Ce lundi soir, je devais présenter mes conclusions de rapporteur
spécial sur la mission « Engagements financiers de l’Etat » dont la Commission des finances m’a confié la responsabilité du suivi.
Sur le fond du dossier, bien sûr, je suis prêt depuis plusieurs jours : j'ai fini de rédiger mon rapport le week-end dernier et il est à l'impression. Mais heureusement que j’ai rédigé mon projet d’intervention dans l’hémicycle cette nuit (et ce matin très tôt), car à 15 heures 30, voilà qu’un coup de fil de l’Assemblée me prévient qu’à la demande du Gouvernement, l’horaire est avancé à 18 h 30 et non plus à 21 h 30 ! Et un nouveau chamboulement de l’emploi du temps, et un tgv en urgence…
En plus, le Gouvernement se moque du monde. Pour débattre de la dette, notamment, et des autres dossiers, ce soir, il n’y aura ni la ministre de l’économie, Christine LAGARDE, ni Eric WOERTH, secrétaire d’Etat au budget, ni même Hervé NOVELLI (comme l’an dernier), secrétaire d’Etat aux PME, mais c’est Anne-Marie IDRAC, secrétaire d’Etat du commerce extérieur qui a été mandatée pour siéger au banc du Gouvernement. Elle ne s’en est pas trop mal sortie, je l’avoue, sur ces questions qui ne sont pas de son domaine ministériel.
Cela ne m’empêche pas d’interpeller vigoureusement le Gouvernement sur la dérive inquiétante des besoins de financement et de la dette de l’Etat, un véritable « bateau ivre ».
Je le dénonce en termes forts (cf. les deux articles que le Bulletin Quotidien consacrera à mon rapport), que le journal Les Echos reprendra d’ailleurs : « Face à l’inexorable insoutenabilité de la dette publique, il y a un déni de conscience gouvernemental, à moins qu’il ne faille dire présidentiel, qui pose la question soit du cynisme, soit de la compétence du décideur ».
Ma conclusion est d’ailleurs sans appel : « A titre personnel et exceptionnel, j’appelle cette année au rejet des crédits proposés pour 2010, afin de symboliquement tirer la sonnette d’alarme quant à la dérive actuelle de notre endettement et surtout, à l’absence de toute perspective crédible de redressement à moyen terme.
Une mécanique s’est enclenchée. Et la machine folle est déjà lancée à belle allure ; elle peut prendre de la vitesse encore si la conjoncture ne se réanime pas, si les taux d’intérêt se relèvent ; et elle va s’accélérer de l’énergie supplémentaire que va lui insuffler le futur grand emprunt… Qui l’arrêtera ? Et surtout, déjà, en a-t-on bien conscience ? Les allègements fiscaux, les cadeaux fiscaux continuent comme si de rien n’était, et les milliards d’euros continuent de couler à flot dans le fleuve d’une dette dont les barrages disparaissent les uns après les autres sous le niveau des eaux, et qui envahit progressivement les terres des générations futures. Combien de temps encore est-il possible d’ignorer cela ? »
Malheureusement, les députés de la majorité ont quand même – évidemment – voté ces crédits.
Pour lire mon intervention, cliquez ici. Et si vous voulez obtenir le rapport complet, n’hésitez pas à me le demander à mon adresse mail de l’Assemblée nationale : dbaert@assemblee-nationale.fr.
De nombreux riverains de la carrière Delmarre, dans le quartier de Beaulieu, se sont émus de l'installation par SFR d'une antenne-relais de radiotéléphonie. Et je comprends d'autant plus leur sentiment que j'ai été le premier à me prononcer négativement, dès cet été. La presse s'est faite l'écho de l'émotion, les services municipaux et moi-même, sommes interpellés quotidiennement sur le sujet. L'inquiétude de nos concitoyens est réelle ; elle ne me laisse pas indifférente, bien entendu.
Hier soir, je me suis exprimé sur le sujet au cours de la séance du conseil municipal. Voici mon analyse.
1) Du point de vue chronologique et juridique
Quel est le point de départ de cette affaire ?
C'est le 19 mai 2009 que SFR a déposé une simple déclaration préalable à l'installation d'une antenne. Je rappelle qu'il n'y a aucun régime d'autorisation, il suffit à l'opérateur de déclarer pour pouvoir installer.
De suite, j'ai dit à mes services que je n'étais pas d'accord, et que la localisation ne me paraît pas pertinente. Nous avons cherché les moyens juridiques d'empêcher cette installation.
Le 18 juin 2009, nous avons donc fait opposition à cette déclaration au motif que des mesures d'information et de concertation des riverains n'avaient pas été menées conformément aux orientations retenues par le Gouvernement dans son rapport du 25 mai 2009. J'ai plaidé aussi la proximité d'une école primaire.
Le 27 juillet 2009, SFR déposait un recours devant le tribunal administratif de Lille pour demander l'annulation de notre opposition.
Le 11 août 2009 le juge des référés ordonnait la suspension de notre opposition. Nous étions battus. Pour deux raisons :
- d'une part, parce que nous portions atteinte à un intérêt public
- d'autre part, sans juger le fond, qu'il y avait un doute sérieux sur la légalité de notre opposition.
Et ce même jour, le 11 août 2009 donc, le préfet saisissait lui le tribunal administratif pour préciser que les orientations du Gouvernement, qui servaient de base, je rappelle, à notre motivation, n'étaient pas opposables à l'opérateur, en clair que c'était sans valeur au plan juridique, donc que nous n'étions pas autorisés à nous opposer.
Le 28 août 2009, l'assureur de la ville (qui nous accompagne d'ordinaire dans toutes les procédures contentieuses) nous informait qu'il ne couvrirait pas nos frais judiciaires car la décision du tribunal administratif, en notre défaveur, était, je cite, « inéluctable et prévisible ».
Alors quel constat faire ?
Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, je ne suis pas sourd. Le juge des référés est contre nous, le préfet est contre nous, l'assurance est contre nous. Prolonger l'action de justice, c'était prendre le risque de perdre, mais en plus de payer des frais de justice, et surtout sans doute des indemnités de retard de l'opérateur. Un comble ! Je n'ai pas pour habitude de jouer avec l'argent des contribuables, aussi le 24 septembre 2009, la Ville n’a pas eu d'autre choix que de retirer sa décision d'opposition.
