunal de Nanterre a été particulièrement inhabituelle !
Lorsque le procureur de la République, représentant le Parquet en cette formation, prend la parole, des magistrats du siège se lèvent, et lentement, silencieusement, mais ostensiblement, quittent les uns après les autres la salle d'audience !
C'est du jamais vu, en France, dans notre magistrature ! D'évidence, il y a un malaise.
Un malaise avec le procureur en question, c'est évident !
Mes chers collègues, que disent-ils ces magistrats dans la motion qu'ils adoptent en assemblée générale ? Je les cite : "Par son action personnelle (...) Monsieur Courroye a en réalité cherché à faire pression sur un magistrat... et à travers lui sur l'ensemble des magistrats du siège qui seraient tentés de prendre des décisions non conformes aux attentes supposées du pouvoir politique... »
Madame la Ministre, ces propos sont graves ! Car ces magistrats mettent en cause des interventions du procureur, Philippe Courroye, auprès de la présidente du tribunal, pour se plaindre de qui, de quoi ? de la juge Isabelle Prévost-Desprez, dont la faute serait d'avoir déplu au Parquet en osant prendre des décisions dans des affaires qui concernent des proches de Nicolas Sarkozy !
Voilà pourquoi je crois utile, Madame la Ministre, de vous poser trois questions :
- oui ou non, le procureur Courroye avait-il votre accord, celui du Ministère de la Justice, pour mettre en cause le travail réalisé par la présidente de la 15e chambre correctionnelle, la juge Prévost-Desprez ?
- oui ou non, au vu des amitiés qu'il affiche avec ostentation, amitiés qui le promettaient, il y a quelques semaines à peine au poste prestigieux de procureur de Paris, le chef du Parquet est-il encore objectif à Nanterre ?
- oui ou non, la Justice peut-elle être encore rendue de manière indépendante dans la France de Sarkozy ? »
Des représentants de la
communauté italienne de Roubaix étaient venus me trouver, il y a quelques mois, pour me faire part de leur inquiétude : ils venaient d’apprendre la fermeture programmée du consulat d’Italie
à Lille.
Inquiétude justifiée tant l’enracinement de cette communauté est profond dans la population de notre métropole : à Wattrelos par exemple, les Italiens représentent une part importante de la population ! Nous sommes fiers de leur présence, de leur implication dans la vie locale, économique et culturelle. Ils sont reconnus pour leur courage et leur dynamisme tout en restant attachés à leurs racines, fidèles à leur histoire, leur identité et leurs traditions.
Et le consulat, pour ainsi dire, est un cordon ombilical qui les relie à leur pays d’origine. Sa fermeture est donc une bien mauvaise idée.
A l’époque de l’annonce de sa fermeture, j’avais pris l’initiative de relayer à Wattrelos la pétition réclamant l’abandon de cette décision. Les signatures avaient étaient nombreuses, on s’en doute, et je les avais faites parvenir à l’ambassadeur Giovanni Caracciolo Di Vietri, accompagnées d’une lettre expliquant les raisons de cette pétition.
Celui-ci m’a répondu. Dans une lettre au demeurant fort courtoise, il m’explique que les personnes affectées par cette décision – sur laquelle le Gouvernement italien ne reviendra pas – peuvent toujours utiliser le TGV pour se rendre au consulat à Paris ou utiliser internet !
A ceci près que prendre le TGV jusqu’à Paris ne coûtera pas le même prix que prendre les transports en commun ou la voiture pour faire les 15 km qui nous séparent de Lille, et que tout le monde – notamment les personnes âgées – n’est pas rompu à la pratique de la e-administration.
Au même titre que tous les signataires de la pétition favorables au maintien du consulat d’Italie à Lille, je suis ce matin très déçu. L’Italie de Berlusconi ne prend vraiment pas grand soin de ses compatriotes…
L'UMP a décidé d'institutionnaliser le piétinement de la démocratie.
Recours quasi-systématique à la procédure législative accélérée, alors que nombre de projets de lois ne sont nullement urgents! Réserve du vote demandée par le Gouvernement de manière excessive,
dans le seul but de s'assurer que les députés de la majorité soient majoritaires, avec une conséquence collatérale: il n'y a plus de débat ! Dès le jeudi matin, les députés de la majorité
sont absents !
Absentéisme UMP organisé lorsque sont à l'ordre du jour des propositions de loi socialistes : retraites complémentaires pour les femmes d'agriculteurs, ou protection des services publics sociaux comme ce fut le cas jeudi dernier !
Autre exemple : la réforme des collectivités locales, vendredi dernier. Réforme majeure selon le Président de la République lui-même. Et pourtant à l'ouverture du débat ce vendredi matin, exceptionnellement à 9 h 45, si des députés de gauche sont là, à l'inverse pas un député de droite en séance, si ce n'est le rapporteur sur le texte. Un retard de quelques minutes ? Non, personne ! Et au banc du gouvernement, pas le secrétaire d'Etat qui, spécialiste du sujet, porte le projet de réforme territoriale, mais le ministre des relations avec le Parlement et la ministre chargée de l'outre-mer !