Le cas de Wattrelos n'est d'ailleurs pas unique : la Ville de Tourcoing a été assignée au tribunal administratif par les trois opérateurs et le préfet, pour avoir pris un moratoire sur l'implantation de nouvelles antennes.
2) Du point de vue scientifique
Soyons francs, les scientifiques sont aujourd'hui incapables de trancher le débat sur l'impact sanitaire à long terme des expositions chroniques aux champs électromagnétiques.
Le rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire, de l'environnement et du travail (Afsset) présenté jeudi 15 octobre, souligne « qu' une majorité d'études n'indique pas d'effet à court terme ni à long terme de l'exposition aux radiofréquences ». « En fait, 50 % des études estiment que les ondes n'ont pas d'effets sur la santé et 50 % concluent à leur nocivité ».
Il est impossible aujourd'hui de démontrer que des ondes électromagnétiques sont nocives.
Et il est impossible aujourd'hui de garantir que les ondes électromagnétiques sont inoffensives.
Dans son rapport, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail a publié une expertise basée sur la comparaison des résultats de plus de 600 études. Le résultat de cette expertise tient en trois points :
toutes les ondes électromagnétiques : radio, télévision, téléphone mobile, wi-fi, wi-max, radars, etc., sont de même nature au plan sanitaire ;
après avoir analysé toutes les études scientifiques, aucun effet sanitaire n'est aujourd'hui établi, quelle que soit la source d'émission : radio, télévision, téléphone, antennes, etc. ;
il faut tenir compte des inquiétudes de la population et donc faire de l'information, faire de la concertation, et prendre des précautions.
Sur ce troisième point et plus précisément, j'espère tout d'abord que les opérateurs vont s'y conformer, en tout cas SFR. Car, j'ouvre une parenthèse : sur un autre endroit de la commune où devait s'implanter une antenne l'année dernière, l'opérateur ORANGE a pris le temps de la concertation et de cette information avec les habitants.
S'agissant concrètement des précautions à prendre, et le Grenelle des Ondes le rappelait, la première c'est de faire un usage modéré de son téléphone car c'est avec le téléphone mobile que nous sommes le plus exposé aux ondes, pas par les antennes. Le téléphone mobile est la première source d'exposition. Il est donc conseillé d'utiliser un kit oreillette, de ne pas conserver son téléphone en permanence sur soi et la nuit près de soi, sur la table de chevet par exemple, enfin d'éviter de téléphoner dans un véhicule en mouvement car le téléphone recherche sans cesse un nouvel émetteur et donc fonctionne en permanence à pleine puissance.
Autre précaution, prise depuis quelques temps : éviter la pose d'antenne à moins de 100 mètres des écoles. C'est au nom de ce principe que s'agissant de la carrière Delmarre, j'avais estimé déraisonnable de réaliser cette installation. Cette dernière précaution n'est cependant préconisée sans aucune base scientifique. Et d'ailleurs un chercheur du CNRS vient de publier une étude qui tend à démontrer que l'exposition maximale aux ondes d'une antenne n'est pas à proximité de l'émetteur mais à 280 mètres de celui-ci. S'il fallait résumer le débat scientifique, je dirais que nous sommes en plein brouillard, d'un côté on ne démontre rien et on ne garantit rien et donc en face, et c'est humain, il y a des craintes pas toujours rationnelles.
3) D'un point de vue politique, que faire ?
Ce point de vue est sûrement le plus difficile car il s'agit de penser ce que des élus peuvent faire pour répondre aux inquiétudes et aux interrogations de la population sur ce sujet. On le sait, juridiquement, nous sommes plutôt démunis pour agir et de toute façon voués à l'échec devant les tribunaux.
Comme parlementaire, j'avais d'ailleurs saisi le Gouvernement par question orale pour que l'Etat légifère pour clarifier les compétences et les pouvoirs du maire, car on est vraiment dans un imbroglio. Ce n'est pas réglé. La seule avancée que j'ai vue, c'est la conclusion du rapport parlementaire d' Alain Gest qui préconise que ce ne soit plus une simple déclaration préalable des opérateurs, mais un permis de construire qui devrait être donné. Ce serait déjà mieux, me semble-t-il, mais on n'en est pas là.
A ce stade, je voudrais tout de suite tordre le cou à l'idée qu'il faille être candidat pour expérimenter l'abaissement de l'exposition à 0,6 volt par mètre. Il s'agit d'un test qui aura lieu pendant 6 mois de novembre à avril dans une dizaine de communes en France et c'est tout. Il ne s'agit pas non plus de baisser uniformément les émissions à ce niveau mais d'en tester plusieurs. Et le fait d'être retenu n'implique nullement qu'il y ait un moratoire sur la pose de nouvelles antennes.
Notons que ce seuil de 0,6 volt par mètre n'a pas a priori un fondement scientifique. La seule certitude que l'on ait, et une étude vient de le préciser, c'est qu'à ce niveau très faible, il faudra multiplier les antennes par deux ou trois, est-ce que les citoyens sont prêts à ce choix de voir les antennes se démultiplier ? Investir donc des millions d'euros pendant plusieurs années avec au final l'augmentation du coût des communications, et malgré tout, des zones blanches sur le territoire, c'est-à-dire non couvertes. Et je ne parle pas des effets de la multiplication des antennes puisque certaines ondes se cumulent et d'autres s'annulent… c'est une précision scientifique.
Cela dit, que peut faire la Ville de Wattrelos ?
Faut-il informer et concerter les habitants ? Elle est bien sûr résolument pour.
Faut-il réfléchir à l'échelle de tout le territoire et voir ainsi en intercommunal, où implanter ces antennes ? Elle pense que c'est plus qu'utile.
Faut-il réclamer l'abaissement du niveau des émissions ? Là encore, la Ville est favorable.
Avec l'administration municipale, nous réfléchissons donc à un plan d'actions dont je peux d'ores et déjà donner les grandes lignes :
Je reprendrai l'attache de SFR pour lui demander d'informer et de concerter les habitants et de rechercher, le cas échéant, une implantation optimale pour cette antenne. Il faut cependant avoir conscience que cet opérateur n'a pas fait montre d'une large volonté d'ouverture, puisque quand la Ville lui a signifié que nous ne souhaitions pas l'implantation là, sa seule réponse a été de nous emmener en justice !
S'agissant de l'avenir :
Ø a) Je demanderai à LMCU de se saisir de cette question pour établir en partenariat avec toutes les communes et les opérateurs un véritable plan d'occupation des sols pour l'implantation des antennes. Car les ondes sont comme le nuage de Tchernobyl, elles ne s'arrêtent pas aux frontières des communes.
Ø b) Je demanderai à l'Agence Nationale des Fréquences Radio, qui effectue régulièrement sur toutes les communes des mesures au niveau des ondes électromagnétiques (mesures qui sont d'ailleurs publiques et disponibles sur Internet) une cartographie complète des niveaux d'émission, dans tous les quartiers de Wattrelos.
Ø c) Je proposerai à tous les opérateurs téléphoniques de signer une charte de la téléphonie mobile, pour instituer l'information et la concertation des habitants, pour la négociation sur les lieux d'implantation, pour abaisser au maximum les seuils d'émission et pour multiplier les relevés des fréquences sur notre territoire.
En cette fin d'après-midi, le Bureau national du Parti Socialiste a adopté le communiqué de presse suivant sur l'identité nationale, sous le titre : « La Gauche défend tous les jours l’identité de la France face aux remises en cause de la droite et de N. SARKOZY ». Je suis pleinement d'accord avec ce texte.
« L’injonction du président de la République et de son ministre de l’immigration et de l’identité nationale, convoquant sans délai dans les préfectures « les forces vives du pays », est irrecevable.
La France mérite mieux qu’un discours polémique bricolé à la hâte à des fins électorales. La droite, de plus en plus déchirée, fragilisée par son échec économique et social, instrumentalise un sujet sérieux sur lequel on ne devrait pas chercher à diviser les Français.
Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation. Les socialistes ne serviront pas de caution à cette mise en scène racoleuse qui mobilise indûment et dans l’improvisation les Préfets dont ce n’est pas le rôle.
Les Français sont attachés à l’identité républicaine de la France. Ils n’acceptent pas ses remises en cause. Forgée dans l’histoire, dans les grands combats républicains, sociaux, ouvriers, féministes, l’identité de la France est d’abord constituée des principes communs que la République a su faire partager à tous les Français, et qui sont aujourd’hui bafoués : la France des droits de l’Homme, du droit du sol, de la laïcité, de l’école publique, de l’égalité sociale, du programme du Conseil national de la Résistance, de l’universalisme et de l’ouverture au monde.
La France fidèle à son identité, la France qu’on aime, c’est une France qui défend son modèle social, qui promeut les services publics, de l’école à l’hôpital, de la mairie à la Poste, parce qu’ils sont les moyens de l’égalité. C’est une France de l’émancipation de l’Homme, qui s’engage pour les libertés, notre bien commun, et pour ne pas laisser confisquer la démocratie par un pouvoir sans limites. C’est une France qui défend sa langue. C’est une France qui assume sa diversité, s’attaque enfin aux discriminations et aux obstacles qui barrent l’accès aux entreprises ou aux responsabilités publiques. C’est une France du XXIème siècle, profondément européenne, qui puise sa force dans le respect de cet héritage républicain.
Faire vivre l’identité de la France et l’originalité de son modèle est au cœur des préoccupations du Parti socialiste. Depuis septembre, les socialistes ont engagé un dialogue direct avec les Français dans le cadre du tour de France du projet, lors d’étapes qui permettent à des citoyens de toutes les origines et de toutes les histoires d’affirmer une identité commune. Les Français ne doutent pas de leur identité, ils nous demandent surtout de la défendre et d’y être fidèles.
Fidèles à notre histoire, nous revendiquons une vision civique et républicaine de la nation, et non pas ethnique ou particulariste qui laisserait l’identité s’enfermer dans des critères d’appartenance et donc d’exclusion. C’est cette approche, inhérente à l’existence d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qui est contraire à l’identité de la France et à son génie.
Alors que par ses discours et sa politique, la droite attaque les piliers de la République, les socialistes portent aujourd’hui l’identité de la France. »
Je lis ce jour, au Journal Officiel, la réponse à la question que j’avais posée le 22 septembre dernier au secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants sur l'impossibilité qui est faite, dorénavant, aux veuves d'anciens combattants dont l'époux n'aurait pas fait la demande de titre de reconnaissance de la Nation (TRN) ou de la carte du combattant avant son décès, de bénéficier de l'action sociale de l'Office national des anciens combattants (ONAC).
En effet, par une circulaire du 21 avril 2009, le préfet, directeur général de l'ONAC a précisé le "cadre juridique applicable à la délivrance, au refus d'attribution et au retrait du TRN, et de la carte du combattant". Il y spécifie ainsi que "le TRN, qui ne peut être délivré que sur demande de l'intéressé, ne peut pas l'être à titre posthume", et y souligne également qu'il en est de même pour la carte du combattant en vertu des "dispositions réglementaires qui fixent actuellement [ses] règles de délivrance".
Cette circulaire a dès lors pour conséquence explicite de spolier des veuves d'anciens combattants de droits qui leur sont pourtant légalement et humainement légitimes, sur la seule justification que leur époux n'aurait pas pu, ou su, faire la demande de l'un ou de l'autre de son vivant ! Piètre reconnaissance de la Nation que ce principe d'exclusion.
Bien des raisons, à commencer par la santé ou les séquelles du conflit lui-même, peuvent justifier que le combattant lui-même n'ait pas pu ou eu le temps d'exprimer sa volonté. Est-ce pour autant que sa veuve ait à être exclue de l'action sociale de l'ONAC ? C'est d'autant plus incompréhensible que, jusqu'alors, cela avait pu se faire.
Aujourd'hui, avec cette circulaire, l'ONAC semble vouloir rattraper les faits par le droit. Je demandais donc au ministre d'adapter, à l'inverse, le droit aux réalités, humaines et sociales, et de proposer les modifications législatives et réglementaires qui permettraient aux veuves de faire valoir leurs droits, y compris à titre posthume de leur conjoint combattant.
Voici donc la réponse du ministre :
À la suite de nombreux contentieux, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC) a été amené à saisir la direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale (DSPRS) et la direction des affaires juridiques (DAJ) du ministère de la défense afin de l'éclairer sur un certain nombre de points relatifs à l'attribution de la carte du combattant et du titre de reconnaissance de la nation (TRN), notamment à titre posthume.