Dans ces conditions, la fonction même du Parlement de délibérer est niée, dénaturée en monologue des députés de gauche entre eux, et s'apparente à un mépris des députés de la majorité à l'égard des Français dont ils ont pourtant sollicité la confiance et le suffrage en juin 2007 !
Il a fallu une première suspension de séance, demandée par les députés socialistes, pour qu'enfin arrive une députée de la majorité...restée bien seule ! Toujours pas d'autres députés UMP, toujours pas de ministre chargé du projet de réforme !
Nouvelle suspension, toujours rien de neuf ! Le président de l'Assemblée s'est lui même indigné de cette désertion de la Majorité, faisant savoir « qu’il considérait que les conditions d’un débat normal n’étaient pas réunies » et convoquant la conférence des présidents le soir-même.
Epilogue provisoire: la discussion peut enfin reprendre à 21 h 30, avec cette fois-ci des députés de la majorité, sous la présidence du président Accoyer !
Que de tergiversations, que de tentatives d'esquiver le débat de la part de la Majorité ! Et pourtant,
le bon fonctionnement de nos assemblées parlementaires est une exigence démocratique, et le respect de la confiance des électeurs. Pourtant la revalorisation du Parlement justifiant la révision
constitutionnelle de 2008, loin de faire de celui-ci un co-producteur de la législation, est aujourd'hui une régression démocratique. La réforme des collectivités territoriales qui oeuvrent au
quotidien pour nos concitoyens est ainsi, par une telle attitude, privée de la confrontation démocratique des arguments, et au final marquée d'une stratégie politicienne de la part de ses
auteurs.
Au cinéma, on a retrouvé la 7e compagnie ; à l'Assemblée, on cherche les députés UMP...
Quand la politique s'invite au théâtre, on peut en rire, et même franchement ! Décidément, c'est l'année : après que la troupe des 3/5 a choisi de faire (dans la pièce qu'elle a présentée lors de la cérémonie des vœux aux associations) un clin d'œil à la place d'un élu lors d'une inauguration, c'est encore l'homme politique qui est au cœur d'une pièce de théâtre, celle que la troupe du théâtre wallon mouscronnois joue ce dimanche devant une salle du CSE bondée !
L'homme politique ? En fait, pas seulement : la femme aussi...
Car le thème de la pièce est le lancement de sa campagne municipale par un nommé Gérard Bermont (au nom du MPR, Mouvement pour la Réussite), lequel, parce qu'il installe son bureau de campagne au cœur du salon familial, déclenche une scène de ménage... qui finit par voir sa femme, puis sa fille se présenter aux élections contre lui : sa femme Josiane pour le RPP (Rassemblement pour le Progrès) ; sa fille pour les AMD (Amoureux du Monde) sur une liste que conduit un baba cool superbement interprété, davantage amoureux... du frigidaire et du J&B que de la gestion publique !
Cette trame, bien sûr, donne lieu à mille et un rebondissements. Les répliques font mouche, le rythme est soutenu, et la pièce très bien enlevée. Manu Vandaele – le fameux Gérard – joue un candidat plus vrai que nature, et Géraldine Catteau – Josiane – une candidate à l'insu de son plein gré qui tient si magnifiquement sa place... qu'elle finira par être élue bourgmestre !
Et que dire de la secrétaire recrutée par Gérard – Emma – qui, dans son rôle de nunuche et danger du volant, est plus que remarquable ! Un rôle de composition... car dans la vie courante, aucune secrétaire et aucune blonde n'est comme ça...
Comme d'habitude, Christian Derycke, auteur et metteur en scène de la pièce, aura fait mouche : les rires fusent, et du premier rang (je l’atteste !) jusqu'au dernier, on rigole de bon cœur ! Quel bonheur que cet après-midi...
In a bin ri ! Bravo à tertous, les actrices et les acteurs.
Ce matin, je reçois à
l'Hôtel de ville les Wattrelosiennes et les Wattrelosiens qui ont fait le choix de devenir français au cours de l'année écoulée (en 2009, donc).
Six personnes ont répondu à l'invitation de la Municipalité.
C'est une réception qui m'est chère car je l'ai instituée lorsque je suis devenu maire... Ce devait être une bonne idée puisque quelques années plus tard, le Gouvernement l'a rendue obligatoire pour toutes les communes de France !
Je pense que c'est une très bonne chose car devenir Français, c'est important pour la personne concernée, cela mérite d'être solennisé ! C'est entrer dans notre République, en épouser ses lois et ses valeurs, et cela vaut bien une réception en mairie comme celle-ci... à laquelle j'ajoute, cela va de soi, l'indispensable touche de convivialité wattrelosienne !
Car ces personnes liées familialement au Maroc, à l'Algérie, à la Turquie ou à la Bosnie sont avant tout Wattrelosiennes ! A ces personnes, je dis tout de go : « Vous étiez dans la cité, vous entrez maintenant dans la nationalité ». En instituant cette manifestation, « Wattrelos était déjà en avant-garde de la République, la belle République, celle des grandes valeurs, celle qui accueille, celle qui, en ouvrant les portes de son Hôtel de ville, ouvre ses bras, celle qui est humaniste, solidaire et tolérante » !
Bienvenue dans notre République française, chers Wattrelosiens !
Pour lire mon discours, cliquer ici.