De ces avis, il ressort que les dispositions du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ne prévoient l'attribution de ces deux titres qu'au demandeur remplissant les conditions d'attribution.
L'attribution du TRN est en effet régie par l'article D. 266-1 du code susvisé qui conditionne la délivrance de ce titre, par le ministre chargé des anciens combattants et des victimes de guerre, à une demande expresse du militaire des forces armées françaises ou du civil de nationalité française ayant servi pendant au moins 90 jours dans une formation ayant participé aux opérations et missions ouvrant droit à la carte du combattant.
Par voie de conséquence, ce titre ne peut donc être délivré à titre posthume.
Pour la carte du combattant, il résulte de la combinaison des articles L. 253, R. 223 à R. 235 du même code qu'elle est attribuée à toute personne qui justifie de sa qualité de combattant telle qu'elle est déterminée par les articles R. 224 à R. 229.
Les dispositions réglementaires fixant actuellement les règles de délivrance de ce titre limitent son attribution au combattant lui-même.
À l'instar du TRN, la carte du combattant ne peut donner lieu à une délivrance à titre posthume.
Par suite, la délivrance d'attestations, certificats ou autres pièces administratives à un ayant cause d'un combattant, distinct du demandeur ayant lui-même combattu, ne peut donc avoir d'effets que moraux et mémoriels et ne peut en aucun cas ouvrir des droits à celui ou celle qui les détient.
Elle ne peut en particulier entraîner pour le conjoint survivant, le plus souvent la veuve, la reconnaissance de la qualité de ressortissant de l'ONAC.
Ces conclusions aboutissent à limiter l'aide administrative et financière consentie par l'ONAC à ses seuls ressortissants tels que définis par l'article L. 520 dudit code, c'est-à-dire, notamment, à la veuve d'un combattant ou d'un civil titulaire du TRN ou de la carte du combattant, ou en ayant fait la demande avant son décès.
Ce soir, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, l’invité qui répond aux questions de
Jean-Michel Apathie et d’Etienne Mougeotte est Pierre Moscovici, député socialiste du Doubs, ancien ministre… mais aussi mon ancien camarade d’université et mon ancien collègue du commissariat
général du Plan. Je n’ai donc pas été surpris lorsqu’il m’a proposé d’être présent dans le studio RTL à ses côtés pour son Grand Jury.
Pierre, après avoir aussi publié l’an dernier un ouvrage intitulé « Le liquidateur » (consacré bien sûr à Nicolas Sarkozy et à sa politique), sort ces jours-ci un autre livre « Mission Impossible ? Comment faire gagner la Gauche en 2012 », ouvrage très bien écrit et qui a pour vertu de poser une question, la question que chaque femme, chaque homme de gauche se pose et surtout de dessiner des réponses possibles. Je partage beaucoup de ses opinions.
Alors ce soir, bien sûr, pendant une heure, les journalistes l’interrogent sur l’actualité. D’abord sur l’immunité et l’impunité dans les fonctions de Président de la République, sur lesquels Pierre souligne, à juste titre, la dimension judiciaire, la dimension humaine bien sûr de cette mise en accusation de Jacques Chirac mais aussi et surtout le problème que pose l’impunité complète du Président pendant toute la durée de son mandat.
Autre sujet, le débat lancé sur l’identité nationale dans les préfectures, débat que Pierre juge « cynique et malsain ». Car rappelant que l’identité nationale est faite de symboles, de notre langue, et que ce n’est pas aux préfets de conduire ce débat (peut-être aux historiens, aux géographes, aux hommes de culture), il souligne la portée politique de ce débat, et son « opportun » calendrier à quelques mois des élections régionales : c’est une « diversion » et une « manipulation grossière ».
Au long de cette heure de débat ont été évoqués la réforme de la taxe professionnelle, le parti socialiste (« sur une pente de rebond »), Ségolène Royal (dont il regrette qu’elle ait choisi de ne pas venir au bureau national et dont il observe que « ses déclarations font du bruit médiatique », ce qui rend d’autant plus regrettable que sur l’accusation de Jacques Chirac ou sur l’identité nationale elle ait choisi de prendre des positions différentes de celles de la majorité du parti), le Modem ou le rassemblement des oppositions à Sarkozy (d’où l’utilité de conduire des « Assises des progressistes »).
Car Pierre Moscovici, qui n’exclut pas d’être candidat aux primaires pour la prochaine présidentielle (mais pas « en toute hypothèse » !), l’a dit en conclusion du débat : ce qui importe, c’est « que la Gauche gagne en 2012, qu’elle batte Sarkozy en 2012 »…
Tout ce qui peut être fait en ce sens doit l’être. Ce devrait être l’obsession de chacune, de chacun qui a le cœur à gauche. A fortiori s’il est un militant engagé.
Soyons francs : je n’aime pas Halloween. Ces monstres, ces squelettes, ce jeu avec la mort from the States, ce n’est pas ma fête préférée. Et l’idée de jeter des sorts n’est pas de ma culture, ni de mes habitudes…
Mais Halloween, c’est surtout l’occasion de faire une fête, de faire la fête et de faire plaisir aux enfants. Chaque année, j’essaie de me joindre à l’une des manifestations qui ont lieu dans ma ville à cette occasion. Cette année, lors de l’assemblée générale de l’association des cinq quartiers, j’avais été invité à accompagner les enfants dans leur visite, à la quête, non du Saint-Graal, mais des bonbons délicieux… et à déguster la soupe du démon ! J’avais promis alors. Ce soir, je tiens promesse.
Alors j’atteste. Les déguisements étaient horribles. J’ai même vu un Jean-Pierre franchement hideux et méconnaissable, tellement grimé d’ailleurs qu’après coup, même la douche n’a plus voulu le nettoyer ! Il a fallu qu’il s’y reprenne en plusieurs fois.
J’ai rencontré une présidente dynamique et souriante, Michelle (enfin, je crois que c’est elle car elle était déguisée en sorcière), accompagnée d’un moine (son frère, à la ville comme à la scène !) qui porte la lumière (cf. photo).
Je me suis surtout promené dans les rues et ruelles à la recherche des habitations où une lampe signale qu’une distribution est possible… Et les petits monstres étaient nombreux avec leur cape, leur masque, leur déguisement et leur franc sourire à se précipiter sur tous ces bonbons offerts (pardon Epode !), et sur les petits cadeaux que le Comité leur a également donnés.
Et le couronnement rue du Nouveau Monde : la marmite de soupe du démon… servie par des
sorcières
bien sympathiques (photo) ! Soupe de potiron (pardon, de
citrouille magique !), ce qui fait du bien quand il fait nuit, que la température est bien fraîche et qu’on a pas mal marché.
Merci donc à tous les organisateurs pour ce moment de fête bien agréable dans le quartier.
Et comme on est juste à la frontière belge, cela s’est terminé autour d’un filet américain et d’une tarte tatin !
Quelle soirée…
Hier soir, c’était l’inauguration de la 13e édition du salon commercial de Wattrelos qui, cette
année, a choisi pour thème le bien-être : bien-être du corps et des papilles mais aussi dans l’aménagement « durable » de nos maisons.
75 exposants et jusqu'à 10 000 visiteurs sont attendus dans les allées du centre socio-éducatif et de la salle Roger-Salengro.
Pour l’inauguration de ce salon, le maire de Tourcoing, Michel-François Delannoy, était présent à mes côtés : nous avons ainsi profité de cette occasion pour souligner les liens qui unissent nos deux villes sur des projets tels que la zone de l'Union, du Saint-Liévin ou du Sartel.
S’il était mon invité d’honneur, c’est que le maire de Tourcoing est également premier vice-président de LMCU, en
charge du Développement économique. Voilà pourquoi il s’est agi de relayer l’accompagnement étroit de la Communauté urbaine pour la revalorisation de nos friches industrielles. L’ampleur des
aménagements nécessaires aux territoires dont nous sommes en charge nécessite en effet des soutiens financiers importants qui, non seulement ne peuvent émaner seuls du budget municipal, mais ne
peuvent être conduits que par l’intercommunalité puisque, par la loi, c’est elle (la Communauté urbaine) qui en détient la compétence.
Ce soir, je présente mon rapport annuel, en tant que rapporteur spécial : « Les engagements financiers de l’Etat », aux côtés de Didier MIGAUD,
président de la commission (cf. photo).
L’exercice est très particulier cette année car j’ai l’impression de présenter un programme financier virtuel, puisque ni le montant, ni les modalités du grand emprunt ne sont connues. Pourtant, il impactera fortement, c’est évident, la charge de la dette et selon qu’il soit levé auprès du public ou auprès des marchés financiers, il n’est pas neutre.
La mission « Engagements financiers de l’Etat » est lourde car son montant est important (44,2 Mds €), et surtout parce qu’elle reprend essentiellement la « charge de la dette » de l’Etat.
Or, et c’est le point saillant de ma mission – et du Rapport que je suis en train de rédiger (passage en séance publique le 9 novembre prochain) – la France vit une spectaculaire dégradation de ses comptes publics.
> Ainsi le besoin de financement de l’Etat atteint des montants historiques : 252,8 Mds € en 2009 ; il n’était que de 111 Mds € en 2007 ! Il devrait être de 212 Mds € en 2010, et de source gouvernementale, il serait encore supérieur à 200 Mds € en 2011 et en 2012. Au total, ce sont plus de 1 000 Mds € que l’Etat devra lever pour se financer sur la période 2008-2012 !
> L’Etat se finance de plus en plus par des emprunts à court terme : 210,9 Mds € en stock à fin septembre (au lieu de 78 Mds € fin 2007) !
> Pour son financement, l’Etat devient de plus en plus dépendant des financeurs étrangers : la dette française est détenue fin 2008 pour 65,6 % par des non-résidents (48,1 % en 2003) !
> La « charge de la dette » ne peut que déraper. Les intérêts payés sont de 38,4 Mds € en 2009 mais atteindront 42,2 Mds € en 2010 et pourraient encore augmenter de 4 à 6 Mds € en 2011. Or, si l’Etat consacre de plus en plus d’argent au financement des intérêts de sa dette, il en aura moins pour les politiques publiques ! Encore faut-il rappeler que les taux d’intérêt sont actuellement bas… et qu’une hausse de 1 % des taux provoque + 2,5 Mds de renchérissement des charges d’intérêt la 1ère année, et + 15 Mds € au bout de 10 ans !
Ce sont donc les comptes d’un Etat surendetté sur lequel j’ai eu à rapporter ! D’autant que ni le Président de la République, ni le Gouvernement n’affirment, dans quelque discours que ce soit, aucune volonté de rétablir les comptes publics !
Aucune prise de conscience ne s’exprime (mais existe-t-elle ?) parmi nos gouvernants. Pourtant, la mécanique infernale est lancée…
Voilà pourquoi j’ai proposé de voter contre ces crédits. Malheureusement, évidemment, les
commissaires de droite n’ont pas suivi...
Pour lire mon rapport, cliquer ici.
En commission des finances comme en séance, quand la Majorité a des doutes, et surtout quand l’opposition est mobilisée, des surprises peuvent se produire !
Comme je l’avais prédit dans mon article précédent relatif aux amendements au projet de loi de finances pour 2010, il arrive ainsi que des députés de la majorité votent contre l’avis du Gouvernement. La justesse des arguments utilisés a ainsi eu raison des consignes de vote quand l’amendement visant à la création d’une taxe exceptionnelle de 10 % sur les bénéfices retrouvés des banques a été votée dans la nuit du 23 au 24 octobre à la majorité de l’Assemblée !
Coup de théâtre qui n’a pas manqué de faire réagir le Gouvernement. Lequel a fait savoir peu après le vote qu’il demanderait le lundi 26 octobre à l’Assemblée, hier donc, de procéder à un nouveau scrutin, « parce que deux députés UMP s'étaient "trompés" dans leur vote. En pratique, le député UMP de Paris Jean-François Lamour, qui détenait la procuration d'un autre parlementaire, a expliqué qu'il avait voulu voter contre et non pour. Le scrutin aurait donc dû aboutir à une égalité, 42 voix pour et 42 contre », comme le soulignait le journal Le Monde du 23 octobre.
Après un week-end passé à rassembler ses ouailles bien divisées, le Gouvernement est ainsi parvenu à ses fins, puisque à l’issu du second vote de lundi, l’amendement n’a pas été
voté…
Aujourd'hui, au nom du groupe, j’ai interpellé le Gouvernement sur sa politique fiscale injuste qui consiste tristement à « enrichir les riches et appauvrir les pauvres », en refusant
de soutenir une mesure pourtant consensuelle et légitime, de surcroît exceptionnelle, qui aurait permis de dégager au moins 1 milliard d’euros.
Cette taxe exceptionnelle de 10% sur les bénéfices 2009 des banques aurait constitué un juste retour des choses : si les grandes banques françaises connaissent à nouveau des bénéfices positifs au delà des attentes, c’est bien grâce aux contribuables français qui les avaient soutenues à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros !
Quand on sait que la Suisse, la Belgique, les Etats-Unis et bientôt le Royaume-Uni ont déjà voté ou s’apprêtent à voter une telle mesure, on ne peut que regretter l’entêtement du gouvernement
français…
Voici ce que j'ai dit à la ministre :
Madame la Ministre de l’Economie,
Dans un sketch, il y a quelques années, un humoriste voulait, je cite, « enrichir les riches et appauvrir les pauvres » !
Avec ce Gouvernement, c’est devenu la réalité.
La nuit dernière l’a encore prouvé. Dans nos dernières discussions sur le budget, vous avez à nouveau refusé de réduire le bouclier fiscal. Vous avez une fois de plus réduit l’impôt sur la fortune.
Et, comble de tout, vous avez demandé à votre majorité de supprimer la taxe exceptionnelle de 10 % sur les bénéfices 2009 des banques. Proposée par Didier MIGAUD, soutenue par le groupe socialiste, votée par la Commission des finances, et même une première fois votée par notre assemblée, y compris par des députés de votre majorité qui, eux, l’ont comprise, cette taxe est pourtant juste et légitime !
A ces députés, vous avez demandé de se renier, de renoncer à leur vote, et même d’essayer de faire croire qu’un de nos meilleurs escrimeurs olympiques, si habile à son art sportif, pouvait se tromper de « touche » !
Refuser cette taxe, c’est indigne face aux difficultés des Français, c’est incompréhensible face aux déficits publics, c’est tout simplement injuste !
Devant les Français je veux vous poser deux questions.
Ø Le déficit de l’Etat est de 145 Mds € en 2009, de 116 Mds € en 2010. N’est-ce pas justice de demander, par cette taxe exceptionnelle, 1 Md € aux banques qui, globalement, vont réaliser cette année plusieurs milliards de bénéfices ?
Ø Par ailleurs, l’an dernier, les banques étaient en crise. Les contribuables français ont apporté des dizaines de milliards pour les aider. Aujourd’hui, elles vont mieux. Certaines d’entre elles annoncent même vouloir provisionner 1 milliard pour payer des bonus à leurs responsables ! Comment, Madame la Ministre, voulez-vous faire croire aux Français que ces banques, toutes ensemble, ne pourraient pas verser un retour sur bonne fortune à l’Etat, à la collectivité, à ceux qui hier, je le rappelle, ont mis la main à la poche pour les aider ? A l’étranger, on le fait ! Mais pas en France !
Ce renoncement, Madame la Ministre, est plus qu’une erreur, c’est une faute !
(pour regarder la vidéo de ma question d'actualité et la réponse du Secrétaire d’Etat, accédez à l’article précédent).
Elles paraissent ce jour au Journal Officiel : j’ai posé trois questions écrites au Gouvernement, plus précisément :
- au secrétaire d'État chargé des transports sur les difficultés pratiques que rencontrent les artisans et commerçants non sédentaires conducteurs de véhicules magasins. Ces professionnels utilisent en effet des véhicules magasins d'un poids total autorisé en charge de 3,5 tonnes ; or cette charge est cependant jugée insuffisante par de nombreux commerçants, lesquels constatent fréquemment des dépassements de charge de l'ordre de 1 tonne à 1,5 tonne. Ainsi, s'agissant du cas théorique d'un camion magasin de boucherie-charcuterie de type panoramique qui dispose d'une partie vitrine équivalente à la longueur du véhicule, les équipements professionnels de ce véhicule (groupe de réfrigération, vitrine, équipements complémentaires, trancheuse, hachoir, lot de bords) ne permettent de disposer au maximum, que d'une charge utile de 250 kg. Le plein de carburant, le poids du chauffeur et d'un salarié, la marchandise à vendre, conduisent tout naturellement, et quasi structurellement à un dépassement de la limite de 3,5 tonnes. Celle-ci constitue incontestablement un frein au renouvellement des véhicules magasins, pour l'immense majorité de commerçants non sédentaires qui ne sont pas titulaires d'un permis poids lourds. De plus, le secteur de la carrosserie spécialisée et des véhicules professionnels ne peut pas proposer des châssis renforcés ou des motorisations disposant d'une puissance cohérente avec le poids total autorisé en charge de ces véhicules. Or certains de nos partenaires européens ont porté la limite du permis de conduire les véhicules légers à 5 tonnes. Voilà pourquoi, je demande que soit portée de 3,5 à 5 tonnes la limite du poids des véhicules pouvant être conduits avec le permis « véhicule léger » (en assortissant éventuellement cette mesure d'un test de conduite à la charge des demandeurs).
- au secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants sur l'accélération nécessaire du traitement des dossiers de médaille militaire. Nombre d'anciens combattants en Afrique du nord ont obtenu pour fait d'arme une citation à l'ordre de la division, de la brigade, du régiment, et sont titulaires de la valeur militaire. Depuis plusieurs années ces personnes peuvent prétendre à la médaille militaire. Ainsi, dans le département du Nord, un grand nombre de dossiers existent : sur le plan national rien qu'au titre de la FNACA, par exemple, ce sont plus de 3 000 dossiers qui sont en attente. Le contingent des médailles militaires délivré par le secrétariat d'État est de 400 par an. Cela signifie que certaines de ces personnes, qui attendent déjà depuis bien longtemps, n'obtiendront jamais cette distinction pourtant bien méritée. Débloquer ces dossiers n'aurait pourtant pas un coût onéreux pour l'État, et ne serait que justice vis-à-vis des futurs récipiendaires. Rappelant que la majorité des demandeurs ont 70 ans et plus, je demande que tous les dossiers arrivent à terme très rapidement.
- au secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation sur le régime fiscal des amortissements des véhicules magasins utilisés par les commerçants non sédentaires. L'achat de ce type de véhicule constitue en effet un investissement conséquent, de l'ordre de 50 000 à 200 000 euros hors taxes, dont le financement s'opère généralement par le recours au crédit bancaire ou au crédit-bail. L'amortissement comptable de ce type d'immobilisation s'opère sur cinq ans, alors que la durée de vie effective de ce type de matériel atteint fréquemment quinze ans. L'amortissement sur cinq ans représente une charge financière très lourde pour les créateurs d'entreprises et pour les artisans qui renouvellent leur outil de travail. Or le véhicule magasin ne doit pas être appréhendé sous le seul angle du transport, puisqu'en réalité, il s'agit bien d'une boutique qui devrait tout naturellement pouvoir être éligible à des durées d'amortissements de même nature que celles dont bénéficiait le commerce sédentaire. Ne serait-il pas opportun de faire bénéficier les voitures magasins d'une durée d'amortissement de cinq ans pour les voitures d'occasion au lieu de trois ans, et de dix ans pour les véhicules neufs au lieu de cinq ans ? Une telle décision permettrait aux créateurs d'entreprise d'avoir accès à un matériel dont le coût actuel constitue une charge trop importante, ce qui conduit bien souvent à l'abandon de certains projets de créations ou de reprises d'entreprise.
Après la séance de nuit qui a terminé la discussion générale, ce matin commence l'examen
des articles et donc des amendements. La bataille sera rude sur la réforme de la taxe professionnelle (article 2), sur laquelle nous commençons la discussion.
Avec mes collègues commissaires socialistes aux finances, j'ai cosigné plusieurs dizaines d'amendements que notre groupe a déposé, et que nous défendrons tout au long des débats. Ils concernent notamment :
Ø l'impôt sur les ménages, pour rétablir plus de justice fiscale : suppression du bouclier fiscal, des exonérations sur les droits de succession, ou de l'abaissement du taux de TVA dans la restauration ; abaissement du plafond des niches fiscales ; création d'un nouvelle tranche d'impôt sur le revenu pour les revenus élevés ;
Ø l'impôt sur les sociétés, en soutenant les PME innovantes mais en taxant les profits pétroliers, et surtout en créant une taxe additionnelle de 10 % sur les bénéfices retrouvés des banques (adoptée en commission !) ;
Ø la taxe carbone, pour chercher à supprimer le projet gouvernemental, ou au moins modifier la redistribution de la taxe ;
Ø la consommation des ménages, pour la soutenir : baisse de TVA, ou augmentation de la prime pour l'emploi ;
Ø les ressources des collectivités locales : majoration de la dotation globale de fonctionnement ; suppression des articles qui gèlent ou diminuent les autres dotations ;
Ø la réforme de la taxe professionnelle : suppression de la réforme ; modifications des affectations de la cotisation complémentaire, ou en revoyant le barème de celle-ci ; suppression du ticket modérateur payé par les collectivités et relèvement du taux de plafonnement...
A côté de ceux-là, j'ai présenté dix-sept amendements qui visent en particulier à : réduire de 75 à 73 ans l'âge pour le bénéfice de la demi-part réservée aux anciens combattants ; faire évaluer positivement le fonds de garantie individuelle pour éviter l'étranglement des collectivités locales ou indexer la DGF ; plafonner la taxe foncière des veuves ; améliorer mon amendement de l'an dernier sur la taxe d'habitation des logements en friches industrielles (dit lofts à Roubaix) dont j'ai personnellement entretenu le ministre du Budget ; revaloriser la retraite du combattant ; supprimer la nouvelle fiscalisation des indemnités de départ à la retraite ; limiter les effets des avis à tiers détenteur...
Le débat dira la conclusion de tous ces sujets. Bien sûr, l'opposition n'est pas majoritaire, et dès lors, nos amendements paraissent condamnés d'avance à l'échec. Mais les tensions dans la majorité et les présences (aléatoires) des députés de droite dans l'hémicycle, les positions spécifiques du Nouveau Centre, et les votes des non-inscrits, rendent incertains les votes. En commission des finances, je l'ai déjà dit, des surprises ont eu lieu et des dispositions gouvernementales ont été battues. En séance aussi cela peut arriver ; cela va arriver... Et si, face aux projets déraisonnables du Gouvernement, la raison devenait majoritaire dans l'hémicycle ?
Ce midi, je rencontre Jean-Pierre JOUYET, président de l'Autorité des marchés financiers, pour évoquer avec lui la régulation des activités financières.
D'après lui, au niveau mondial, depuis la crise, des choses positives se sont produites.
Les organes politiques, le G20, qui se réunit plus régulièrement, l'institution du Conseil de la stabilité financière qui coordonne l'activité de l'ensemble des régulateurs, auxquels s'ajoutent les moyens du FMI, tout cela va dans le bon sens.
Depuis un an, les différents pays s'orientent vers une simplification des systèmes de régulation (ex : Conseil européen des risques systémiques avec, à côté, des agences spécialisées pour la régulation bancaire, des assurances et des marchés). Rappelons qu'il y a aujourd'hui 67 régulateurs européens.
J.P. Jouyet insiste sur le défi de la prévention et de la détection des risques.
Il y a eu externalisation des risques du système financier : les règles prudentielles vont maintenant conduire les institutions financières à garder leurs risques.
Il faut mieux capitaliser le système financier mais il y a désaccord sur les modalités : sur les activités de marché et de crédit, où faut-il produire l'évolution de fonds propres selon les risques (davantage sur les articles de marché que de crédit, ou l'inverse) ?
L'économie en Europe est financée aux 2/3 par le crédit. Aux Etats-Unis, c'est par le marché pour les 2/3 !
Et donc en Europe, si on renchérit la capitalisation sur l'activité de crédit, on renchérit le coût du crédit. Pas aux Etats-Unis. La régulation ne peut donc pas être la même des deux côtés de l'Atlantique.
Enfin, J.P. Jouyet, dit avoir découvert dans ses diverses fonctions qu'il n'y a pas de marché vraiment organisé. Il y a une opacité très grande. La moitié des transactions au niveau international ne sont pas rapportées à des régulateurs !
Où va-t-on organiser les marchés ? Où va-t-on créer des chambres de compensation ? Il est essentiel, si l'on veut que la zone euro vive, qu'il y ait une chambre de compensation sur la zone euro. C'est la BCE qui fera la liquidité. C'est la condition pour garder de l'influence sur la planète financière.
Que fera-t-on demain avec les nouveaux marchés ? Il y aura bientôt un marché du CO2. Il y a ceux des matières premières, ceux de l'alimentaire... C'est le développement durable de demain ! Les marchés sont à court terme, et ce sera un défi de bâtir ces régulations.
Président de l'Autorité des marchés financiers, J.P. Jouyet est dans son rôle, celui de concilier la protection de l'épargne et des épargnants, et les obligations de compétitivité.
Ce matin, la Commission des finances examinait pour avis le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010. J'y étais.
Au terme de cet examen, elle a rendu un avis négatif : des voix de droite ont rejoint celles des socialistes pour voter un avis négatif contre ce projet qui est une honte absolue. Il laisse en effet filer les déficits sans apporter de solutions et, qui plus est, ne répond pas aux problèmes de l’accès aux soins ni au financement des retraites.
La rapporteure pour cet avis, la députée UMP Marie Anne Montchamp, s’est abstenue avec beaucoup de courage. Il faut la saluer dans cette période où les députés de la majorité sont muselés par leur président de groupe et par l'Elysée.
Les députés du groupe socialiste, radical et citoyen voient dans ce vote négatif une confirmation des critiques qu’ils ont émises sur ce projet.
Rappelons que le déficit atteindra un niveau inégalé de 33,6 milliards pour 2010, et que le projet ne permet pas d’assurer le financement à moyen terme de la Sécurité sociale dont les besoins de trésorerie atteindront 61,6 milliards fin 2010.
Pour cela le Gouvernement prévoit de recourir à l’émission de billets de trésorerie sur les places financières européennes ! Il ferait financer ces émissions à 30 milliards par la Caisse des dépôts et l'Etat souscrirait une autre partie des billets de trésorerie ; on est en pleine absurdie : l'Etat souscrit des titres de sa propre dette... fût-elle celle de la Sécu !
Avec mes collègues socialistes, je me félicite de cet avis négatif, alors que ce Gouvernement s’accroche à son bouclier fiscal pour les plus riches et ne fait rien pour préserver notre système de protection sociale, hormis des mesures insuffisantes et injustes comme les franchises médicales ou la hausse du forfait hospitalier.
Ce soir, à l'Assemblée, commence l'examen de la 1ère partie de la loi de finances pour 2010. Au menu des heures et jours qui viennent, tout ce qui touche à la fiscalité, avec notamment deux énormes réformes : celle de la taxe professionnelle (art. 2) ; la création de la taxe carbone (art. 5). L'Assemblée va siéger jusqu'à samedi. Au prix, pour nous, commissaires socialistes aux finances, de séances de nuit (comme ce soir, à partir de 21 h 30), jusqu'à 1 heure du matin, de séances de matinée (de 9 h à 13 h) et du soir (de 15 h à 20 h).
Le groupe socialiste me demande de faire l'explication de vote du groupe sur la motion de rejet préalable défendue à la tribune par mon collègue et ami, député du Lot, Jérôme Cahuzac. Alors je dénonce un projet de loi de finances à qui l'injustice est consubstantielle.
Car l'injustice est partout dans ce projet de budget pour 2010 !
Injustice pour les générations futures quand on voit l'Etat s'enfoncer, année après année, dans les déficits. La réalité des chiffres est là. Dure, brutale, abyssale : 145 Mds € de déficit en 2009, 116 annoncés en 2010, auxquels s'ajoutent plus de 30 Mds € de déficit de la Sécurité sociale.
C'est du jamais vu : en trésorerie, le Gouvernement emprunte à court terme autant que ce qu'il dépense ! La crise de liquidités est à tout instant possible ! La spirale du surendettement est enclenchée... Pour satisfaire ses cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises, le Gouvernement est cigale. Mais les Français doivent le savoir : ces cadeaux, les dépenses d'aujourd'hui cachent les impôts de demain, des impôts qui seront à la taille des déficits d'aujourd'hui, donc lourds, des impôts qui seront indirects, donc injustes !
Injustice aussi lorsque le Gouvernement détruit des emplois publics. Ceux de l'Etat en tout premier lieu. 100 000 emplois publics supprimés depuis 2007 ; le premier plan social en France, c'est le Gouvernement et sa majorité qui le conduisent : 33 000 suppressions en 2010, dont 16 000 enseignants en moins, et même 3 500 policiers supprimés !
Injustice encore et surtout par les mesures fiscales de ce projet de budget.
D'abord parce que sont gonflés les cadeaux aux entreprises et à leur profitabilité au détriment de finances publiques qui sont déjà exsangues. Aux 2,4 Mds € de baisse de la TVA restauration, sont ajoutés les 12 Mds € pour la suppression de la taxe professionnelle, et même 700 millions € pour la baisse de l'imposition forfaitaire annuelle ! En matière d'impôts, les ménages paient, les entreprises s'allègent.
Injustice surtout lorsque ce projet de budget ne revient pas sur le bouclier fiscal, celui-là même qu'un collègue de la majorité la semaine dernière qualifiait de « super niche fiscale », et dont un autre reconnaissait que « le bouclier fiscal, c'est le paradis fiscal à domicile ! ». Oui, avec ce bouclier fiscal, le Gouvernement a fait de notre pays un lieu de détaxation pour les revenus les plus élevés, où dans certains quartiers, des contribuables aisés reçoivent de l'administration fiscale des chèques de plus de 150 000 € !
Face aux déficits, et alors même que les recettes fiscales s'effondrent, est-ce tolérable ? Non ! Est-ce juste ? Franchement, non !
Pourtant, la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, en son article XIII, énonce que « pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ». Et cet article poursuit : « Elle doit être également répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés ». Cette déclaration est reprise, solennellement dit même le texte, dans le préambule de la constitution de 1958. Elle s'impose donc à tous et devrait s'imposer à ce gouvernement qui pourtant lui tourne le dos.
Ce budget est injuste. Il fait de l'injustice, une ligne politique ; il fait de l'injustice l'alpha et l'oméga de la politique économique et sociale menée. Voilà pourquoi il doit être sanctionné. C'est pourquoi, j'ai annoncé que le groupe socialiste, radical et citoyen votera avec conviction la motion de rejet préalable.